| Nom scientifique | Stenella frontalis (G. Cuvier, 1829) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin de Pernetty, dauphin du Gulf Stream, dauphin bridé ; Atlantic spotted dolphin (anglais) ; décrit à l'origine sous le nom de Delphinus frontalis. |
| Taille | 1,6 à 2,3 m à l'âge adulte (nouveau-né : 0,8 à 1,2 m) |
| Poids | 100 à 143 kg |
| Longévité | Mal établie ; une vingtaine d'années est citée dans les compilations, mais des individus identifiés aux Bahamas ont été suivis plus de trente ans |
| Régime | Poissons de petite taille (bancs pélagiques au large, poissons benthiques et récifaux près des côtes), céphalopodes (calmars, poulpes) et invertébrés benthiques |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation de 2018 (Braulik & Jefferson) ; l'espèce était auparavant classée « données insuffisantes » (DD), statut encore relayé par certaines fiches anciennes |
Le dauphin tacheté de l'Atlantique est un delphinidé de taille moyenne endémique de l'océan Atlantique tempéré chaud et tropical, où il fréquente surtout le plateau continental et ses abords. Sa livrée évolue avec l'âge : unie pendant les premières années, elle se couvre progressivement de taches claires sur le dos et sombres sur le ventre, au point que les vieux adultes paraissent presque marbrés. Classé en préoccupation mineure par l'UICN, il est présent dans les eaux françaises des Antilles et de Guyane, mais absent de Méditerranée.
Le dauphin tacheté de l'Atlantique est un delphinidé robuste et compact, plus massif que la plupart de ses congénères du genre Stenella. Les adultes mesurent de 1,6 à 2,3 m pour 100 à 143 kg, les plus grands individus mesurés atteignant environ 2,26 m chez les mâles et 2,29 m chez les femelles. La variabilité géographique est marquée : un mâle des Açores mesurait 1,66 m, une femelle du Panama 2,29 m. Le rostre est long, étroit et bien détaché du melon ; la nageoire dorsale, falciforme, est haute, à base large et à extrémité arrondie ; les pectorales sont pointues. La mâchoire supérieure porte 32 à 42 paires de petites dents coniques, la mâchoire inférieure 30 à 40 paires.
La livrée de base est tricolore : cape dorsale gris foncé, flancs gris moyen, ventre blanchâtre. Le caractère le plus utile sur le terrain est la « flamme » claire qui remonte du flanc gris et pénètre la cape sombre en direction de la nageoire dorsale. Les taches, elles, n'apparaissent pas à la naissance : les nouveau-nés sont unis et le restent plusieurs années. Le mouchetage ne se développe qu'autour du sevrage, entre deux et quatre ans (les jeunes non tachetés, dits « bicolores », le demeurent jusque vers quatre ans), d'abord sous forme de points sombres sur le ventre, puis sur les flancs ; il s'étend et s'intensifie ensuite tout au long de la vie, passant par des stades successifs, moucheté (environ 4 à 9 ans), marbré (environ 10 à 16 ans), puis fusionné (à partir de 16 ans environ), jusqu'à donner aux vieux animaux une apparence sombre criblée de points clairs. Le motif de taches, propre à chaque individu, est stable dans le temps et sert de base à la photo-identification.
Les confusions sont fréquentes. Le dauphin tacheté pantropical (Stenella attenuata), sympatrique sur une partie de l'aire, est plus élancé et plus fin ; les juvéniles non tachetés des deux espèces sont pratiquement indiscernables en mer. Un jeune dauphin tacheté de l'Atlantique, encore uni, peut aussi être pris pour un grand dauphin (Tursiops truncatus) de petite taille, ce dernier étant toutefois plus grand et au rostre plus court. Le dauphin à long bec (S. longirostris), le dauphin bleu et blanc (S. coeruleoalba, dépourvu de taches) et le dauphin de Clyméné (S. clymene) complètent la liste des sosies possibles.
