| Nom scientifique | Globicephala macrorhynchus Gray, 1846 |
|---|---|
| Autres noms | Globicéphale du Pacifique, globicéphale de Siebold, baleine pilote ; short-finned pilot whale (anglais) |
| Taille | Mâles 4 à 6 m couramment, jusqu'à 7,2 m exceptionnellement ; femelles 3 à 5 m, jusqu'à 5,5 m. La taille varie selon les formes : les mâles du type « Shiho » mesurent 5 à 6 m et les femelles 4 à 5 m, contre 4 à 5 m et 3 à 4 m respectivement chez le type « Naisa ». Nouveau-né : 1,4 à 1,9 m. |
| Poids | 1 000 à 3 000 kg le plus souvent, jusqu'à environ 4 000 kg chez les très grands mâles. Environ 60 kg à la naissance. |
| Longévité | Environ 45 ans chez les mâles, jusqu'à 60-63 ans chez les femelles. |
| Régime | Téuthophage : essentiellement des calmars, complétés de poulpes et de poissons, capturés en plongée profonde (souvent au-delà de 300 m). Une estimation courante situe la ration quotidienne autour de 45 kg chez un adulte. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2018 ; l'espèce était auparavant classée en Données insuffisantes (DD) lors de l'évaluation de 2008. La tendance de la population mondiale n'est pas établie. Il n'existe pas de sous-population méditerranéenne : le globicéphale tropical est absent de ce bassin, où seul le globicéphale commun est présent. Dans les listes rouges régionales françaises, l'espèce est considérée comme quasi menacée (NT) en Martinique et en Guadeloupe. |
Le globicéphale tropical est un grand delphinidé au front bombé et à la robe presque noire, qui fréquente les eaux chaudes des trois océans. Chasseur de calmars capable de plonger à plus de 1 000 m, il vit en groupes familiaux matrilinéaires soudés, dans lesquels les femelles connaissent une longue vie post-reproductive comparable à celle des orques. Classé en préoccupation mineure au niveau mondial, il reste exposé aux captures accidentelles, à la chasse dirigée et au dérangement ; en France, il est commun et résident dans les eaux des Antilles.
Le globicéphale tropical est l'un des plus grands delphinidés. Les mâles mesurent couramment 4 à 6 m et atteignent exceptionnellement 7,2 m, les plus grands pouvant approcher 3 000 kg, tandis que les femelles restent le plus souvent entre 3 et 5 m, sans guère dépasser 5,5 m, pour un poids moyen de l'ordre de 1 500 kg. La taille varie aussi selon les formes géographiques, les animaux du type « Shiho » du Pacifique nord étant nettement plus grands que ceux du type « Naisa ». Ce dimorphisme sexuel marqué est l'un des plus prononcés chez les dauphins. La silhouette est massive et trapue : la tête, dépourvue de bec, est dominée par un melon globuleux qui devient franchement débordant chez les vieux mâles, au point de surplomber la bouche. La nageoire dorsale, implantée nettement en avant du milieu du dos, est plus longue que haute, à base très large et à extrémité recourbée vers l'arrière ; elle s'épaissit et s'arrondit avec l'âge chez les mâles. Les pectorales, courtes et anguleuses, représentent environ un sixième de la longueur du corps, c'est ce caractère qui vaut à l'espèce son nom anglais de « short-finned pilot whale ».
La robe est noire à gris très foncé, relevée de quelques marques claires : une tache gris-blanc en forme d'ancre ou de « cravate » sur la gorge et la poitrine, une bande pâle remontant en diagonale derrière chaque œil et, chez de nombreux individus, une selle grisâtre en arrière de la dorsale. La denture est réduite pour un delphinidé : seulement 7 à 9 dents courtes et pointues par demi-mâchoire, adaptées à la saisie de proies molles plutôt qu'au découpage.
La confusion la plus délicate se fait avec le globicéphale commun (Globicephala melas), très proche morphologiquement et pratiquement impossible à distinguer en mer. Les critères de séparation sont surtout anatomiques : pectorales plus longues (environ un cinquième du corps) et dents plus nombreuses chez le globicéphale commun, rostre plus court et plus large chez le globicéphale tropical. Dans la pratique, c'est la localisation qui tranche le plus souvent, les deux espèces se recouvrant peu : le tropical occupe les eaux chaudes, le commun les eaux tempérées froides et la Méditerranée. Une confusion est également possible avec le pseudorque (Pseudorca crassidens), à la silhouette bien plus élancée, à la tête beaucoup moins volumineuse et aux allures plus vives, ainsi qu'avec les plus petits péponocéphale et orque pygmée, dont la taille et le profil de tête diffèrent nettement.
