| Nom scientifique | Lagenodelphis hosei (Fraser, 1956) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin de Sarawak, dauphin de Bornéo, dauphin à ventre blanc, dauphin à rostre court ; « dauphin cochon » dans les Antilles françaises. En anglais : Fraser's dolphin, Sarawak dolphin, shortsnout dolphin. |
| Taille | Adulte : 2,0 à 2,7 m (mâles jusqu'à 2,7 m, femelles jusqu'à environ 2,6 m) ; nouveau-né : environ 1 m |
| Poids | Adulte : environ 160 à 210 kg (certaines sources donnent une fourchette plus large, de 120 à 210 kg) ; nouveau-né : environ 20 kg |
| Longévité | Au moins 18 ans |
| Régime | Poissons mésopélagiques, calmars et autres céphalopodes, crustacés (crevettes), capturés le plus souvent entre 250 et 500 m de profondeur |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale, évaluation publiée en novembre 2018 dans le cadre de la mise à jour de 35 évaluations de cétacés (statut inchangé par rapport à l'évaluation précédente) ; aucune sous-population n'est évaluée séparément. Statuts régionaux en France d'outre-mer : Préoccupation mineure en Martinique (liste rouge régionale d'avril 2020), Données insuffisantes en Guadeloupe (liste rouge régionale 2021, publiée en janvier 2022) et à La Réunion. |
Seul représentant de son genre, le dauphin de Fraser est un delphinidé trapu des eaux tropicales profondes des trois océans. Décrit en 1956 à partir d'un simple crâne rapporté de Bornéo, il est resté quasiment inconnu des naturalistes jusqu'au début des années 1970. Il se déplace en bancs serrés et très synchronisés pouvant compter plusieurs centaines d'individus, se nourrit en profondeur et reste classé en Préoccupation mineure par l'UICN.
Le dauphin de Fraser se reconnaît d'abord à sa silhouette compacte : un corps épais et fuselé, une tête petite prolongée par un rostre très court mais nettement marqué, et surtout des appendices étonnamment réduits. La nageoire dorsale, petite, triangulaire ou légèrement falciforme, est implantée à mi-dos ; les nageoires pectorales et la caudale paraissent trop petites pour l'animal. Les adultes mesurent de 2,0 à 2,7 m pour un poids généralement compris entre 160 et 210 kg, les mâles étant un peu plus grands et plus lourds que les femelles. À la naissance, le delphineau mesure environ 1 m pour une vingtaine de kilos.
La coloration est caractéristique. Le dos est gris-bleu à gris-brun, le ventre blanchâtre à nettement rosé, d'où le surnom antillais de « dauphin cochon ». Une ligne crème court le long du flanc, doublée en dessous d'une bande sombre qui part du rostre ou de l'œil et se prolonge vers l'arrière du corps. Chez certains mâles, en particulier dans le Pacifique oriental, cette bande s'épaissit et s'assombrit au point de former un masque de « bandit » très contrasté ; elle est plus discrète chez les femelles et les jeunes, et les nouveau-nés sont dans l'ensemble plus ternes. La forme de la dorsale diffère également selon le sexe, plutôt triangulaire chez les mâles, plus falciforme chez les femelles. Les mâchoires portent de nombreuses petites dents coniques : les dénombrements publiés s'étendent de 20 à 44 paires par mâchoire, les valeurs hautes (38 à 44) étant les plus fréquemment citées.
La confusion la plus courante en mer se fait avec le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), qui partage une bande latérale sombre et fréquente les mêmes latitudes. Le rostre beaucoup plus court, la silhouette trapue et la petitesse des pectorales et de la dorsale permettent de trancher dès que l'animal est vu correctement. Les bancs mixtes avec le dauphin d'Électre (Peponocephala electra), très fréquents, compliquent en revanche les comptages : cette dernière espèce est dépourvue de rostre et porte une dorsale nettement plus haute.
L'espèce appartient à la famille des Delphinidae, sous-famille des Delphininae, et constitue à elle seule le genre Lagenodelphis, qui est monospécifique. Ce nom de genre est une contraction de Lagenorhynchus et de Delphinus : il traduit la position intermédiaire que le descripteur attribuait à l'animal entre ces deux genres de delphinidés.
L'histoire de sa description est singulière. Un crâne recueilli en 1895 par Charles E. Hose sur une plage du Sarawak, dans le nord de Bornéo, est déposé au British Museum où il reste inexploité pendant des décennies. Ce n'est qu'en 1956 que le cétologue britannique Francis Charles Fraser l'examine, reconnaît un taxon inédit et publie la description formelle de l'espèce, d'où le binôme Lagenodelphis hosei, qui associe les deux hommes. Il faut ensuite attendre 1971 pour que des spécimens complets soient enfin obtenus, à partir d'animaux échoués ou capturés, et que l'espèce soit documentée en milieu naturel. Aucune sous-espèce n'est reconnue.