Décrite par Georges Cuvier en 1829 sous le nom de Delphinus frontalis, l'espèce appartient à la famille des Delphinidae et à la sous-famille des Delphininae. Aucune sous-espèce n'est formellement reconnue à ce jour, mais deux formes morphologiquement distinctes sont couramment décrites et pourraient à terme recevoir un statut taxonomique : une forme de plateau continental, grande et fortement tachetée, cantonnée à l'intérieur ou au voisinage de l'isobathe des 200 m, et une forme insulaire et hauturière, plus petite et moins tachetée ; cette seconde forme n'est pas connue du golfe du Mexique.
Le genre Stenella lui-même pose problème : les travaux moléculaires montrent qu'il n'est pas monophylétique, tout comme Tursiops, et aucune solution phylogénétique satisfaisante ne s'impose encore. Le comité de taxonomie de la Society for Marine Mammalogy a choisi de maintenir provisoirement la nomenclature en vigueur tant que des études morphologiques et génétiques plus décisives n'auront pas tranché le sort de ces genres « problématiques ».
L'espèce est strictement atlantique. Son aire s'étend approximativement entre 50°N et 25°S, dans les eaux tempérées chaudes et tropicales. Dans l'Atlantique Ouest, elle est signalée de la Nouvelle-Angleterre méridionale et du cap Cod jusqu'au sud du Brésil (Rio Grande do Sul), avec de fortes concentrations dans le golfe du Mexique et sur les bancs des Bahamas. Dans l'Atlantique Est, elle est régulière autour des Açores, de Madère, des Canaries et de Sainte-Hélène, ainsi que le long des côtes d'Afrique de l'Ouest jusqu'au Gabon. Elle est absente de la mer Méditerranée.
L'habitat de prédilection correspond au plateau continental et à ses marges, par 20 à 250 m de fond, y compris à 250-350 km de la côte ; aux Bahamas, les animaux exploitent aussi des fonds sableux très peu profonds, de 6 à 12 m. La distribution est influencée par les masses d'eau chaudes, en particulier le Gulf Stream, le long duquel des observations sont régulièrement faites.
En France, le dauphin tacheté de l'Atlantique fréquente les eaux ultramarines atlantiques : Antilles françaises, où il figure parmi les plus de vingt espèces de cétacés recensées dans le sanctuaire Agoa (23 selon le sanctuaire, 26 selon l'OFB), et Guyane. Les sources françaises divergent sur son statut en métropole : le portail de l'Office français de la biodiversité le mentionne dans les espaces maritimes de métropole et d'outre-mer, tandis que les synthèses d'observation le considèrent comme cantonné aux outre-mer atlantiques. Il n'est en tout état de cause pas une espèce commune des côtes métropolitaines.
Grégaire, le dauphin tacheté de l'Atlantique vit en groupes dont la taille varie fortement selon l'habitat : 5 à 15 individus près des côtes, 25 à 50 au large, avec des rassemblements dépassant occasionnellement 200 animaux. Les associations mixtes avec le grand dauphin sont fréquentes et donnent lieu à des interactions parfois vives, incluant poursuites et morsures, comportements plus rares entre congénères, où l'intimidation visuelle domine.
L'espèce est réputée pour son activité de surface : nage rapide, sauts répétés, acrobaties et étrave de bateaux. Les plongées ordinaires sont peu profondes, de l'ordre de 10 m pour moins de deux minutes ; les maxima rapportés se situent autour de 40 à 60 m, avec des apnées pouvant atteindre six à dix minutes selon les sources.
Le régime alimentaire reflète l'habitat. Les groupes côtiers consomment poissons benthiques et récifaux, crustacés et invertébrés, et il leur arrive de fouiller le sable du rostre pour débusquer des proies enfouies. Les groupes hauturiers exploitent les bancs de poissons pélagiques, harengs, anchois, sardines, maquereaux, et les calmars. La chasse est souvent coopérative, le groupe encerclant les bancs, et une part de l'activité alimentaire se déroule de nuit. Les régurgitations recueillies lors des suivis livrent becs de calmars et vertèbres de poissons, précieux pour reconstituer le menu.
Le répertoire acoustique associe clics d'écholocation, sifflements et sons pulsés en salves ; une dizaine de types vocaux ont été décrits, dont des sifflements signature utilisés notamment pour engager le contact. Les émissions de bulles participent aussi à la communication.
