| Nom scientifique | Monodon monoceros Linnaeus, 1758 |
|---|---|
| Autres noms | Licorne de mer, licorne des mers, unicorne de mer ; narwhal (anglais), Narhval (danois), tuugaalik et qirniqtaq (inuktitut) |
| Taille | Hors défense, 4,6 à 4,8 m chez les mâles et 4,0 à 4,2 m chez les femelles ; nouveau-né de 1,5 à 1,6 m |
| Poids | Jusqu'à environ 1 600 kg chez les mâles, 1 000 à 1 200 kg chez les femelles ; environ 80 kg à la naissance |
| Longévité | Souvent citée autour de 50 ans ; les datations par racémisation des acides aminés indiquent plus d'un siècle, avec des maxima estimés à 115 ± 10 ans chez les femelles et 84 ± 9 ans chez les mâles |
| Régime | Poissons arctiques de taille moyenne à grande (morue polaire, morue arctique, flétan du Groenland), calmars et crevettes, capturés par aspiration près du fond |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation UICN de 2017, statut toujours en vigueur. Statuts régionaux contrastés : population du Groenland de l'Ouest « quasi menacée » et du Groenland de l'Est « en danger » sur la liste rouge groenlandaise, « vulnérable » sur la liste rouge norvégienne ; au Canada, réévaluée « non en péril » par le COSEPAC en mai 2024 (auparavant « préoccupante » depuis novembre 2004) |
Seul représentant du genre Monodon, le narval est un cétacé à dents strictement arctique, immédiatement reconnaissable à la longue défense spiralée que portent la quasi-totalité des mâles. Dépourvu de nageoire dorsale et lié toute l'année aux eaux englacées du Canada, du Groenland, du Svalbard et de la Russie, il figure parmi les plongeurs les plus profonds de tous les cétacés. Classé en préoccupation mineure au niveau mondial, il reste très exposé au recul de la banquise et, localement, à une chasse non soutenable.
Le narval est un odontocète trapu, au corps fusiforme et à la tête petite et globuleuse, sans véritable bec. Hors défense, les mâles adultes atteignent 4,6 à 4,8 m pour environ 1 600 kg, les femelles 4,0 à 4,2 m pour 1 000 à 1 200 kg. L'espèce n'a pas de nageoire dorsale, seulement une crête basse le long du dos, adaptation commode sous la glace ; les pectorales sont courtes et arrondies, la caudale montre un bord de fuite convexe. Un lard de 5 à 10 cm d'épaisseur, qui peut représenter jusqu'au tiers de la masse corporelle, l'isole des eaux polaires. La livrée change avec l'âge : gris-brun uniforme à la naissance, marbrée de blanc chez les juvéniles, puis de plus en plus claire, les vieux individus paraissant presque blancs avec des marques sombres sur la tête, les pectorales et la caudale.
La défense est une canine supérieure gauche qui perce la lèvre vers deux ou trois ans chez les mâles et croît en spirale antihoraire, jusqu'à près de 3 m de long pour une dizaine de kilogrammes. Presque tous les mâles adultes en portent une, une minorité de femelles également (6 à 15 % selon les études), et de rares individus en développent deux. Richement innervée, avec plusieurs millions de terminaisons nerveuses, elle fonctionne comme un organe sensoriel détectant les variations de pression, de salinité et de température, tout en servant de caractère sexuel secondaire dans la compétition entre mâles.
La confusion la plus probable est avec le béluga, seul autre monodontidé : uniformément blanc à l'âge adulte, sans défense ni marbrures. Les jeunes narvals, gris et unis, ainsi que les femelles sans défense, restent en revanche délicats à distinguer de bélugas observés à distance.
Décrit par Carl von Linné en 1758, Monodon monoceros est la seule espèce du genre Monodon, genre que Linné a lui-même érigé pour elle : l'autorité s'écrit donc sans parenthèses. Avec le béluga (Delphinapterus leucas), il forme la famille des Monodontidae, petit groupe d'odontocètes propres aux mers froides du Nord. Le nom scientifique dit deux fois la même chose : du grec monos, « unique », associé à odous, « dent », puis à keras, « corne ». Le nom français vient du vieux norrois nar, « cadavre », et hvalr, « baleine », en référence à la peau marbrée grisâtre et à l'habitude qu'ont ces animaux de flotter immobiles en surface. Aucune sous-espèce n'est reconnue, mais la gestion s'appuie sur plusieurs stocks distincts.