Le dauphin de Fraser est une espèce pantropicale, présente dans les eaux chaudes, subtropicales et tropicales des océans Pacifique, Indien et Atlantique, grossièrement entre 30° N et 30° S. Le Pacifique concentre l'essentiel des observations fiables, en particulier le Pacifique tropical oriental, la mer des Philippines et l'archipel hawaïen ; l'espèce est également connue du golfe du Mexique, des Petites Antilles et de plusieurs secteurs de l'océan Indien.
C'est un animal résolument hauturier, associé aux eaux profondes : il fréquente les fonds supérieurs à 500 m et se rencontre le plus souvent au-delà de 1 000 m. Il ne s'approche des côtes que là où le plateau continental est étroit et où la grande profondeur vient au contact de la terre, configuration typique des îles océaniques volcaniques et des zones d'upwelling.
Dans les eaux françaises, l'espèce est présente dans l'ensemble des zones maritimes ultramarines comprises dans sa bande de latitudes, à l'exception de la Guyane et de Clipperton. Elle est observée dans le sanctuaire Agoa, aire marine protégée couvrant la zone économique exclusive des Antilles françaises, et occasionnellement au large de La Réunion, notamment dans le secteur de Saint-Pierre, où elle est régulièrement rencontrée en association avec le dauphin d'Électre.
En France métropolitaine, sa présence est exceptionnelle et ne correspond à aucune population installée. L'événement de référence reste l'échouage collectif de onze individus survenu fin mai 1984 à Tréguier, dans les Côtes-d'Armor : il constitue la première mention européenne de l'espèce, et l'un des squelettes, long de 213 cm, est conservé dans les collections du muséum d'histoire naturelle de La Rochelle. Des échouages ponctuels de ce type ont également été signalés en Écosse, en Uruguay et dans le sud de l'Australie, et sont mis en relation avec des anomalies océanographiques temporaires. Aucune présence régulière n'est documentée en Méditerranée ni dans le golfe de Gascogne.
Le dauphin de Fraser est un prédateur des couches profondes. Son régime associe poissons mésopélagiques, calmars et crustacés, essentiellement capturés entre 250 et 500 m, là où la lumière solaire ne pénètre pratiquement plus et où la chasse repose sur l'écholocation. Des plongées nettement plus profondes sont documentées, au-delà de 600 m et jusqu'à un millier de mètres environ. Les proies sont avalées entières, la denture conique ne servant qu'à les saisir.
C'est l'un des delphinidés les plus grégaires. Les groupes comptent le plus souvent quelques dizaines à quelques centaines d'individus, et des rassemblements de l'ordre du millier ont été rapportés. Ces bancs sont remarquablement serrés et nagent en formation très synchronisée, en « ligne de chœur », les animaux émergeant ensemble dans une gerbe d'écume. La vitesse de déplacement est élevée, de l'ordre de 25 à 30 km/h en fuite. Le comportement vis-à-vis des navires varie selon les régions : farouche et évasif dans une grande partie de l'aire de répartition, la fuite collective d'un banc est un spectacle saisissant, l'espèce se montre plus curieuse ailleurs. Les associations plurispécifiques sont fréquentes, en premier lieu avec le dauphin d'Électre, mais aussi avec le grand dauphin, le dauphin tacheté pantropical, le dauphin longirostre et le faux-orque.
La reproduction reste imparfaitement connue. La maturité sexuelle intervient vers 5 à 8 ans chez la femelle et 7 à 10 ans chez le mâle. La gestation dure de 10 à 12,5 mois selon les sources et aboutit à un petit unique, les naissances étant réparties sur l'année avec un pic saisonnier ; l'intervalle entre deux mises bas est d'environ deux ans. La longévité documentée dépasse 18 ans. Les prédateurs présumés sont l'orque, le faux-orque et les grands requins, mais la prédation n'a jamais été directement observée.
L'espèce est classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN, statut confirmé lors de la mise à jour de novembre 2018 qui a réévalué 35 cétacés sans modifier son classement. Aucune estimation globale d'effectif n'existe. Les chiffres disponibles sont régionaux : au moins 100 000 à 289 000 individus dans le Pacifique tropical oriental, environ 10 000 pour le stock hawaïen, et un effectif très faible d'environ 213 animaux pour le nord du golfe du Mexique ; le stock de l'Atlantique Nord-Ouest n'est pas chiffré. La multiplication des observations depuis les années 1980 suggère que l'espèce est moins rare qu'on ne l'a longtemps pensé, sa discrétion tenant surtout à son habitat hauturier.
Les principales menaces sont les captures accidentelles dans les filets maillants, sennes coulissantes, chaluts, filets dérivants, casiers, palangres et filets anti-requins, ainsi que les opérations de senne tournante sur le thon. S'y ajoutent des chasses dirigées, pour la viande et l'huile, en Indonésie, au Japon, aux Philippines, au Sri Lanka et dans les Petites Antilles. Les pathogènes constituent une menace émergente : un morbillivirus de cétacé inédit a été caractérisé chez un individu échoué à Maui, à Hawaï.
