Régimes alimentaires des cétacés : qui mange quoi ?

Spécialistes ou généralistes ?

Certains cétacés sont des prédateurs ultra-spécialisés : le ziphius ne mange quasiment que des calmars, l’orque résidente des poissons (surtout du saumon Chinook), la baleine bleue 99% de krill. D’autres sont opportunistes : le grand dauphin attaque indifféremment poissons, céphalopodes, crustacés. Ce panorama présente les régimes alimentaires de 20 espèces et leurs techniques de chasse caractéristiques.

Aller plus loin sur l’alimentation

Le régime alimentaire conditionne toute l’écologie d’un cétacé. Explorez aussi les comptages anatomiques (dents vs fanons), les préférences thermiques et bathymétriques, le catalogue des comportements de chasse, et l’énergie consommée chaque jour.

Spécialistes et opportunistes : la diversité trophique

Les régimes alimentaires des cétacés couvrent presque tout le spectre marin. Le krill antarctique (Euphausia superba) nourrit l’essentiel des grandes baleines à fanons de l’hémisphère sud. Une étude majeure publiée dans Nature par Savoca et al. en 2021 a révisé à la hausse les estimations classiques : une baleine bleue adulte engloutit en moyenne ~16 tonnes de krill par jour pendant la saison d’alimentation antarctique — environ trois fois plus que les estimations antérieures issues des contenus stomacaux des baleines chassées.

Les odontocètes se spécialisent : le cachalot avale ~750 calmars par jour, dont parfois des calmars géants (Architeuthis) en duels documentés par les ventouses cicatrisées sur leur peau. L’orque présente des écotypes culturellement spécialisés : résidente piscivore (saumon chinook), transient mammalivore (phoques, marsouins, jeunes baleines), offshore squalivore (requins, raies). Cette spécialisation trophique est si stable qu’elle est en train d’être reconnue comme une spéciation en cours.