Sens des cétacés : audition, vision, toucher

Adaptés à un univers acoustique

Dans un milieu où la vue porte peu, les cétacés ont radicalement réorganisé leurs sens : audition ultra-développée (jusqu’à 180 kHz chez les odontocètes), vision monochromatique adaptée à toutes les profondeurs, toucher hypersensible (terminaisons nerveuses sur le rostre), goût et odorat quasi atrophiés. Ce tableau compare les sensibilités sensorielles documentées pour les principaux groupes.

Pour aller plus loin

Les sens des cétacés sont adaptés au milieu marin : empreinte acoustique, cerveau et cognition, anatomie interactive et physiologie de la plongée.

L’audition reine, la vision en complément

Dans l’eau, où la lumière s’éteint vite mais où le son porte loin, les cétacés ont fait de l’audition leur sens principal. Leur oreille interne, modifiée par évolution, est isolée du crâne dans un sinus osseux rempli d’huile spécifique (l’acoustic fat), ce qui permet la directionnalité acoustique en milieu aquatique. Les odontocètes détectent et émettent les ultrasons (jusqu’à 150 kHz), tandis que les mysticètes ressentent les infrasons (10 Hz et en dessous).

La vision reste opérationnelle au-dessus et au-dessous de la surface — un défi optique majeur. Le spyhopping (tête sortie verticalement) leur sert à inspecter l’environnement aérien. L’olfaction a quasiment disparu chez les odontocètes (gènes pseudo-fonctionnels), mais les baleines à fanons en conservent des traces. Le toucher, lui, est très développé : les contacts physiques rythment la vie sociale des grands dauphins et des orques.