La France possède l’une des plus vastes façades maritimes au monde, et avec elle un suivi scientifique nourri des cétacés et des mammifères marins. Une grande partie de ces données est publique et librement accessible, notamment sur le portail data.gouv.fr. Voici un guide des principales sources pour qui veut explorer, vérifier ou réutiliser ces données.
data.gouv.fr est la plateforme officielle de l’open data en France. On y trouve des centaines de jeux de données sur la biodiversité marine, publiés par des organismes publics. Le principal contributeur sur les cétacés est l’Office français de la biodiversité, avec plus de 1 400 jeux de données environnementaux.
L’OFB publie de nombreux suivis : programmes de surveillance des parcs naturels marins, indices de patrimonialité des cétacés par saison et par sous-région marine (Manche-mer du Nord, par exemple), domaines vitaux du grand dauphin (Tursiops truncatus), ou encore le suivi des grands dauphins côtiers de la Manche (projet GECC, 2022-2025). Ces couches cartographiques nourrissent la connaissance de la répartition des espèces le long du littoral.
Animé par l’Observatoire Pelagis (CNRS / La Rochelle Université), le Réseau National Échouage recense les cétacés échoués sur les côtes françaises depuis 1970. Un extrait de cette base, couvrant le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis sur la période 1971-2016, est disponible sur data.gouv.fr : il dénombre les échouages par espèce (dauphin commun, globicéphale noir, marsouin commun…). À croiser avec notre carte interactive des échouages.
Pilotées par Pelagis, les campagnes SAMM survolent les eaux françaises (métropole et outre-mer) pour estimer l’abondance et la répartition des grands animaux marins, dont les cétacés. Les données d’effort et d’observation (par exemple l’hiver 2011-2012 et l’été 2012) sont référencées sur data.gouv.fr. Un suivi standardisé de l’abondance est aussi assuré depuis les vedettes des garde-côtes.
Le Muséum national d’Histoire naturelle a publié en 2016 le premier volume de l’Atlas des mammifères marins sauvages de France. Les occurrences par espèce (2000-2015), agrégées par maille de l’INPN sur les façades Atlantique et Manche-mer du Nord, indiquent où chaque espèce a été observée au moins une fois.
L’IFREMER contribue aux indicateurs de la Directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM), qui évalue le bon état écologique des eaux européennes, dont la distribution des mammifères marins et des tortues. Le Cerema publie de son côté des indices de présence (par exemple du grand dauphin) utiles aux études d’éolien en mer.
Ces données s’adressent aux chercheurs, mais aussi aux enseignants, aux étudiants et aux citoyens curieux. Croisées avec nos propres outils — démographies des populations, hotspots d’observation, aires marines protégées ou science citoyenne — elles aident à comprendre concrètement où vivent les cétacés français, comment leurs populations évoluent et quelles menaces pèsent sur elles. Et chacun peut contribuer : signaler un échouage au RNE, ou verser ses observations à des plateformes participatives.
Sources : jeux de données publics de l’OFB, du MNHN, de l’Observatoire Pelagis, de l’IFREMER et du Cerema, recensés sur data.gouv.fr (consultés en juin 2026).