Le narval est l'un des rares cétacés à passer toute sa vie en Arctique, dans le secteur atlantique surtout : Arctique canadien (baie de Baffin, détroit de Lancaster, nord de la baie d'Hudson), Groenland occidental et oriental, Svalbard, mer de Barents et Arctique russe jusque vers 170° est, avec des observations jusque vers 85° nord. Les animaux suivent le cycle des glaces, estivant dans les fjords et baies côtières, hivernant au large sous une banquise dense et fracturée où ils se nourrissent intensément. La NAMMCO distingue sept agrégations estivales canadiennes, deux stocks au Groenland de l'Ouest (Inglefield Bredning et baie de Melville), trois zones de gestion au Groenland de l'Est (Ittoqqortoormiit/Scoresby Sund, Kangerlussuaq et Tasiilaq) et un stock Svalbard–Arctique russe. Les effectifs varient selon les méthodes : environ 123 000 individus matures pour un total proche de 170 000 selon l'UICN en 2017, 85 000 à 100 000 selon la NAMMCO, plus de 161 000 individus dont 93 500 matures selon le COSEPAC en 2024.
Le narval ne fait pas partie de la faune française : aucune mention n'est connue en Manche, en golfe de Gascogne, en Méditerranée ni en outre-mer. Les mentions extralimites les plus méridionales connues en Europe concernent la mer du Nord : deux narvals en 1949 dans l'estuaire de la Tamise, une femelle échouée dans la Medway, dans le Kent, et un mâle remonté dans le cours inférieur de la Tamise, et un individu retrouvé mort dans l'Escaut, en Belgique, le 27 avril 2016, première mention belge de l'espèce.
Le régime associe poissons arctiques de taille moyenne à grande, morue polaire, morue arctique, flétan du Groenland, calmars et crevettes, capturés par aspiration, le plus souvent près du fond. L'alimentation est très saisonnière : réduite en été, elle devient intensive en hiver sur les aires du large.
Le narval est un plongeur d'exception. Il descend régulièrement entre 800 et 1 500 m, parfois au-delà de 1 600 m, les plongées les plus profondes documentées atteignant 1 776 m, voire près de 2 370 m selon certaines sources, pour des apnées de 20 à 25 minutes et une quinzaine de plongées profondes par jour. La vie sociale s'organise en petits groupes de deux à dix animaux, souvent ségrégés par âge et par sexe, qui se rassemblent par centaines voire par milliers lors des migrations ; la communication repose sur des clics d'écholocation, des sifflements et des séries de coups sonores.
L'accouplement a lieu au printemps, en avril-mai, au milieu de la banquise dérivante. Après une gestation d'environ 14 à 15 mois, les sources donnant une fourchette de 13 à 16 mois, un unique petit naît en juillet-août ; l'allaitement dure au moins un an, parfois une vingtaine de mois, et l'intervalle entre deux naissances est de deux à trois ans. Les femelles sont matures entre 4 et 9 ans selon les études, les mâles plus tard, vers 8 à 13 ans. Le narval compte parmi les très rares mammifères dont les femelles connaissent une ménopause et survivent longtemps après la fin de leur vie reproductive. Les prédateurs naturels sont l'orque et l'ours blanc, ce dernier guettant les animaux aux trous de respiration.
À l'échelle mondiale, le narval est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l'UICN, statut issu de l'évaluation de 2017 et toujours en vigueur : avec environ 123 000 individus matures et aucun déclin global avéré atteignant les seuils de menace, l'espèce ne relève d'aucune catégorie supérieure. Ce verdict global masque de fortes disparités régionales. Le Groenland classe la population de l'Ouest « quasi menacée » et celle de l'Est « en danger », la Norvège la considère « vulnérable ». Au Canada, le COSEPAC, qui l'avait désignée « préoccupante » en novembre 2004, l'a réévaluée « non en péril » en mai 2024, les effectifs s'étant révélés plus élevés qu'estimé et les prélèvements actuels étant jugés soutenables.
