Cétacés d’eau douce : les dauphins de rivière du monde

Une poignée de cétacés ont quitté la mer pour les grands fleuves du monde. Ces dauphins de rivière de l’Amazone, du Gange, de l’Indus et du Yangtsé comptent aujourd’hui parmi les mammifères les plus menacés de la planète, et l’un d’eux, le baiji, a déjà disparu.

Adaptés à des eaux troubles, ils ont développé des solutions extraordinaires : cou flexible du boto pour se faufiler dans la forêt inondée, cécité quasi totale et écholocation perfectionnée chez les dauphins du Gange et de l’Indus, qui nagent sur le côté. Le widget ci-dessus détaille chaque espèce, son statut UICN et les menaces qui pèsent sur elle.

Pourquoi les dauphins de rivière sont-ils si menacés ?

Les dauphins de rivière n’appartiennent pas à une seule famille : ils résultent d’une évolution convergente au sein de lignées distinctes (Iniidae pour le boto, Platanistidae pour les dauphins du Gange et de l’Indus, Lipotidae pour le baiji, Phocoenidae pour le marsouin du Yangtsé). Vivre en eau douce les expose à des menaces cumulées : barrages qui fragmentent les populations, captures accidentelles dans les filets maillants, pollution (mercure de l’orpaillage, pesticides), trafic fluvial et baisse du débit des fleuves liée à l’irrigation et au changement climatique.

La disparition du baiji en 2006 reste le premier cas documenté d’extinction d’un cétacé causée par l’humain. À l’inverse, le rebond récent du marsouin aptère du Yangtsé (de 1 012 individus en 2017 à 1 249 en 2022) prouve qu’une politique de conservation volontariste peut inverser la tendance.

Pour aller plus loin : consultez le statut de conservation par espèce, les démographies actuelles et la carte des cétacés de France. Retrouvez tous nos outils dans l’explorateur interactif.