L'espèce figure à l'annexe II de la CITES, à l'annexe II de la Convention sur les espèces migratrices pour les populations d'Asie du Sud-Est, ainsi qu'à l'annexe II du protocole SPAW dans la Caraïbe ; elle relève des mémorandums d'entente sur les cétacés du Pacifique et sur les mammifères aquatiques d'Afrique de l'Ouest. Aux États-Unis, elle est protégée par le Marine Mammal Protection Act. En France, elle bénéficie d'une protection intégrale : capture intentionnelle, perturbation et destruction de l'habitat sont interdites, et les captures accidentelles doivent être déclarées. Au titre des listes rouges régionales françaises, elle est classée en Préoccupation mineure en Martinique (avril 2020) et en Données insuffisantes en Guadeloupe (liste 2021, publiée en janvier 2022) comme à La Réunion.
Observer un dauphin de Fraser suppose de sortir loin des côtes, au-dessus de grands fonds. Dans les eaux françaises, les meilleures chances se situent dans le sanctuaire Agoa, autour de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, et au large de La Réunion, notamment dans le secteur de Saint-Pierre, où les rencontres restent occasionnelles. L'espèce est présente toute l'année dans sa zone tropicale, sans saisonnalité marquée connue.
Les indices de détection sont caractéristiques : un banc dense et compact plutôt qu'une troupe étalée, des surfaçages simultanés et une gerbe d'écume abondante, souvent visible de loin, et fréquemment la présence conjointe de dauphins d'Électre. À l'approche, la silhouette trapue, le rostre très court et la petite dorsale triangulaire lèvent le doute avec le dauphin bleu et blanc.
Ces animaux étant naturellement méfiants, l'approche doit rester prudente. Il convient de couper toute route d'interception, de maintenir une vitesse constante et une distance suffisante, de ne jamais fragmenter un groupe et de renoncer dès que les animaux s'écartent. Dans les eaux sous juridiction française, la perturbation intentionnelle est interdite, et le sanctuaire Agoa encadre spécifiquement les conditions d'approche des mammifères marins.
Parce qu'il vit au large, au-dessus de grands fonds, et qu'il fuit généralement les navires. L'espèce a été décrite en 1956 à partir d'un unique crâne collecté à Bornéo en 1895, et il a fallu attendre 1971 pour disposer de spécimens complets et d'observations en mer. Le nombre d'observations n'a réellement augmenté qu'à partir des années 1980.
Non, pas dans des conditions normales. L'espèce est tropicale et n'a pas de population installée en Manche, en Atlantique ou en Méditerranée. La seule mention marquante est un échouage collectif de onze individus à Tréguier, dans les Côtes-d'Armor, fin mai 1984, qui constitue la première mention européenne de l'espèce.
Les deux espèces portent une bande latérale sombre, mais le dauphin de Fraser a un corps beaucoup plus trapu, un rostre très court, une petite dorsale triangulaire et des nageoires pectorales visiblement réduites. Le dauphin bleu et blanc est plus élancé, avec un rostre allongé et une dorsale plus haute et falciforme.
L'essentiel de son alimentation est capturé entre 250 et 500 m de profondeur, dans la couche mésopélagique où la lumière ne pénètre pratiquement plus. Des plongées plus profondes, au-delà de 600 m et jusqu'à un millier de mètres environ, sont documentées. La chasse y repose sur l'écholocation.
Les bancs comptent le plus souvent de quelques dizaines à quelques centaines d'individus, et des rassemblements approchant le millier ont été rapportés. Ils nagent de façon très synchronisée, en formation serrée. L'association la plus fréquente est celle avec le dauphin d'Électre, mais des groupes mixtes existent aussi avec le grand dauphin, le dauphin tacheté pantropical, le dauphin longirostre et le faux-orque.
Il est classé en Préoccupation mineure par l'UICN, statut confirmé en novembre 2018. En France d'outre-mer, il est classé en Préoccupation mineure sur la liste rouge régionale de Martinique (avril 2020) et en Données insuffisantes en Guadeloupe (liste 2021, publiée en janvier 2022) comme à La Réunion. Aucun effectif mondial n'est établi, mais les estimations régionales sont importantes dans le Pacifique tropical oriental. Les pressions principales restent les captures accidentelles dans les engins de pêche et des chasses dirigées en Indonésie, au Japon, aux Philippines, au Sri Lanka et dans les Petites Antilles.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 100 observations géolocalisées de Lagenodelphis hosei sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Chinese Taipei | 32 |
| Indonesia | 17 |
| Guadeloupe | 8 |
| Australia | 7 |
| Philippines | 6 |
| Timor-Leste | 5 |
| United States of America | 4 |
| Martinique | 3 |
| Saint Lucia | 3 |
| Dominica | 2 |

Répartition mensuelle de 101 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en août.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 5 |
| février | 12 |
| mars | 5 |
| avril | 12 |
| mai | 2 |
| juin | 9 |
| juillet | 12 |
| août | 13 |
| septembre | 6 |
| octobre | 13 |
| novembre | 6 |
| décembre | 6 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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