| Nom scientifique | Stenella clymene (Gray, 1850) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin clymène, sténelle de Clymène. En anglais : Clymene dolphin, short-snouted spinner dolphin, Atlantic spinner dolphin, helmet dolphin, Senegal dolphin. En allemand : Clymene-Delfin. |
| Taille | 1,7 à 2 m (mâles jusqu'à environ 2 m, femelles environ 1,9 m) ; nouveau-né d'environ 1,2 m |
| Poids | 50 à 90 kg selon les sources, le plus souvent 75 à 80 kg ; nouveau-né d'environ 10 kg |
| Longévité | Inconnue ; un individu âgé de 16 ans a été documenté à l'occasion d'un échouage |
| Régime | Petits poissons pélagiques et mésopélagiques (notamment poissons-lanternes, Myctophidae) et céphalopodes, capturés surtout de nuit |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation du 13 février 2018 publiée la même année ; tendance de population inconnue. Aucune sous-population n'est évaluée séparément. Sur les listes rouges régionales françaises, l'espèce est classée « Non évaluée » en Martinique (2020) et en Guadeloupe (2022). |
Le dauphin de Clymène est un petit delphinidé du large, endémique des eaux tropicales et subtropicales de l'océan Atlantique, où il fréquente les fonds océaniques au-delà du plateau continental. Long de 1,7 à 2 m pour 50 à 90 kg, c'est le plus petit représentant du genre Stenella ; sa livrée en trois bandes de gris et de blanc, ses lèvres noires et son rostre court le distinguent de ses cousins. Il constitue le seul cas confirmé de spéciation par hybridation chez un mammifère marin, et reste, malgré un statut mondial de préoccupation mineure, l'un des dauphins océaniques les plus mal connus.
Le dauphin de Clymène est un animal trapu mais élégant, mesurant de 1,7 à 2 m pour une masse comprise selon les sources entre 50 et 90 kg, les valeurs les plus souvent retenues se situant autour de 75 à 80 kg. Sa coloration est étagée en trois niveaux, parfois surnommée « napolitaine » : une cape gris foncé qui court du front à la région caudale et plonge au-dessus des yeux, des flancs gris clair formant une large bande latérale depuis le rostre jusqu'au pédoncule, et une face ventrale blanche. Le rostre est court et nettement séparé du melon par un pli marqué ; ses lèvres et son extrémité sont noires, dessinant une sorte de moustache très caractéristique, tandis qu'une ligne sombre relie l'œil à la nageoire pectorale. La nageoire dorsale, haute et légèrement falciforme, se dresse au milieu du dos. La mâchoire porte de 39 à 52 petites dents coniques de chaque côté, adaptées à la saisie de proies glissantes.
Les confusions sont fréquentes, car trois autres sténelles partagent une partie de son aire. Le dauphin à long bec (Stenella longirostris) est le sosie le plus délicat à écarter : son rostre est nettement plus long et fin, sa dorsale plus droite, presque triangulaire, et ses vrilles aériennes sont bien plus fréquentes et complètes. Le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba) occupe aussi l'Atlantique tropical, mais il est sensiblement plus grand (jusqu'à 2,4-2,6 m) et ses flancs portent des « flammes » claires remontant vers le dos ainsi qu'une bande sombre bien nette allant de l'œil à l'anus, motifs absents chez le dauphin de Clymène. Les dauphins tachetés (Stenella frontalis et Stenella attenuata) se reconnaissent, chez l'adulte, à leur moucheture. À distance, la seule silhouette ne suffit généralement pas : la forme du rostre et le dessin des lèvres noires restent les critères les plus fiables.
Le dimorphisme sexuel est faible. Les nouveau-nés mesurent environ 1,2 m pour une dizaine de kilogrammes, et la maturité sexuelle semble atteinte vers 1,8 m de longueur.