Décrit par Gray en 1846, Globicephala macrorhynchus appartient à la famille des Delphinidae et à la sous-famille des Globicephalinae, qui regroupe également le pseudorque, l'orque pygmée et le péponocéphale. Le genre Globicephala ne compte que deux espèces : le globicéphale tropical et le globicéphale commun ou noir (Globicephala melas), inféodé aux eaux plus fraîches. Aucune sous-espèce n'est universellement reconnue, mais les travaux génétiques distinguent au moins trois formes divergentes : le type « Shiho », présent dans le Pacifique oriental et au large du nord du Japon, le type « Naisa », qui occupe le Pacifique central et occidental ainsi que l'océan Indien, et une forme atlantique. Les données mitochondriales situent la séparation Shiho/Naisa autour de 17 500 ans et l'individualisation de la forme atlantique autour de 12 500 ans. Les types Shiho et Naisa diffèrent par la taille, les animaux du type Shiho sont les plus grands, ainsi que par la forme du crâne et de la tête, plus arrondie chez le premier, et occupent au Japon des aires de répartition très peu recouvrantes.
L'espèce a une distribution circumglobale dans les eaux tropicales, subtropicales et tempérées chaudes des océans Atlantique, Indien et Pacifique, grossièrement entre 50° N et 40° S. Elle est liée aux grands fonds : talus continentaux, pentes des îles océaniques et zones du large où les calmars sont abondants. Plusieurs populations sédentaires bien étudiées existent autour d'Hawaï, en Californie du Sud, au large du Japon, à Madère et aux îles Canaries. L'effectif mondial est estimé à environ 700 000 individus, dont près de 589 000 pour le seul Pacifique tropical oriental. Dans les eaux des États-Unis, cinq stocks sont reconnus, avec des estimations de l'ordre de 800 animaux sur la côte Ouest, 18 700 à 21 500 sur la côte Est, 1 300 dans le golfe du Mexique et 19 000 autour d'Hawaï. Dans l'Atlantique nord-est, la limite nord de l'aire régulière se situe au niveau des archipels macaronésiens : Madère abrite une population insulaire résidente estimée à environ 140 individus, et les Canaries une abondance d'environ 1 980 individus (IC 95 % : 1 442-2 324), dont quelque 636 résidents dans le sud-ouest de Tenerife et plus de 400 animaux photo-identifiés au fil des ans ; des estimations plus récentes (2015-2020) situent la communauté résidente de Tenerife autour de 362 individus. Des individus sont en outre signalés plus au nord, jusqu'aux Açores.
En France métropolitaine, le globicéphale tropical est absent de la Méditerranée, où le genre n'est représenté que par le globicéphale commun. Sa présence dans le golfe de Gascogne et sur la façade atlantique est exceptionnelle : l'espèce y est considérée comme erratique au nord de l'Espagne, et la première mention française correspond à un échouage survenu sur la côte de l'île de Ré en mai 1966. La situation est tout autre outre-mer. Aux Antilles françaises, l'espèce est commune et résidente : elle fait partie de la vingtaine d'espèces de mammifères marins recensées dans le sanctuaire Agoa, aire marine protégée créée le 5 octobre 2010 et reconnue le 23 octobre 2012 comme aire spécialement protégée d'importance caribéenne au titre du protocole SPAW, qui couvre les 143 256 km² de la zone économique exclusive de la Martinique, de la Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Elle est également signalée dans les eaux tropicales françaises de l'océan Indien, à La Réunion, ainsi qu'en Polynésie française.
Le globicéphale tropical est avant tout un chasseur de céphalopodes. Son régime repose principalement sur les calmars, complétés par des poulpes et divers poissons, capturés lors de plongées profondes généralement effectuées de nuit ou au crépuscule, lorsque les proies remontent dans la colonne d'eau. Les plongées alimentaires atteignent couramment 600 à 700 m pour une quinzaine de minutes, et le record documenté est de 1 018 m pour 21 minutes. La particularité de l'espèce tient moins à la profondeur qu'à la vitesse : en fin de descente, les animaux réalisent de véritables sprints pour intercepter de gros calmars, un comportement qui leur a valu le surnom de « guépards des profondeurs ». L'attaque s'accompagne d'un crépitement rapide de clics d'écholocation.