La gestation dure 11 à 12 mois et donne un petit unique, mis bas entre le printemps et l'automne, de mai à septembre selon les données françaises. L'intervalle entre deux naissances est en moyenne de trois à quatre ans, des valeurs de un à cinq ans étant rapportées. L'allaitement se prolonge d'un an à plusieurs années, et le jeune reste associé à sa mère jusque vers trois à cinq ans, la femelle étant relayée par d'autres membres du groupe ; c'est également autour du sevrage qu'apparaissent les premières taches. La maturité sexuelle est atteinte entre 8 et 15 ans. La longévité maximale reste mal connue : NOAA Fisheries indique qu'elle n'est pas établie, les compilations avancent une vingtaine d'années, et le suivi photo-identifié mené aux Bahamas depuis 1985 a permis de reconnaître les mêmes individus pendant plus de trente ans, sur quatre générations et plus de 220 animaux catalogués. Les principaux prédateurs naturels sont les grands requins (requin-tigre, requin bouledogue) et l'orque.
Ce suivi de long terme a aussi documenté un épisode remarquable : en 2013, environ la moitié de la communauté résidente du Little Bahama Bank a quitté ses eaux habituelles pour s'installer quelque 160 km plus au sud, sur le Great Bahama Bank, au large de Bimini. Ce déplacement a suivi une baisse marquée de la température de surface et de la chlorophylle a, suggérant un effondrement local du réseau trophique ; l'intégration sociale avec la communauté résidente locale s'est faite lentement.
La Liste rouge de l'UICN classe Stenella frontalis en préoccupation mineure (LC), au titre de l'évaluation de 2018 conduite par G. Braulik et T. A. Jefferson. Ce statut succède à un classement antérieur en « données insuffisantes » (DD), encore repris par plusieurs fiches non mises à jour et par certaines listes rouges nationales. Aucune estimation d'effectif mondial n'est disponible. Les évaluations régionales les plus solides proviennent des États-Unis, où NOAA Fisheries retient environ 31 500 individus pour le stock de l'Atlantique Nord-Ouest et environ 21 500 pour celui du nord du golfe du Mexique, l'effectif du stock de Porto Rico et des îles Vierges américaines restant inconnu.
Les menaces identifiées sont d'abord halieutiques : captures accidentelles dans les filets maillants de fond et dérivants, les palangres pélagiques et les chaluts à crevettes, avec des cas documentés au large du Brésil, du Venezuela et de l'Afrique de l'Ouest. Des prélèvements directs, par harpon ou filet, subsistent dans certaines îles de la Caraïbe, en Amérique du Sud et en Afrique de l'Ouest. S'y ajoutent le bruit sous-marin d'origine humaine, qui masque la communication et l'écholocation et peut provoquer des pertes auditives, ainsi que le nourrissage illégal et le harcèlement par les usagers de la mer, qui font perdre aux animaux leur méfiance naturelle.
L'espèce est inscrite à l'annexe II de la CITES et à l'annexe II du protocole SPAW pour la grande région Caraïbe ; elle relève également du protocole d'accord de la CMS pour la conservation des mammifères marins d'Afrique de l'Ouest et de Macaronésie. Aux États-Unis, elle est protégée par le Marine Mammal Protection Act. En France, il s'agit d'une espèce protégée et réglementée ; dans les Antilles françaises, elle bénéficie du sanctuaire Agoa, aire marine protégée de 143 256 km² créée en 2010 et reconnue zone spécialement protégée au titre du protocole SPAW en 2012. Sa très forte mortalité en bassin explique qu'elle ne soit pas maintenue en delphinarium.
Curieux et démonstratif, le dauphin tacheté de l'Atlantique compte parmi les delphinidés les plus faciles à observer là où il est présent : il vient volontiers à l'étrave des bateaux, saute et surfe dans le sillage. Dans l'Atlantique Nord-Est, les Açores, Madère et les Canaries constituent les meilleurs secteurs ; la saison diffère d'un archipel à l'autre, l'espèce y étant signalée plutôt de l'automne à la fin du printemps aux Canaries, et du printemps à l'automne à Madère. Aux Bahamas, les bancs sableux peu profonds offrent des conditions d'observation exceptionnelles, qui ont permis quarante ans de recherche sous-marine continue. Dans les eaux françaises, c'est aux Antilles, Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, et en Guyane qu'il faut chercher l'espèce ; elle est en revanche absente de Méditerranée.
