| Nom scientifique | Stenella attenuata (Gray, 1846) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin tacheté, dauphin douteux, dauphin à taches (français) ; pantropical spotted dolphin, spotted porpoise, bridled dolphin, narrow-snouted dolphin (anglais) |
| Taille | 1,6 à 2,6 m à l'âge adulte (environ 80-90 cm à la naissance) |
| Poids | Environ 90 à 120 kg ; le poids maximal enregistré dans la littérature est de 119 kg (mâle de 2,57 m) |
| Longévité | De l'ordre de 40 ans ; le maximum documenté est d'environ 46 ans |
| Régime | Poissons et céphalopodes mésopélagiques (calmars, poissons-lanternes), poissons de surface tels que poissons volants et maquereaux |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2018 (Kiszka & Braulik), toujours en vigueur dans l'édition courante de la Liste rouge (version 2026-1, juillet 2026). Aucune sous-population n'est évaluée séparément, mais les stocks « northeastern offshore » et « coastal » du Pacifique oriental tropical sont classés « depleted » (appauvris) par les États-Unis au titre du Marine Mammal Protection Act. |
Le dauphin tacheté pantropical est l'un des delphinidés les plus abondants des eaux chaudes du globe, présent dans les trois océans entre environ 40° N et 40° S. Silhouette élancée, rostre fin à l'extrémité blanche et mouchetures qui s'accumulent avec l'âge le caractérisent. Classé en Préoccupation mineure par l'UICN, il reste étroitement associé à l'histoire de la pêche thonière à la senne du Pacifique oriental tropical.
De taille moyenne pour un dauphin océanique, le dauphin tacheté pantropical mesure généralement entre 1,6 et 2,6 m et pèse de 90 à 120 kg, le poids maximal enregistré étant de 119 kg pour un mâle de 2,57 m. Le corps est fuselé, nettement plus fin que celui du grand dauphin, et se prolonge par un rostre long et étroit dont l'extrémité est le plus souvent blanche, un caractère très utile sur le terrain. Un sillon marqué sépare le melon du rostre. La nageoire dorsale, haute et falciforme, compte parmi les plus effilées du groupe. La coloration se décompose en trois zones : une cape dorsale gris foncé qui descend en pointe sur les flancs, des flancs gris moyen et un ventre clair. Une fine ligne sombre relie le rostre à l'œil. Chaque demi-mâchoire porte de 35 à 48 dents coniques, adaptées à la saisie de proies glissantes.
Les taches, qui donnent son nom à l'espèce, sont absentes à la naissance. Des mouchetures sombres apparaissent d'abord sur les parties claires vers le sevrage, puis des taches pâles se développent sur la cape à l'approche de la maturité. Les animaux âgés peuvent sembler presque uniformément grisonnants. L'intensité du moucheté varie fortement selon les régions : très marquée chez les populations côtières du Pacifique oriental, intermédiaire au large du Japon et dans l'est de l'océan Indien, quasi nulle autour d'Hawaï.
La confusion la plus fréquente concerne le dauphin tacheté de l'Atlantique (Stenella frontalis), limité aux eaux chaudes de l'Atlantique : il est plus trapu, son rostre est plus court et plus épais, sa tête plus arrondie, et son moucheté d'adulte plus envahissant. Le dauphin à long bec (Stenella longirostris), souvent rencontré en groupes mixtes, se distingue par un rostre encore plus fin, une dorsale plus droite et ses sauts en vrille caractéristiques. Les juvéniles non tachetés peuvent enfin être pris pour de jeunes grands dauphins.
Stenella attenuata appartient à la famille des Delphinidae et à la sous-famille des Delphininae. L'espèce a été décrite par le zoologiste britannique John Edward Gray sous le nom de Steno attenuatus, à partir d'un spécimen conservé au British Museum ; la localité type, désignée a posteriori, est le cap Horn, très éloignée de l'aire réelle de l'espèce. De nombreux noms ont circulé avant la stabilisation du genre Stenella au XXe siècle, parmi lesquels Delphinus pernettyi, Delphinus velox et Prodelphinus attenuatus.
Deux sous-espèces sont aujourd'hui reconnues : Stenella attenuata attenuata, forme océanique répandue dans l'ensemble des mers chaudes, et Stenella attenuata graffmani, forme côtière du Pacifique oriental tropical, plus fortement tachetée. Le genre Stenella est reconnu comme paraphylétique par les travaux moléculaires, mais le comité de taxonomie de la Society for Marine Mammalogy a choisi de ne pas modifier la nomenclature tant que la position des genres « problématiques » de dauphins n'aura pas été clarifiée.
