Une baleine bleue consomme 600 000 kcal par jour — l’équivalent de 240 humains. Mais ramené au poids, son métabolisme est étonnamment économe, l’une des conséquences de l’efficacité hydrodynamique des cétacés. Ce comparateur présente les besoins énergétiques quotidiens documentés et leur répartition entre chasse, migration, reproduction et repos.
Le métabolisme basal (BMR) des cétacés suit la loi de Kleiber : il croît comme la masse à la puissance 0,75. Un rorqual bleu de 100 tonnes brûle ~3 millions de kcal/jour ; un grand dauphin de 200 kg, ~10 000 kcal/jour. Cette débauche d’énergie est imposée par l’endothermie en milieu froid : l’eau évacue la chaleur 25 fois plus vite que l’air.
Les cétacés y répondent par une graisse (blubber) atteignant 50 % de la masse chez le rorqual et la baleine boréale, et par le rete mirabile — réseaux de petits vaisseaux à contre-courant thermique qui limitent les pertes au niveau des nageoires. La baleine grise jeûne près de 4 mois durant sa migration de l’Arctique vers la Basse-Californie, perdant jusqu’à 30 % de sa masse corporelle.
Le métabolisme conditionne la survie : voyez l’hydrodynamique, les régimes alimentaires, la physiologie de la plongée et les performances de nage.