La vie sociale est l'un des traits les plus remarquables de l'espèce. Les groupes comptent typiquement de 10 à 50 individus, avec des agrégations temporaires pouvant réunir plusieurs centaines d'animaux, notamment dans la Caraïbe. Ces unités sont matrilinéaires et très stables : mâles comme femelles restent le plus souvent toute leur vie dans le groupe où ils sont nés, les accouplements ayant lieu lors des rencontres temporaires entre groupes, ce qui limite la consanguinité. Les mâles matures y sont nettement moins nombreux que les femelles matures, de l'ordre d'un pour huit, en raison de leur mortalité plus forte et de leur longévité plus courte. Cette cohésion extrême explique en partie la propension de l'espèce aux échouages collectifs, lorsqu'un animal en difficulté est suivi par ses congénères. En surface, les groupes passent beaucoup de temps au repos, alignés côte à côte et immobiles, et se montrent souvent indifférents ou évitants vis-à-vis des embarcations.
La reproduction est lente. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 7 à 12 ans, les mâles nettement plus tard, entre 12 et 17 ans. Après une gestation d'environ 15 mois, un unique petit naît, allaité au minimum deux ans, parfois beaucoup plus longtemps pour le dernier-né. L'intervalle entre deux naissances est de 5 à 8 ans, si bien qu'une femelle ne produit que 4 à 5 jeunes au cours de son existence. Les femelles cessent de se reproduire autour de 40 ans mais peuvent vivre jusqu'à une soixantaine d'années : le globicéphale tropical est ainsi l'un des rares mammifères, avec l'orque et quelques autres odontocètes, à présenter une véritable ménopause suivie d'une longue vie post-reproductive, les femelles âgées jouant un rôle clé dans la mémoire du groupe et l'accompagnement des jeunes.
La Liste rouge de l'UICN classe Globicephala macrorhynchus en préoccupation mineure (LC) depuis l'évaluation de 2018, qui a remplacé le classement en données insuffisantes retenu en 2008. Ce statut favorable tient à une aire de répartition très vaste et à des effectifs mondiaux importants, mais la tendance globale reste indéterminée, faute de suivis comparables à l'échelle des différentes populations. Certaines d'entre elles, en particulier la forme méridionale exploitée au large du Japon, font l'objet de préoccupations spécifiques. En France, les listes rouges régionales de la Martinique et de la Guadeloupe classent l'espèce comme quasi menacée.
Les pressions sont multiples. Les captures accidentelles dans les filets maillants et les palangres constituent la première cause de mortalité d'origine humaine dans les eaux américaines, et concernent l'espèce dans une grande partie de son aire. Une chasse dirigée subsiste au Japon, par rabattage et harponnage, avec une moyenne d'environ 73 animaux prélevés par an entre 2010 et 2023. Dans les Petites Antilles, la pêcherie artisanale de Saint-Vincent-et-les-Grenadines a capturé 5 896 globicéphales tropicaux entre 1949 et 2017. S'y ajoutent les collisions avec les navires, le bruit sous-marin et les sonars militaires, soupçonnés dans certains échouages massifs, l'accumulation de contaminants persistants comme les PCB, le DDT et le mercure, et les effets du réchauffement, qui semble déplacer l'aire de l'espèce vers le nord. Les petites populations insulaires résidentes de Madère et des Canaries, comptant de quelques centaines à quelques dizaines d'animaux, sont particulièrement vulnérables au trafic maritime et au dérangement. Le globicéphale tropical figure à l'annexe II de la CITES et à l'annexe II du protocole SPAW pour la Caraïbe ; il est protégé aux États-Unis par le Marine Mammal Protection Act et, dans les Antilles françaises, bénéficie du cadre du sanctuaire Agoa.
Les meilleurs sites d'observation sont ceux qui abritent des populations résidentes. Aux Canaries, le sud-ouest de Tenerife et le détroit séparant l'île de La Gomera offrent l'une des rares possibilités au monde de rencontrer l'espèce toute l'année, à faible distance de la côte ; Madère, où vit une petite population insulaire résidente, et les eaux hawaïennes constituent d'autres hauts lieux. Dans les eaux françaises, ce sont les Antilles qui concentrent les observations : le sanctuaire Agoa mène depuis avril 2021 des campagnes en mer par transects, notamment dans le cadre du projet régional CARI'MAM, et l'espèce y est rencontrée régulièrement au large des côtes sous le vent de la Guadeloupe et de la Martinique. Les groupes se repèrent à leur immobilité en surface, à l'alignement serré des dos et à la silhouette très caractéristique de la dorsale, large et rejetée en avant.