Le dauphin de Clymène appartient à la famille des Delphinidae, sous-famille des Delphininae, et au genre Stenella, qui regroupe également le dauphin à long bec, le dauphin bleu et blanc et les deux dauphins tachetés. Le naturaliste britannique John Edward Gray décrit l'animal au milieu du XIXe siècle ; le binôme aujourd'hui accepté lui est attribué avec la date de 1850. Plusieurs noms ont circulé avant la stabilisation de la nomenclature, parmi lesquels Clymene normalis, Clymenia normalis et Prodelphinus clymene. L'espèce a longtemps été rangée comme simple sous-espèce du dauphin à long bec, avant que les travaux de Perrin et de ses collaborateurs, en 1981, ne rétablissent son rang d'espèce à part entière.
Une découverte génétique majeure a bouleversé la compréhension de ses origines : les analyses publiées en 2014 dans PLoS ONE par Amaral et ses coauteurs ont montré que le dauphin de Clymène est issu d'une hybridation naturelle entre le dauphin à long bec et le dauphin bleu et blanc. Il s'agit du seul cas de spéciation hybride confirmé chez un mammifère marin, phénomène bien documenté chez les plantes, les poissons et les oiseaux mais rarissime chez les mammifères. L'espèce est aujourd'hui génétiquement distincte de ses deux parents, même si de faibles niveaux d'introgression subsistent peut-être. Son nom rend hommage à Clymène, océanide de la mythologie grecque, fille d'Océan et de Téthys.
L'espèce est strictement endémique de l'océan Atlantique. Dans l'Atlantique occidental, elle est signalée depuis le New Jersey, au nord, jusqu'au sud du Brésil, en incluant le golfe du Mexique et l'ensemble de la mer des Caraïbes. Dans l'Atlantique oriental, son aire s'étend du sud du Maroc et de la Mauritanie jusqu'à l'Angola, avec une présence marquée dans le golfe de Guinée et autour des îles du Cap-Vert. Elle est absente de la mer Méditerranée, ce qui l'exclut du champ du sanctuaire Pelagos et des enjeux de conservation méditerranéens.
C'est un dauphin résolument océanique. Il fréquente les eaux profondes situées au-delà du plateau continental, généralement sur des fonds de 250 à 5 000 m, et ne s'aventure qu'exceptionnellement dans les secteurs côtiers peu profonds. Cette écologie pélagique explique en grande partie la rareté des observations et la faiblesse des données disponibles.
En France, la présence documentée concerne exclusivement l'outre-mer atlantique. L'espèce est observée occasionnellement dans les eaux des Antilles françaises, Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, couvertes par le sanctuaire Agoa, aire marine protégée créée le 5 octobre 2010 et reconnue au titre du protocole SPAW de la convention de Carthagène le 23 octobre 2012, qui s'étend sur les 143 256 km² de la zone économique exclusive antillaise et est gérée par l'Office français de la biodiversité. Quelques échouages y ont été enregistrés, de même qu'en Guyane. Aucune présence n'est documentée en Manche, en mer du Nord ni dans le golfe de Gascogne.
Le régime alimentaire associe petits poissons pélagiques et mésopélagiques, les poissons-lanternes de la famille des Myctophidés y tiennent une place notable, et céphalopodes, principalement des calmars. La chasse se déroule surtout de nuit, ou en profondeur dans la zone mésopélagique faiblement éclairée, lorsque les proies de la couche diffusante profonde remontent vers la surface. Des plongées atteignant environ 200 m ont été rapportées. Ce rythme nocturne a une conséquence directe sur sa vulnérabilité : il expose les animaux aux engins de pêche calés ou dérivants la nuit.
L'espèce est grégaire. Les groupes comptent le plus souvent quelques dizaines d'individus, typiquement de quarante à quatre-vingts, mais des rassemblements de quatre à cent cinquante animaux ont été décrits, et exceptionnellement jusqu'à deux cents. Fait remarquable, beaucoup de ces groupes paraissent ségrégués, réunissant des individus de même sexe ou de même classe d'âge. Des associations mixtes sont régulièrement notées avec le dauphin à long bec et le dauphin commun.
