| Nom scientifique | Phocoena phocoena (Linnaeus, 1758) |
|---|---|
| Autres noms | Cochon de mer, marsouin des ports ; anglais : harbour porpoise (surnommé « puffing pig » à cause du bruit de sa respiration) |
| Taille | 1,4 à 1,9 m chez l'adulte selon les sources (NOAA : 1,5–1,7 m ; OFB : 1,3–2 m) ; nouveau-né de 67 à 85 cm. Les marsouins échoués en France en 2023 mesuraient de 50 à 185 cm. |
| Poids | Environ 45 à 75 kg chez l'adulte (NOAA : 61–77 kg ; OFB : 45–70 kg), les femelles atteignant jusqu'à environ 76 kg contre environ 61 kg pour les mâles ; nouveau-né de 6,4 à 10 kg. Les individus échoués en France en 2023 pesaient de 8 à 72 kg. |
| Longévité | 8 à 13 ans en moyenne, 10 à 15 ans selon l'OFB ; maximum documenté autour de 20 à 24 ans (la NOAA cite une longévité maximale d'environ 24 ans). |
| Régime | Petits poissons grégaires et démersaux (hareng, sprat, capelan, maquereau, gadidés, lançons, gobies), plus accessoirement céphalopodes. Les proies sont de petite taille, le plus souvent moins d'une vingtaine de centimètres, et de 3 à 10 cm seulement lors des séquences de chasse suivies par balises acoustiques. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale, Braulik, G.T., Minton, G., Amano, M. & Bjørge, A. 2023, version amendée de l'évaluation de 2020 (e.T17027A247632759 ; DOI 10.2305/IUCN.UK.2023-1.RLTS.T17027A247632759.en). À l'échelle européenne, l'évaluation régionale la plus récente de l'UICN (Sharpe & Berggren 2023, e.T17027A219010660, scope « Europe ») classe elle aussi l'espèce en Préoccupation mineure (LC), avec une tendance de population jugée stable ; l'ancienne évaluation régionale européenne en Vulnérable (VU) date de 2007 et n'est plus en vigueur. Certaines sous-populations sont en revanche nettement plus menacées : sous-population de la mer Baltique : En danger critique (CR, critère C2a(ii), Carlström et al. 2023, e.T17031A50370773, 216 individus matures) ; sous-espèce de mer Noire P. p. relicta : En danger (EN, critères A1d+4cde, Birkun & Frantzis, version amendée 2026 de l'évaluation de 2008, e.T17030A290349737). Liste rouge des mammifères marins de France métropolitaine : Quasi menacé (NT). |
Le marsouin commun (Phocoena phocoena) est le plus petit cétacé des eaux européennes et le seul représentant de la famille des Phocoenidae en Atlantique Nord-Est. Côtier et discret, il ne montre qu'un dos arrondi et un petit aileron triangulaire pendant une fraction de seconde, et chasse presque sans relâche de minuscules poissons grégaires. Classé en Préoccupation mineure (LC) par l'UICN aussi bien au niveau mondial qu'à l'échelle européenne, il abrite pourtant certaines des populations de cétacés les plus menacées d'Europe, Baltique et mer Noire en tête, et figure comme Quasi menacé (NT) sur la Liste rouge de France métropolitaine.
Le marsouin commun est un petit cétacé trapu, en forme de fuseau, à la tête conique dépourvue de rostre : contrairement aux dauphins, il n'a pas de « bec » marqué. Le dos est gris foncé à noir, les flancs s'éclaircissent progressivement et le ventre est blanc ; une fine ligne sombre relie généralement le coin de la bouche à la nageoire pectorale. L'aileron dorsal, placé au milieu du dos, est petit, bas et nettement triangulaire, à bord postérieur droit ou peu concave, un critère décisif. La dentition est caractéristique de la famille : de 19 à 28 dents par demi-mâchoire, en forme de spatule et non coniques comme chez les delphinidés. Les femelles sont en moyenne un peu plus grandes et plus lourdes que les mâles.
