Où observer les baleines et les dauphins : les meilleurs endroits du monde

Où voir chaque espèce de baleine et de dauphin

Vous voulez observer un cachalot ? Direction Açores ou Dominique. Une orque ? Norvège, Vancouver Island ou Punta Norte. Une baleine bleue ? Sri Lanka, Monterey ou Saguenay. Cette page recense les meilleurs endroits du monde où observer les baleines et les dauphins, espèce par espèce, avec la saison de chaque site.

Préparer une sortie d’observation des baleines

Avant de partir : consultez le calendrier annuel d’observation, l’annuaire des opérateurs HQWW, la carte des cétacés en France et les sanctuaires marins mondiaux.

Pourquoi les baleines se rassemblent à ces endroits

Les meilleurs endroits pour observer les baleines coïncident avec des zones de forte productivité primaire (upwellings, fronts thermiques, plateaux continentaux) et un effort d’observation important. Les baies de Monterey et de Hervey (Australie), le sanctuaire Pelagos en Méditerranée, l’archipel San Juan dans l’État de Washington, Kaikoura en Nouvelle-Zélande et la péninsule de Valdés en Argentine figurent parmi les destinations majeures du whale watching.

Le label HQWW (High Quality Whale Watching) d’ACCOBAMS en Méditerranée, le World Cetacean Alliance et Whale SENSE (NOAA) certifient les opérateurs responsables. Les bonnes pratiques d’approche (distance minimale 100 m, vitesse réduite, durée d’observation limitée) limitent le dérangement comportemental et les risques de collision avec les hélices.

Les destinations les plus sûres, région par région

Europe. Les Açores sont le seul endroit d’Europe où l’on voit des cachalots toute l’année, et Pico reçoit aussi les baleines bleues en migration de mars à juin. L’Islande (Húsavík, Reykjavík) offre baleines à bosse et petits rorquals de juin à août. En Norvège, Tromsø et Skjervøy concentrent les orques qui suivent le hareng de novembre à janvier, une observation d’hiver et de nuit polaire. En Méditerranée, le sanctuaire Pelagos donne le rorqual commun de mai à octobre.

Amériques. La Basse-Californie mexicaine est le seul endroit au monde où les baleineaux gris viennent au contact des embarcations, de janvier à avril. Monterey Bay et le Saguenay-Saint-Laurent donnent la baleine bleue en été, Churchill au Manitoba jusqu’à soixante mille bélugas en juillet et août, et Punta Norte en Patagonie le seul site au monde où des orques s’échouent volontairement pour chasser des phoques.

Ailleurs. Le Sri Lanka abrite la seule population de baleines bleues non migratrices connue, visible depuis Mirissa et Trincomalee. Kaikoura, en Nouvelle-Zélande, affiche 95 % de succès sur le cachalot grâce à un canyon sous-marin qui touche presque la côte. Deux pays seulement autorisent la nage réglementée avec de grands cétacés : la Dominique avec les cachalots et les Tonga avec les baleines à bosse, de juillet à octobre.

Le gouf de Capbreton : observer des baleines à quelques kilomètres de la plage

Un site français mérite une note à part. Le gouf de Capbreton, dans les Landes, est un canyon sous-marin dont la tête s’ouvre à quelques centaines de mètres du rivage. Là où la côte landaise descend en pente douce, le gouf entaille le plateau continental et amène l’eau profonde au contact de la plage. Sur la grille bathymétrique SRTM15+, la cote des 100 mètres est franchie à 3,9 km de la plage de Capbreton et celle des 200 mètres à 6,3 km. À dix kilomètres du bord, sur l’axe du gouf au droit d’Hossegor, le fond est à 253 mètres ; à la même distance du rivage, il est à 54 mètres au large de Mimizan et à 27 mètres au large de Lacanau. Cinq à dix fois plus profond, à distance égale du sable.

La conséquence se lit dans les observations. En interrogeant GBIF sur cinq rectangles de mêmes dimensions le long de cette côte, en ne retenant que les observations humaines, le rectangle du gouf rend 22 espèces de cétacés. Les trois rectangles posés sur le plateau ouvert, au large de Mimizan, d’Arcachon et de la Gironde, en rendent 14 chacun. Le rectangle voisin de la côte basque et de la corniche cantabrique, sous influence du même réseau de canyons, en rend 19, et ce avec quatre fois moins d’observations : ce n’est donc pas seulement que l’on regarde davantage.

Ce que cet écart signifie exactement. Il tient entièrement aux espèces rares. Si l’on ne compte que les espèces vues au moins dix fois, le gouf en aligne 12 et le plateau 13 : la faune ordinaire est la même partout, dauphin commun, marsouin, dauphin bleu et blanc, grand dauphin, globicéphale. Le canyon ne rassemble donc pas plus d’animaux, il met des raretés à portée de côte. Huit espèces ont été signalées dans le rectangle du gouf et dans aucun des trois rectangles du plateau : la baleine à bosse (6 signalements), le mésoplodon de Blainville (4), la pseudorque (2), le globicéphale tropical (2), puis la baleine bleue, le mésoplodon de True, le dauphin à flancs blancs et le lagénorhynque à bec blanc, un signalement chacun. Ces nombres disent bien ce qu’ils sont : des passages, pas une présence installée.

La signature du gouf, ce sont les plongeurs profonds. Sept espèces qui vivent normalement au-delà du talus y sont documentées : le ziphius de Cuvier (97 signalements), le mésoplodon de Sowerby (52), le grand cachalot (48), le cachalot pygmée (30), puis le mésoplodon de Blainville, l’hypéroodon boréal et le mésoplodon de True. Quatre baleines à bec dans un rectangle qui touche la plage : c’est ce que produit un canyon qui vient chercher le rivage.

Les sorties partent de Capbreton, d’Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz, principalement de juin à octobre ; l’annuaire des opérateurs de whale watching et des associations recense ceux qui travaillent sur cette côte et les labels auxquels ils sont tenus. Deux réserves d’usage : la grille bathymétrique employée ici a une maille de quinze secondes d’arc, soit environ 460 mètres, qui lisse un canyon étroit, et les profondeurs réelles dans l’axe sont probablement plus fortes. Et le nombre d’observations mesure aussi l’effort d’observation, qui est important sur cette côte. C’est la comparaison entre rectangles de même taille, et non le chiffre brut, qui fait foi.