La situation est tout autre au Groenland oriental, où les trois stocks sont réduits et en déclin : celui d'Ittoqqortoormiit (Scoresby Sund) ne représenterait plus qu'environ 11 % de l'effectif de 1 570 animaux estimé en 1955, celui de Kangerlussuaq environ 12 % des quelque 1 150 narvals estimés à la même époque, et le secteur de Tasiilaq est aujourd'hui quasiment vide, avec 3 individus estimés en 2024. Le comité scientifique de la NAMMCO y recommande depuis 2019 des captures nulles dans les trois zones de gestion, recommandation réitérée depuis, notamment en 2024.
Les menaces principales sont le réchauffement de l'Arctique et le recul de la banquise, la chasse de subsistance (de l'ordre d'un millier d'animaux par an au Canada et au Groenland, pour la peau et l'ivoire), les emprisonnements dans les glaces lors de gels rapides, le bruit du trafic maritime, des brise-glaces et des campagnes sismiques, enfin la bioaccumulation de contaminants, notamment de métaux lourds dans le foie et les reins. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et protégée aux États-Unis par le Marine Mammal Protection Act.
Observer un narval suppose de se rendre en Arctique. Les meilleures occasions se présentent en été, lorsque les troupeaux gagnent les fjords et baies côtières de l'Arctique canadien, du Groenland ou du Svalbard ; les sorties se font depuis la lisière de la banquise ou en petite embarcation, le plus souvent avec des guides inuit dont la connaissance des sites d'agrégation est déterminante. Hors de l'Arctique, l'espèce n'est pas observable, et les collections des muséums restent le seul endroit où voir une défense en Europe occidentale.
L'approche demande de la retenue : les narvals réagissent fortement au bruit des moteurs, des brise-glaces et des sources sismiques et s'écartent des navires. Mieux vaut réduire les gaz à bonne distance, laisser les animaux décider de l'approche, ne jamais couper la route d'un groupe ni séparer une femelle de son petit, et respecter les réglementations locales.
C'est une canine supérieure gauche qui pousse en spirale antihoraire jusqu'à près de 3 m. Richement innervée, elle joue le rôle d'organe sensoriel capable de détecter des variations de pression, de salinité et de température, et constitue aussi un caractère sexuel secondaire intervenant dans la compétition entre mâles.
Non : si la défense est la règle chez les mâles adultes, une minorité de femelles en développe une, dans une proportion estimée entre 6 et 15 % selon les études. De rares individus portent deux défenses.
Il descend couramment entre 800 et 1 500 m, parfois au-delà de 1 600 m. Les plongées les plus profondes documentées atteignent 1 776 m, et certaines sources font état de près de 2 370 m. Les apnées peuvent atteindre 20 à 25 minutes, à raison d'une quinzaine de plongées profondes par jour.
Il est classé en préoccupation mineure (LC) par l'UICN à l'échelle mondiale, sur la base de l'évaluation de 2017 et d'environ 123 000 individus matures. Certaines populations vont mal pour autant : celle du Groenland de l'Est est considérée en danger, et la NAMMCO y recommande des captures nulles depuis 2019 dans les trois zones de gestion.
Non. L'espèce est strictement arctique et aucune mention n'est connue en Manche, en golfe de Gascogne, en Méditerranée ni en outre-mer. Les apparitions extralimites les plus méridionales en Europe se limitent à quelques cas en mer du Nord : deux narvals dans l'estuaire de la Tamise en 1949, une femelle échouée dans la Medway, dans le Kent, et un mâle remonté dans le cours inférieur de la Tamise, et un individu retrouvé mort dans l'Escaut, en Belgique, en avril 2016.
Le béluga adulte est uniformément blanc et n'a pas de défense, alors que le narval reste marbré de sombre sur un fond clair et porte le plus souvent une longue dent spiralée. Les deux espèces partagent l'absence de nageoire dorsale, remplacée par une simple crête, ce qui rend les jeunes narvals gris difficiles à identifier à distance.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 84 observations géolocalisées de Monodon monoceros sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Canada | 67 |
| Greenland | 15 |
| unknown or invalid | 10 |
| Svalbard and Jan Mayen | 8 |
| United States of America | 5 |
| United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland | 4 |
| Belgium | 1 |
| Netherlands | 1 |
| Norway | 1 |
| Tanzania, United Republic of | 1 |

Répartition mensuelle de 82 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en août.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 0 |
| février | 1 |
| mars | 1 |
| avril | 1 |
| mai | 0 |
| juin | 9 |
| juillet | 10 |
| août | 41 |
| septembre | 19 |
| octobre | 0 |
| novembre | 0 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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