Le dauphin de Clymène est acrobatique. Il bondit hors de l'eau et exécute des vrilles autour de son axe longitudinal, comportement partagé avec le dauphin à long bec, mais qu'il pratique de façon moins régulière et moins spectaculaire. Il s'approche volontiers des navires et surfe sur les vagues d'étrave. C'est aussi une espèce très vocale, dont les sifflements se situent dans une plage de 6 à 19 kHz.
La reproduction demeure très mal documentée : la durée de gestation, celle de la lactation et l'âge à la maturité n'ont pas été établis, et l'on suppose seulement qu'ils ne s'écartent guère de ce que l'on connaît chez les autres sténelles. Les femelles mettent bas un seul petit, d'une dizaine de kilogrammes. La longévité n'est pas connue ; un individu de seize ans a été identifié lors d'un échouage.
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe le dauphin de Clymène en préoccupation mineure (LC), sur la base d'une évaluation réalisée le 13 février 2018 et publiée la même année. La tendance de la population est indiquée comme inconnue, et l'évaluation elle-même est présentée comme provisoire, dans l'attente de meilleures données : l'espèce est extrêmement pauvre en informations sur l'ensemble de son aire.
L'effectif mondial n'est pas estimé. Aux États-Unis, la NOAA distingue deux stocks. Celui de l'Atlantique Nord-Ouest est évalué à 21 778 individus, avec un coefficient de variation élevé de 0,72, à partir des campagnes en mer de l'été 2021 ; l'effectif minimal retenu est de 12 622 animaux et le prélèvement biologique potentiel fixé à 126. Le stock du nord du golfe du Mexique est estimé à environ 513 individus, mais les estimations y ont varié fortement d'une campagne à l'autre. Les rencontres étant rares, aucune tendance ne peut être dégagée.
Les menaces identifiées sont d'abord halieutiques. Les captures accidentelles dans les filets maillants dérivants, les sennes tournantes thonières et les palangres pélagiques sont avérées, à une échelle inconnue, dans de nombreuses parties de l'aire. Au Ghana, l'espèce est le cétacé le plus fréquemment capturé accidentellement dans les pêcheries pélagiques. Une chasse dirigée au harpon persiste dans les Petites Antilles, notamment à Saint-Vincent, la viande et l'huile étant destinées à la consommation. S'y ajoutent la pollution chimique par les PCB et les pesticides organochlorés, les risques de pollutions accidentelles liées à l'exploration et à l'exploitation pétrolières et gazières dans le golfe du Mexique et la Caraïbe, et le bruit sous-marin d'origine humaine, qui interfère avec la communication, l'écholocation et l'orientation.
L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES, à l'Annexe II de la Convention de Bonn pour la population ouest-africaine, et à l'Annexe II du protocole SPAW pour la région caraïbe. Elle est protégée par le Marine Mammal Protection Act dans les eaux américaines. En France, elle bénéficie d'une protection intégrale au titre des mammifères marins protégés : la capture, la destruction et la perturbation intentionnelle, y compris la poursuite et le harcèlement, sont interdites. Les listes rouges régionales de Martinique (2020) et de Guadeloupe (2022) la classent en « Non évaluée », faute de données suffisantes.
Observer un dauphin de Clymène relève de la chance et demande de sortir loin des côtes : l'espèce vit sur des fonds de plusieurs centaines à plusieurs milliers de mètres et n'est pratiquement jamais visible depuis le rivage. Les secteurs les plus propices sont les eaux profondes des Petites Antilles, le golfe du Mexique, les abords du Cap-Vert et le golfe de Guinée. Aux Antilles françaises, les sorties d'observation organisées dans le sanctuaire Agoa le rencontrent occasionnellement, le plus souvent au large des tombants.
Sur le terrain, quelques indices aident à trancher : des sauts accompagnés de vrilles moins amples que celles du dauphin à long bec, une dorsale haute et discrètement falciforme, et surtout, si l'animal vient sur l'étrave, la pointe du rostre et les lèvres franchement noires sur un rostre court. Sa petite taille, la plus modeste du genre Stenella, aide également à l'écarter du dauphin bleu et blanc, nettement plus grand. Une photographie de profil est souvent nécessaire pour confirmer l'identification, tant les sténelles se ressemblent en mer.
