Empreinte acoustique des cétacés : fréquences, intensités, portées

Du subsonique à l’ultrasonique

Les cétacés émettent dans une gamme acoustique extraordinaire : du chant de la baleine bleue (10 Hz) aux clics ultrasoniques du marsouin (140 kHz), couvrant une amplitude que l’oreille humaine ne peut percevoir qu’en partie. Ce tableau compare fréquences dominantes, gammes utilisées, intensités maximales et portées documentées pour 20 espèces.

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L’acoustique est centrale chez les cétacés : sonothèque, bibliothèque vocale par comportement, sens (audition) et bruit océanique anthropique.

Source level et portée : les ordres de grandeur

L’empreinte acoustique d’une vocalisation se caractérise par sa fréquence (en Hz), son intensité ou source level (en dB ré 1 µPa à 1 m) et sa directivité. Le cachalot (Physeter macrocephalus) produit les clics les plus puissants du règne animal : jusqu’à 236 dB ré 1 µPa (Møhl et al. 2003), grâce à son organe à spermaceti qui agit en lentille acoustique.

La baleine bleue chante à 10-40 Hz, en dessous du seuil de l’oreille humaine ; ses sons peuvent porter sur plus de 1 000 km dans le canal SOFAR. À l’inverse, le marsouin commun émet à 130 kHz, ultrasons hautement directionnels mais à portée courte (~100 m) — une stratégie qui le rend inaudible aux orques, ses prédateurs.