L'espèce occupe les eaux tropicales et subtropicales de l'Atlantique, de l'océan Indien et du Pacifique, grossièrement entre 40° N et 40° S, ainsi que la mer Rouge et le golfe Persique. Elle recherche des eaux dont la température de surface dépasse généralement 25 °C et fréquente surtout le large, les talus continentaux et les pentes insulaires ; la sous-espèce côtière graffmani fait exception, cantonnée à une bande côtière de moins de 200 km de large, du sud du Mexique au Pérou (la forme océanique, elle, se concentre là où la couche mélangée est peu profonde et la thermocline marquée, vers 50 m ou moins).
En France, le dauphin tacheté pantropical est une espèce exclusivement ultramarine : il est absent des eaux métropolitaines (Manche, golfe de Gascogne, Méditerranée), situées au-delà de sa limite thermique. Il est en revanche régulièrement observé aux Antilles françaises, en Guyane, à La Réunion, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, ainsi que dans les îles Éparses. Dans la Caraïbe, il figure parmi les dauphins les plus fréquemment rencontrés au large des pentes insulaires. Autour de La Réunion, où il fréquente les eaux profondes plutôt que la côte, une première estimation situe la population aux alentours de 4 400 individus. Ailleurs, le nord du golfe du Mexique héberge environ 37 200 individus selon les évaluations américaines, et l'archipel hawaïen abrite un stock pélagique auquel s'ajoutent trois stocks insulaires distincts (Oʻahu, groupe des quatre îles, île d'Hawaï).
Espèce très grégaire, le dauphin tacheté pantropical se rencontre le plus souvent en groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines d'individus, des rassemblements du millier n'étant pas rares au large ; la forme côtière du Pacifique oriental forme au contraire de petites unités d'une cinquantaine d'animaux. Les associations interspécifiques sont fréquentes, notamment avec le dauphin à long bec, le sténo ou dauphin à bec étroit (Steno bredanensis), le globicéphale tropical et le péponocéphale.
Le régime alimentaire est dominé par les poissons et les céphalopodes mésopélagiques, complétés par des proies de surface comme les poissons volants et les maquereaux. Le rythme d'activité suit la migration verticale du micronecton : les animaux se nourrissent surtout la nuit, lorsque les proies remontent, et passent la journée dans la couche superficielle, entre une centaine et trois cents mètres. Des plongées de l'ordre de 200 m, d'une durée de trois à quatre minutes, ont été documentées. Dans le Pacifique oriental tropical, l'espèce s'associe durablement aux bancs de thon à nageoires jaunes, une relation qui a eu de lourdes conséquences pour elle.
La reproduction s'étale sur toute l'année, sans saison de mise bas strictement définie, mais avec deux à trois pics faiblement marqués (notamment au printemps et à l'automne dans le Pacifique oriental tropical). La gestation dure environ onze mois et donne un unique nouveau-né de 80 à 90 cm. L'allaitement se poursuit jusqu'à deux ans, bien que les jeunes commencent à consommer des proies solides dès trois à six mois. L'intervalle entre deux naissances varie de 2,5 à 4 ans selon les populations. La maturité sexuelle est atteinte vers 9 ans chez les femelles et 12 ans chez les mâles, certaines sources retenant une moyenne d'environ 11 ans. La longévité avoisine 40 ans, le plus vieil individu documenté atteignant environ 46 ans. Nageur rapide et acrobate, l'espèce enchaîne sauts et sorties de l'eau et communique par sifflements individualisés et trains de clics.
La Liste rouge de l'UICN classe Stenella attenuata en Préoccupation mineure (LC) sur la base de l'évaluation mondiale de 2018, toujours en vigueur. Les estimations disponibles totalisent plus de 2,5 millions d'individus, plusieurs régions océaniques n'ayant pas encore été évaluées ; les prélèvements connus hors Pacifique oriental ne permettent pas de conclure à une réduction mondiale atteignant le seuil de 30 % retenu par les critères de la Liste rouge.
Ce statut favorable masque une histoire lourde. Dans le Pacifique oriental tropical, la pratique consistant à encercler à la senne les bancs de dauphins pour capturer les thons qui nagent en dessous a provoqué la plus forte mortalité de mammifères marins jamais attribuée à une pêcherie. Le stock « northeastern offshore » aurait décliné d'environ 76 % au cours des trois dernières générations, soit près de soixante-dix ans ; ce déclin a cessé, mais le stock reste officiellement considéré comme appauvri par les États-Unis, au même titre que le stock côtier de la même région. Le Marine Mammal Protection Act (1972), le label Dolphin Safe (1990), l'accord de La Jolla (1992) puis l'Accord relatif au Programme international pour la conservation des dauphins ont fait chuter la mortalité de l'ordre de 130 000 individus en 1986 à moins d'un millier au milieu des années 2020, sans que la récupération démographique attendue soit pleinement observée.
Les menaces actuelles sont les captures accidentelles dans les filets maillants, les chaluts et les palangres, ainsi que des captures dirigées : le Japon a prélevé en moyenne 71 individus par an entre 2010 et 2019, et l'espèce est chassée pour la consommation en Indonésie, aux Philippines, dans certaines îles du Pacifique et de la Caraïbe. Le nourrissage et le harcèlement illégaux posent problème à Hawaï. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et à l'Annexe II du Protocole SPAW depuis 1991 ; en France, elle est intégralement protégée par le droit national et européen, qui interdit sa capture, sa perturbation intentionnelle et son exploitation commerciale.