L'approche doit rester respectueuse. La réglementation française interdit toute perturbation intentionnelle, ce qui inclut la poursuite et le harcèlement. En pratique, il convient de conserver une distance suffisante, de ne jamais couper la route d'un groupe ni le séparer, de maintenir une vitesse lente et constante, de limiter la durée d'observation et de ne pas se mettre à l'eau avec les animaux. Signaler ses observations aux réseaux naturalistes locaux constitue une contribution précieuse, car chaque donnée compte pour une espèce aussi mal documentée.
Oui. Des analyses génétiques publiées en 2014 dans PLoS ONE ont montré qu'il descend d'une hybridation naturelle entre le dauphin à long bec (Stenella longirostris) et le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba). C'est le seul cas de spéciation par hybridation confirmé chez un mammifère marin. L'espèce est aujourd'hui génétiquement distincte de ses deux parents.
Uniquement en outre-mer atlantique. Il est observé occasionnellement dans les eaux des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy), au sein du sanctuaire Agoa, créé le 5 octobre 2010 et reconnu au titre du protocole SPAW le 23 octobre 2012, et des échouages ont été enregistrés en Guyane. L'espèce est absente de la Méditerranée et n'est pas documentée en Manche ni dans le golfe de Gascogne.
Le rostre du dauphin de Clymène est nettement plus court et se sépare du melon par un pli marqué ; ses lèvres et la pointe de son rostre sont noires. Sa nageoire dorsale est moins droite, plus falciforme, que celle du dauphin à long bec, presque triangulaire. Enfin, s'il effectue lui aussi des vrilles en l'air, il le fait moins régulièrement et moins spectaculairement.
La taille est le premier indice : le dauphin de Clymène ne dépasse guère 2 m et 80 kg, alors que le dauphin bleu et blanc atteint 2,4 à 2,6 m et plus de 150 kg. La livrée tranche également : le dauphin bleu et blanc porte sur les flancs des « flammes » claires remontant vers le dos et une bande sombre bien nette allant de l'œil à l'anus, motifs absents chez le dauphin de Clymène, dont la coloration se répartit en trois bandes horizontales et dont les lèvres sont noires.
L'UICN le classe en préoccupation mineure (LC) depuis l'évaluation du 13 février 2018, avec une tendance de population inconnue. Cette évaluation est explicitement considérée comme provisoire, l'espèce étant très pauvre en données. Aucune estimation d'effectif mondial n'existe.
La longévité de l'espèce n'est pas établie ; le plus vieil individu documenté, découvert échoué, avait seize ans. Les plongées rapportées atteignent environ 200 m, en cohérence avec une chasse nocturne sur les proies mésopélagiques qui remontent vers la surface à la tombée du jour.
Les captures accidentelles dans les filets maillants dérivants, les sennes thonières et les palangres pélagiques arrivent en tête ; au Ghana, il est le cétacé le plus souvent capturé dans les pêcheries pélagiques. S'y ajoutent une chasse dirigée au harpon dans les Petites Antilles, la pollution chimique, les risques liés à l'industrie pétrolière et gazière dans le golfe du Mexique et la Caraïbe, ainsi que le bruit sous-marin.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 81 observations géolocalisées de Stenella clymene sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 55 |
| Cabo Verde | 2 |
| Honduras | 2 |
| Barbados | 1 |
| Brazil | 1 |
| Costa Rica | 1 |
| Guinea-Bissau | 1 |
| Mauritania | 1 |
| Mexico | 1 |
| Senegal | 1 |

Répartition mensuelle de 36 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en mai.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 2 |
| février | 1 |
| mars | 2 |
| avril | 6 |
| mai | 7 |
| juin | 2 |
| juillet | 2 |
| août | 2 |
| septembre | 3 |
| octobre | 4 |
| novembre | 5 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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