En mer, l'identification repose au moins autant sur le comportement que sur la silhouette. Le marsouin ne saute pas, ne joue pas à l'étrave et ne soulève pratiquement pas de gerbe d'eau : il roule lentement en surface, du museau vers la nageoire caudale, en arquant le dos, puis disparaît. Sa respiration produit un son bref et sifflant, audible à faible distance par mer calme, qui lui vaut son surnom anglais de « puffing pig ». Il évite plutôt les navires et se déplace seul, par paires ou en très petits groupes de 2 à 5 individus, exceptionnellement plusieurs dizaines à une centaine sur des concentrations de proies.
Les confusions possibles sont limitées mais réelles. À distance, un jeune dauphin commun (Delphinus delphis) ou un grand dauphin (Tursiops truncatus) peut être pris pour un marsouin : chez les dauphins, l'aileron est plus grand et falciforme, le rostre est apparent et le comportement bien plus démonstratif. La tête d'un phoque gris en surface prête aussi à confusion pour un œil peu exercé. Dans le Pacifique Nord, où le marsouin commun cohabite avec le marsouin de Dall (Phocoenoides dalli), des hybrides entre les deux espèces ont été documentés. En Atlantique Nord-Est, aucun autre phocoenidé n'est présent : un petit cétacé sans bec, à aileron triangulaire, y est un marsouin commun.
Phocoena phocoena (Linnaeus, 1758) appartient à la famille des Phocoenidae, qui regroupe les marsouins, un groupe distinct des dauphins (Delphinidae) par la forme spatulée des dents, l'absence de rostre et un aileron généralement triangulaire. Le nom « marsouin » dérive de racines germaniques signifiant « cochon de mer », un sens que l'on retrouve dans le latin médiéval à l'origine du terme anglais « porpoise ».
Trois sous-espèces sont classiquement reconnues : P. p. phocoena en Atlantique Nord et le long des côtes d'Afrique de l'Ouest, P. p. relicta en mer Noire et en mer d'Azov, et P. p. vomerina dans le Pacifique Nord-Est ; s'y ajoute une population non nommée du Pacifique Nord-Ouest. Les marsouins de la péninsule Ibérique et de Mauritanie, génétiquement et morphologiquement distincts et largement isolés des autres populations de l'Atlantique Nord-Est, ont fait l'objet d'une proposition de quatrième sous-espèce, P. p. meridionalis, qui n'est pas universellement entérinée à ce jour.
Le marsouin commun occupe les eaux côtières tempérées, subarctiques et arctiques de l'hémisphère Nord. En Atlantique Ouest, il s'étend du Groenland occidental jusqu'au cap Hatteras (Caroline du Nord) ; en Atlantique Est, du Spitzberg et de la mer de Barents jusqu'aux côtes ibériques et ouest-africaines, mer du Nord et Baltique incluses. Dans le Pacifique, il va du Japon à la Californie (Point Conception) et remonte jusqu'à la mer de Beaufort. Une population relique subsiste en mer Noire, en mer d'Azov et en mer de Marmara, avec des observations en mer Égée. C'est une espèce de plateau continental, généralement sur des fonds de moins de 200 m, qui pénètre volontiers dans les baies, les estuaires et les embouchures.
En France, l'espèce est présente sur la façade Manche–mer du Nord et en Atlantique. Le suivi du Réseau National Échouages coordonné par l'Observatoire Pelagis totalise, de 1990 à 2023, 3 009 signalements en Manche–mer du Nord et 1 864 en Atlantique, contre exactement 0 en Méditerranée. Le marsouin reste l'espèce dominante des échouages de la façade Manche–mer du Nord (47 % en 2023). Les campagnes aériennes successives (SCANS de 1994 à SCANS-IV en 2022, SAMM en 2012 et 2021) montrent une colonisation progressive de la Manche : aucune observation en 1994, quelques-unes à l'extrême ouest en 2005, puis des détections sur l'ensemble du bassin en 2022. La Méditerranée française, où l'espèce était signalée au XIXe siècle, ne l'accueille plus. En outre-mer, le marsouin commun n'est présent qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le marsouin commun est l'un des cétacés les plus contraints sur le plan énergétique : petit corps, forte déperdition thermique en eaux froides, donc besoins alimentaires considérables. L'étude par balises acoustiques de Wisniewska et collègues (2016) a montré qu'il chasse quasiment sans interruption, jour et nuit, avec des tentatives de capture pouvant atteindre 550 poissons par heure après le crépuscule et un taux de réussite supérieur à 90 %, sur de très petites proies de 3 à 10 cm. Cette marge de manœuvre presque nulle explique sa vulnérabilité particulière aux dérangements qui interrompent son alimentation.