L'observation est strictement encadrée. Dans le sanctuaire Agoa, l'approche volontaire des cétacés à moins de 300 m est interdite, y compris sous la surface (plongeurs) et au-dessus (drones). La nage avec les cétacés, la mise à l'eau, le contact, le nourrissage et l'émission de bruits en présence des animaux sont proscrits. Seuls les opérateurs formés par le sanctuaire et titulaires d'une dérogation peuvent s'approcher jusqu'à 100 m, en respectant des règles précises d'approche et d'observation. Ailleurs, les bonnes pratiques restent les mêmes : laisser l'initiative aux animaux, ne jamais couper la route d'un groupe ni séparer une femelle de son petit, limiter la durée d'observation et ne rien donner à manger. Un jeune dauphin tacheté encore dépourvu de taches, ce qui reste le cas jusque vers quatre ans, se confondant aisément avec d'autres espèces, la photographie du flanc et de la dorsale reste le meilleur moyen de confirmer une identification, et alimente utilement les bases de données naturalistes.
Le dauphin tacheté de l'Atlantique est nettement plus robuste et trapu, avec un rostre plus épais, tandis que le pantropical (Stenella attenuata) est fin et élancé. Le meilleur indice reste la « flamme » claire qui remonte du flanc et pénètre la cape sombre vers la dorsale chez S. frontalis. Attention : les juvéniles non tachetés des deux espèces sont pratiquement impossibles à séparer en mer.
Parce que les taches ne sont pas présentes à la naissance. Les nouveau-nés sont unis et le restent plusieurs années : le mouchetage n'apparaît qu'autour du sevrage, entre deux et quatre ans (phase dite « bicolore » jusque vers quatre ans), d'abord sur le ventre puis sur les flancs, avant de s'étendre et de s'intensifier toute la vie. Un animal sans tache est donc un jeune de moins de quatre ans environ, ou un individu de la forme hauturière, généralement moins tachetée que celle du plateau continental.
L'UICN le classe en préoccupation mineure (LC) depuis l'évaluation de 2018. Ce statut a remplacé un classement antérieur en « données insuffisantes » (DD), que l'on trouve encore sur des fiches non actualisées. Aucun effectif mondial n'est estimé ; les seuls chiffres robustes concernent les eaux américaines, avec environ 31 500 individus dans l'Atlantique Nord-Ouest et 21 500 dans le nord du golfe du Mexique.
L'espèce est absente de la Méditerranée. En France, elle fréquente les eaux ultramarines atlantiques : Antilles françaises, dans le périmètre du sanctuaire Agoa, et Guyane. Elle n'est pas une espèce commune des côtes métropolitaines de l'Atlantique ou de la Manche.
Non. Dans le sanctuaire Agoa, la nage avec les cétacés est interdite, de même que la mise à l'eau, le contact et le nourrissage. L'approche volontaire à moins de 300 mètres est prohibée, y compris pour les plongeurs et les drones ; seuls des opérateurs formés et titulaires d'une dérogation peuvent approcher jusqu'à 100 mètres.
Ses plongées ordinaires sont courtes et peu profondes : environ 10 mètres pour moins de deux minutes. Les profondeurs maximales rapportées se situent autour de 40 à 60 mètres, avec des apnées pouvant atteindre six à dix minutes selon les sources.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 964 observations géolocalisées de Stenella frontalis sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Portugal | 469 |
| United States of America | 227 |
| Spain | 177 |
| Brazil | 19 |
| Bahamas | 11 |
| unknown or invalid | 7 |
| Mexico | 7 |
| Morocco | 7 |
| Cabo Verde | 6 |
| Côte d’Ivoire | 5 |

Répartition mensuelle de 988 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juillet.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 24 |
| février | 39 |
| mars | 64 |
| avril | 52 |
| mai | 83 |
| juin | 95 |
| juillet | 233 |
| août | 168 |
| septembre | 107 |
| octobre | 67 |
| novembre | 33 |
| décembre | 23 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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