L'observation doit rester respectueuse : les groupes au repos sont particulièrement sensibles au dérangement, et les populations résidentes cumulent la pression d'un trafic maritime inter-îles intense et celle d'activités d'observation parfois mal encadrées. Dans les eaux françaises des Antilles, l'approche des mammifères marins est interdite à moins de 300 mètres, des dérogations jusqu'à 100 mètres n'étant possibles que sous conditions strictes, dans un cadre commercial, scientifique ou pédagogique. La règle de bon sens reste la même partout : ne jamais couper la route d'un groupe, ne pas s'intercaler entre une femelle et son petit, limiter la durée d'approche et laisser les animaux décider de la rencontre.
Les deux espèces se ressemblent au point d'être quasi indiscernables en mer. Le globicéphale tropical a des pectorales plus courtes (environ un sixième de la longueur du corps contre un cinquième), moins de dents (7 à 9 par demi-mâchoire) et un rostre plus court et plus large. Le critère le plus fiable reste géographique : le tropical occupe les eaux chaudes, le commun les eaux tempérées froides et la Méditerranée.
Les mâles mesurent couramment 4 à 6 m et atteignent exceptionnellement 7,2 m ; les femelles font 3 à 5 m, jusqu'à 5,5 m. La taille dépend beaucoup de la forme géographique : les mâles du type « Shiho » du Pacifique nord mesurent 5 à 6 m et les femelles 4 à 5 m, contre 4 à 5 m et 3 à 4 m respectivement chez le type « Naisa », plus répandu. Le nouveau-né mesure 1,4 à 1,9 m pour une soixantaine de kilos.
Oui, mais surtout outre-mer. L'espèce est commune et résidente aux Antilles françaises, dans le sanctuaire Agoa, et elle est également signalée à La Réunion et en Polynésie française. En métropole, elle est absente de Méditerranée et seulement exceptionnelle sur la façade atlantique : la première mention française correspond à un échouage sur l'île de Ré en mai 1966.
Ses plongées alimentaires atteignent couramment 600 à 700 m pour une quinzaine de minutes. La plongée la plus profonde documentée est de 1 018 m, d'une durée de 21 minutes. L'espèce est surnommée « guépard des profondeurs » en raison des sprints qu'elle effectue en fin de descente pour capturer de gros calmars.
Leurs groupes sont matrilinéaires et extrêmement soudés, mâles et femelles restant le plus souvent toute leur vie auprès de leurs apparentés. Lorsqu'un individu s'échoue ou se désoriente, les autres tendent à le suivre, ce qui transforme un incident individuel en échouage collectif. Maladies, proliférations d'algues toxiques et expositions à des sons intenses figurent parmi les facteurs déclenchants étudiés.
Oui. Les femelles cessent de se reproduire vers 40 ans alors qu'elles peuvent vivre jusqu'à une soixantaine d'années. Le globicéphale tropical est l'un des très rares mammifères, avec l'orque notamment, à présenter une longue vie post-reproductive ; les femelles âgées continuent d'accompagner le groupe et peuvent allaiter très tardivement leur dernier petit.
Au niveau mondial, elle est classée en préoccupation mineure par l'UICN depuis l'évaluation de 2018, avec un effectif estimé autour de 700 000 individus. Elle reste toutefois exposée aux captures accidentelles, à une chasse dirigée au Japon et dans les Petites Antilles, aux collisions, au bruit sous-marin et aux contaminants ; en Martinique et en Guadeloupe, les listes rouges régionales la classent quasi menacée. Les petites populations insulaires résidentes, comme celles de Madère et des Canaries, sont les plus fragiles.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 1 535 observations géolocalisées de Globicephala macrorhynchus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Spain | 667 |
| United States of America | 368 |
| Portugal | 215 |
| Mexico | 34 |
| Chinese Taipei | 34 |
| Ecuador | 33 |
| Australia | 31 |
| Indonesia | 27 |
| Japan | 22 |
| Timor-Leste | 14 |

Répartition mensuelle de 1 566 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en octobre.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 95 |
| février | 126 |
| mars | 134 |
| avril | 107 |
| mai | 112 |
| juin | 101 |
| juillet | 152 |
| août | 207 |
| septembre | 122 |
| octobre | 218 |
| novembre | 113 |
| décembre | 79 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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