Sa chasse repose sur une écholocation très spécialisée, dite « à bande étroite et haute fréquence » : des clics extrêmement brefs, de 50 à 100 microsecondes, centrés autour de 130 kHz et émis dans un faisceau étroit d'une dizaine de degrés. Cette fréquence très élevée permet de détecter de petites cibles et se situe hors de la sensibilité auditive des orques, ce qui pourrait avoir constitué une pression de sélection à l'origine de ce sonar. Les plongées durent typiquement une minute, exceptionnellement cinq, et la profondeur maximale enregistrée est de 220 m.
La vie sociale est réduite : animaux solitaires ou en petits groupes, sans structures durables comparables à celles des dauphins. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 3 à 4 ans, certaines sources françaises indiquant plutôt 4 à 6 ans. L'accouplement culmine en été, la gestation dure 10 à 11 mois et la mise bas d'un unique petit intervient principalement de mai à juillet-août. La lactation dure de 8 à 12 mois et les femelles peuvent se reproduire une année sur deux, voire plusieurs années de suite. Les prédateurs connus sont l'orque, le requin blanc et le phoque gris ; le grand dauphin tue également des marsouins lors d'interactions agressives, une cause de mort constatée sur un marsouin examiné en France en 2023.
Au niveau mondial comme à l'échelle européenne, l'UICN classe Phocoena phocoena en Préoccupation mineure (LC), l'espèce restant largement répandue dans l'hémisphère Nord sans preuve d'un déclin global. Ce statut masque de fortes disparités régionales. La sous-population de la mer Baltique (Baltique propre) est En danger critique (CR) : le projet de suivi acoustique SAMBAH n'estime qu'environ 491 individus (IC 95 % : 71–1 105), dont 216 individus matures retenus par l'UICN. La sous-espèce de mer Noire, P. p. relicta, est En danger (EN) : les transects réalisés au début des années 2000 suggèrent un effectif d'au moins plusieurs milliers d'individus, peut-être 10 000 à 12 000, après une réduction inférée d'environ 70 % en trois générations, conséquence des captures dirigées massives (au moins 163 000 à 211 000 marsouins tués entre 1976 et 1983) puis des captures accidentelles dans les filets de fond. Les marsouins ibériques, très peu nombreux (environ 4 000 individus lors de SCANS-IV en 2022), ne font pas l'objet d'une évaluation UICN de sous-population distincte, mais sont classés En danger critique sur la liste rouge portugaise et « en danger d'extinction » au catalogue espagnol.
La campagne SCANS-IV (été 2022) a estimé 409 244 marsouins (CV = 0,17 ; IC 95 % : 298 194–578 505) sur l'ensemble de la zone couverte en Atlantique européen, dont 338 918 pour l'unité de gestion mer du Nord, un effectif stable depuis 2005. À l'inverse, l'unité mer de Belt est tombée à 14 403 individus en 2022 contre 42 324 en 2016.
La capture accidentelle dans les filets fixes (filets maillants, trémails) et les chaluts est de très loin la première cause de mortalité. En France, l'Observatoire Pelagis évalue à 20 % (examens partiels) et plus de 30 % (examens complets) la part des marsouins échoués morts par capture, et estime à 140 individus (IC 95 % : 100–190) la mortalité par engin de pêche en 2023. Viennent ensuite le bruit sous-marin (battage de pieux pour l'éolien en mer, prospection sismique, sonars), les contaminants persistants (PCB, métaux lourds) et la raréfaction des proies. L'espèce est protégée en France, inscrite aux annexes II et IV de la directive Habitats, ce qui impose la désignation de sites Natura 2000 dédiés et une surveillance des interactions avec la pêche, à l'annexe II de la CITES et de la Convention de Bonn (CMS), et couverte par l'accord ASCOBANS.
