| Nom scientifique | Delphinus delphis Linnaeus, 1758 |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin commun à bec court ; short-beaked common dolphin (anglais) ; delfín común (espagnol) ; delfino comune (italien). À ne pas confondre avec le « dauphin sablier » (Sagmatias cruciger), espèce antarctique distincte. |
| Taille | 1,8 à 2,6 m selon les sources et les populations (moyenne d'environ 1,8-2 m ; 1,9-2,5 m couramment cité) ; nouveau-né de 70 à 100 cm |
| Poids | Environ 77 kg en moyenne (NOAA) ; fourchette de 80 à 235 kg selon les sources ; les mâles sont légèrement plus lourds que les femelles |
| Longévité | Environ 35 ans (NOAA), jusqu'à 40 ans selon d'autres sources ; dans le golfe de Gascogne, la longévité des femelles est tombée de 24 à 17 ans entre 1997 et 2019 (Observatoire Pelagis) |
| Régime | Petits poissons pélagiques grégaires (sardine, anchois, sardinelle, maquereau, hareng) et céphalopodes ; plus de 90 % de poissons dans les contenus stomacaux méditerranéens ; chasse surtout nocturne, plongées courantes vers 30-70 m, jusqu'à environ 300 m |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale (évaluation 2021, édition 2025-2 de la Liste rouge). Sous-populations évaluées séparément : Méditerranée interne En danger (EN, A2cde;C1, moins de 2 500 individus matures) ; golfe de Corinthe En danger critique (CR) ; sous-espèce de mer Noire Delphinus delphis ponticus Vulnérable (VU) |
Le dauphin commun est un petit delphinidé élancé, immédiatement reconnaissable au dessin en sablier jaune et gris qui orne ses flancs. Grégaire et très actif, il forme des groupes de quelques dizaines à plusieurs milliers d'individus et compte parmi les cétacés les plus abondants de la planète. Classé en Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale, il fait pourtant l'objet de préoccupations aiguës en Méditerranée (sous-population En danger) et dans le golfe de Gascogne, où les captures accidentelles dans les engins de pêche provoquent chaque hiver des échouages massifs sur les côtes françaises.
Le dauphin commun est un delphinidé de taille moyenne, à la silhouette fuselée, au rostre bien marqué et modérément long et au melon plutôt effilé. Les sources concordent sur une taille adulte comprise entre environ 1,8 et 2,6 m : la NOAA retient une moyenne d'environ 1,8 m (6 pieds) pour une fourchette de 1,8 à 2,4 m, plusieurs référentiels européens donnent 1,9 à 2,5 m, le GREC 2 à 2,5 m et l'American Cetacean Society jusqu'à 2,3-2,6 m. Le poids varie fortement selon les sources et les populations : environ 77 kg en moyenne pour la NOAA (170 livres), 80 à 235 kg selon d'autres référentiels, jusqu'à 135 kg pour l'ACS. Les mâles sont légèrement plus grands que les femelles. La mâchoire porte de nombreuses petites dents pointues et emboîtantes : la NOAA indique 40 à 57 paires par mâchoire, d'autres sources jusqu'à 50-60 par demi-mâchoire.
Le critère d'identification décisif reste la livrée. Le dos est gris foncé à presque noir, le ventre blanc, et surtout les flancs portent un motif en sablier (ou en « croix ») formé d'une large plage jaunâtre à ocre en avant de la nageoire dorsale et d'une plage gris-bleu en arrière. L'aileron dorsal, assez haut et triangulaire à falciforme, est souvent marqué d'une tache claire en son centre. Une ligne sombre relie le bec au pectoral. Aucun autre cétacé de l'Atlantique nord-est ou de Méditerranée ne présente ce panneau jaune, qui reste visible même à distance sur un animal en saut.
Les confusions possibles concernent surtout le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), de taille voisine et souvent en groupes actifs, mais dépourvu de plage jaune : il porte à la place une bande sombre flanc-œil-anus et des flancs bleu-gris uniformes. Le dauphin de Risso est nettement plus gris, massif et sans rostre ; le grand dauphin est plus trapu, gris uniforme et à rostre court. Les formes dites « à long bec » (aujourd'hui traitées comme des sous-espèces, voir taxonomie) sont plus ternes, à rostre plus long, et occupent plutôt les eaux côtières.
