Golfe de Gascogne : plancton et température vus par satellite

Le Golfe de Gascogne, un océan nourricier pour les cétacés

Le Golfe de Gascogne compte parmi les zones les plus riches d’Europe pour les cétacés : dauphins communs, dauphins bleu et blanc, grands dauphins, globicéphales, rorquals communs, cachalots et baleines à bec y sont régulièrement observés. Cette abondance ne doit rien au hasard : elle repose sur la productivité biologique de ses eaux, elle-même gouvernée par deux paramètres que l’on peut suivre depuis l’espace — la température de surface de la mer et la concentration en chlorophylle, marqueur du phytoplancton.

Chlorophylle : la base de la chaîne alimentaire

La chlorophylle-a mesurée par satellite indique la densité de phytoplancton, ces micro-algues qui, par photosynthèse, constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Le phytoplancton nourrit le zooplancton (dont le krill et les copépodes), qui nourrit à son tour les petits poissons pélagiques (sardines, anchois, sprats), proies des dauphins et des grands rorquals. Dans le Golfe de Gascogne, la chlorophylle connaît un puissant bloom printanier (mars à mai) sur le plateau continental, puis un bloom automnal secondaire — deux pics qui rythment l’année écologique du golfe.

Température de surface et fronts thermiques

La température de surface passe d’environ 11 °C en fin d’hiver à 21-22 °C au cœur de l’été. Au-delà de la moyenne, ce sont surtout les fronts thermiques — ces lignes de contraste entre masses d’eau — qui intéressent les cétacés : le brassage y concentre les nutriments, donc le plancton, donc les proies. Le talus continental du golfe, où le fond plonge brutalement de 200 à 4 000 mètres, génère des remontées d’eau (upwellings) particulièrement favorables aux cachalots et aux baleines à bec plongeurs.

Des satellites Copernicus et NASA

La carte s’appuie sur l’imagerie satellite ouverte : la température de surface provient de l’analyse GHRSST MUR (résolution 1 km, sans nuages), et la chlorophylle des capteurs optiques Sentinel-3 OLCI (programme européen Copernicus) et MODIS-Aqua (NASA). Les données optiques étant bloquées par les nuages, certaines journées présentent des zones sans mesure : faites défiler les jours pour trouver les images les plus dégagées.

Pour aller plus loin

L’océanographie du golfe éclaire la vie des cétacés qui le fréquentent : préférences thermiques des espèces, migrations annuelles, hotspots d’observation, régimes alimentaires, courants océaniques et impacts du changement climatique.