Dans les eaux françaises, l'espèce s'observe uniquement outre-mer : Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française. Les rencontres ont lieu au large, souvent au-dessus des pentes insulaires et des grands fonds, et sont possibles toute l'année sous ces latitudes. Le comportement facilite le repérage : sauts hauts, gerbes d'eau, groupes compacts et actifs en surface, et une propension marquée à venir surfer sur la vague d'étrave des navires. La présence d'oiseaux marins en chasse ou d'autres cétacés, notamment des dauphins à long bec, constitue un bon indice.
L'observation responsable suppose d'approcher lentement et par le côté, jamais de front ni en coupant la route du groupe, de limiter la durée de la rencontre, de ne jamais séparer un jeune de sa mère et de s'éloigner à la moindre réaction d'évitement. La mise à l'eau et le nourrissage sont à proscrire : outre le stress imposé aux animaux, ils sont susceptibles de constituer une perturbation intentionnelle, interdite par la réglementation française. Le recours à un opérateur signataire d'une charte locale d'approche des cétacés est la meilleure garantie d'une observation respectueuse.
Le dauphin tacheté pantropical est plus élancé, avec un rostre long, fin et généralement blanc à son extrémité. Le dauphin tacheté de l'Atlantique (Stenella frontalis) est plus trapu, sa tête plus arrondie, son rostre plus court et plus épais, et son moucheté d'adulte plus envahissant. La répartition aide aussi : Stenella frontalis est cantonné aux eaux chaudes de l'Atlantique, alors que le dauphin tacheté pantropical fréquente les trois océans.
Non. L'espèce recherche des eaux dont la température de surface dépasse généralement 25 °C et se cantonne approximativement entre 40° N et 40° S. La Manche, le golfe de Gascogne et la Méditerranée sont hors de son aire de répartition. En France, elle ne s'observe que dans les eaux ultramarines tropicales : Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et îles Éparses.
Dans le Pacifique oriental tropical, les groupes de dauphins tachetés pantropicaux s'associent durablement aux bancs de thon à nageoires jaunes, probablement parce que les deux espèces exploitent les mêmes ressources. Les senneurs ont longtemps utilisé les dauphins, visibles en surface, pour localiser puis encercler les thons, ce qui a causé une mortalité considérable avant l'entrée en vigueur des mesures de protection.
Non. Les nouveau-nés, longs de 80 à 90 cm, sont dépourvus de taches. Des mouchetures sombres apparaissent sur les parties claires vers le sevrage, puis des taches pâles se développent sur la cape dorsale à l'approche de la maturité sexuelle. Les individus âgés peuvent paraître presque entièrement mouchetés. L'intensité du moucheté varie aussi selon les régions : elle est très marquée chez les formes côtières du Pacifique oriental et quasi nulle autour d'Hawaï.
Il se nourrit surtout de poissons et de céphalopodes mésopélagiques, complétés par des proies de surface comme les poissons volants. L'activité alimentaire est principalement nocturne, lorsque les proies remontent vers la surface ; en journée les animaux se tiennent dans les cent à trois cents premiers mètres. Des plongées d'environ 200 m, d'une durée de trois à quatre minutes, ont été documentées.
Elle est classée en Préoccupation mineure (LC) par l'UICN, avec plus de 2,5 millions d'individus recensés à l'échelle mondiale. Certaines populations restent toutefois fragiles : le stock du Pacifique oriental tropical dit « northeastern offshore » aurait décliné d'environ 76 % en trois générations et demeure, comme le stock côtier de la même région, officiellement considéré comme appauvri par les États-Unis. Captures accidentelles dans les engins de pêche et chasses dirigées dans plusieurs régions constituent les principales pressions actuelles.
La longévité se situe de l'ordre de 40 ans. Le plus vieil individu documenté atteignait environ 46 ans. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 9 ans et les mâles vers 12 ans, avec un intervalle de 2,5 à 4 ans entre deux naissances selon les populations.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 2 217 observations géolocalisées de Stenella attenuata sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Mexico | 556 |
| Costa Rica | 270 |
| France | 243 |
| United States of America | 93 |
| Panama | 75 |
| Chinese Taipei | 43 |
| Guatemala | 42 |
| Ecuador | 39 |
| Martinique | 29 |
| unknown or invalid | 29 |

Répartition mensuelle de 2 236 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en janvier.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 434 |
| février | 292 |
| mars | 247 |
| avril | 224 |
| mai | 141 |
| juin | 62 |
| juillet | 88 |
| août | 84 |
| septembre | 48 |
| octobre | 413 |
| novembre | 94 |
| décembre | 109 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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