Observer un marsouin commun demande de la patience et de bonnes conditions. En France, les meilleures chances se situent en Manche, depuis la côte ou un bateau lent : Cotentin, baie de Seine et littoral du Calvados, détroit du Pas-de-Calais, Bretagne nord. L'espèce est plus dispersée et plus rare dans le golfe de Gascogne, et absente de Méditerranée. Le début du printemps correspond à un pic de densité au large des côtes normandes, et les observations en Manche progressent depuis trente ans.
Il faut une mer d'huile ou peu agitée, car l'animal ne produit aucune éclaboussure : on cherche un petit aileron triangulaire noir qui perce la surface une seconde, souvent accompagné d'un souffle sec et bref. Des jumelles depuis un point haut, falaise, pointe rocheuse, digue, sont souvent plus efficaces qu'une sortie en mer, puisque l'espèce fuit les embarcations.
Sur le plan éthique, il ne faut jamais poursuivre un marsouin, couper sa trajectoire ni approcher une femelle accompagnée de son petit : l'espèce est protégée et la perturbation intentionnelle est interdite. Compte tenu de ses besoins alimentaires quasi continus, tout dérangement a un coût énergétique réel. Un animal échoué, vivant ou mort, doit être signalé au Réseau National Échouages via l'Observatoire Pelagis (05 46 44 99 10, 7 j/7) et ne doit pas être manipulé.
Oui, principalement en Manche et en mer du Nord, plus rarement dans le golfe de Gascogne. C'est l'espèce dominante des échouages sur la façade Manche-mer du Nord (47 % en 2023). Il est également présent à Saint-Pierre-et-Miquelon, seul territoire d'outre-mer concerné.
Non. Signalé sur les côtes provençales au XIXe siècle, il a disparu de Méditerranée occidentale. Le Réseau National Échouages n'a enregistré aucun signalement en Méditerranée française entre 1990 et 2023. Seule subsiste la sous-espèce de mer Noire, P. p. relicta, avec quelques observations en mer Égée.
Le marsouin n'a pas de bec, ses dents sont spatulées et non coniques, et son aileron dorsal est petit et triangulaire, alors que celui des dauphins est plus grand et recourbé. Le comportement diffère aussi : le marsouin ne saute pas, ne suit pas les étraves et roule discrètement en surface.
Globalement non : l'UICN le classe en Préoccupation mineure (LC), au niveau mondial comme à l'échelle européenne, où la tendance de population est jugée stable. Mais certaines populations sont au bord de l'extinction, notamment celle de la mer Baltique (En danger critique, environ 491 individus dont 216 matures) et celle de mer Noire (En danger, après un déclin inféré d'environ 70 % en trois générations). En France métropolitaine, il est classé Quasi menacé (NT).
Ses plongées durent le plus souvent une minute environ et peuvent atteindre cinq minutes. La profondeur maximale enregistrée est de 220 m, mais l'espèce fréquente surtout des fonds inférieurs à 200 m.
Son petit corps perd beaucoup de chaleur en eau froide et ses proies sont minuscules, de l'ordre de 3 à 10 cm. Des marsouins équipés de balises ont tenté jusqu'à 550 captures par heure après le crépuscule, avec plus de 90 % de réussite. Cette absence de marge le rend très vulnérable à tout dérangement qui interrompt sa chasse.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 15 695 observations géolocalisées de Phocoena phocoena sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Netherlands | 9 701 |
| United States of America | 1 611 |
| Sweden | 873 |
| Denmark | 727 |
| Canada | 657 |
| Norway | 550 |
| United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland | 507 |
| Japan | 396 |
| Germany | 297 |
| France | 111 |

Répartition mensuelle de 15 762 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juillet.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 898 |
| février | 1 084 |
| mars | 1 209 |
| avril | 1 098 |
| mai | 1 231 |
| juin | 1 208 |
| juillet | 2 238 |
| août | 2 166 |
| septembre | 1 685 |
| octobre | 1 326 |
| novembre | 852 |
| décembre | 767 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












Photographies issues du GBIF sous licence Creative Commons. L'auteur et la licence de chaque cliché sont indiqués ; merci de les respecter en cas de réutilisation.
Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