Delphinus delphis Linnaeus, 1758, famille des Delphinidae, sous-ordre des Odontocètes. La taxonomie du genre Delphinus a beaucoup évolué. Longtemps on a distingué deux espèces : le dauphin commun à bec court (D. delphis) et le dauphin commun à long bec (D. capensis). Les travaux génétiques récents ont montré que les différentes populations « à long bec » ne sont pas apparentées entre elles : il s'agit d'adaptations locales convergentes aux eaux côtières. La classification aujourd'hui suivie ne reconnaît donc plus qu'une seule espèce, Delphinus delphis, avec quatre sous-espèces : D. d. delphis (forme nominale, à répartition circumglobale : Atlantique Est et Ouest, Pacifique, Méditerranée et hémisphère sud), D. d. bairdii (Pacifique Nord-Est, forme à long bec), D. d. ponticus (mer Noire) et D. d. tropicalis (Indo-Pacifique, forme à très long rostre). Cette révision explique que le nom français « dauphin commun à bec court », encore très répandu, tende à être remplacé par le simple « dauphin commun ». Certains textes plus anciens citent encore D. d. capensis comme sous-espèce sud-atlantique : cette combinaison n'est plus retenue par les référentiels récents, notamment WoRMS et le comité de taxonomie de la Society for Marine Mammalogy.
L'espèce occupe les eaux tropicales à tempérées froides des trois grands océans, grossièrement entre 60°N et 50°S. Elle est particulièrement abondante dans l'Atlantique Nord-Est, autour du Japon, au large de la Californie et en Nouvelle-Zélande. En Méditerranée et en mer Noire, en revanche, l'espèce est très fortement réduite par rapport à son abondance historique : la sous-population de Méditerranée interne est En danger et la sous-espèce de mer Noire Vulnérable ; dans le bassin occidental, seule la mer d'Alboran conserve un noyau de population important. Le dauphin commun est avant tout une espèce du large et du talus : la NOAA le situe préférentiellement dans des fonds compris entre environ 90 et 2 000 m, en association avec les rides sous-marines, les monts sous-marins et les zones d'upwelling où les proies se concentrent. Les formes côtières (sous-espèces à long bec) font exception.
En Atlantique Nord-Est, les campagnes SCANS synthétisées par l'OSPAR donnent environ 468 400 individus (CV 33 %) en 2005/2007 et 487 100 (CV 25 %) en 2016, sans déclin détecté entre ces deux estimations. À l'échelle mondiale, un effectif de l'ordre de 6 millions d'individus est couramment avancé, ce qui en ferait le cétacé le plus abondant du monde ; il s'agit d'un simple ordre de grandeur, aucune estimation globale consolidée n'étant disponible.
En France, le dauphin commun est l'un des cétacés les plus fréquents du golfe de Gascogne, où il fréquente le plateau et le talus continental, et il est régulier en Manche occidentale. En Méditerranée française, la situation est inverse : le GREC décrit une espèce absente des régions septentrionales du bassin, quasiment absente des côtes méditerranéennes françaises et seulement exceptionnelle dans le golfe du Lion, alors qu'elle reste bien présente dans le sud-ouest du bassin (mer d'Alboran, hors sous-population de Méditerranée interne) et localement en Méditerranée orientale (Grèce). Dans les outre-mer français, le dauphin commun n'est qu'exceptionnel : le GREC le qualifie de très rare, l'essentiel de la distribution mondiale de l'espèce se situant dans les eaux tempérées et subtropicales des deux hémisphères.
Le dauphin commun se nourrit principalement de petits poissons pélagiques grégaires et de céphalopodes. En Méditerranée, l'analyse de contenus stomacaux rapportée par le GREC montre plus de 90 % de poissons (sardine, sardinelle, anchois). La NOAA indique que les animaux se reposent souvent le jour et chassent la nuit, exploitant la migration nycthémérale du plancton et de ses prédateurs : les plongées alimentaires courantes se font vers 30 m, d'autres travaux retiennent plutôt une profondeur habituelle de l'ordre de 70 m, l'espèce pouvant descendre jusqu'à environ 300 m.
C'est une espèce extrêmement sociale. La NOAA décrit des groupes comptant en moyenne plusieurs centaines d'individus, avec des « méga-bancs » atteignant exceptionnellement 10 000 animaux ; en Méditerranée, le GREC observe plutôt des bandes de 10 à 40 individus. La structure sociale comprend des groupes de nurserie, des groupes de jeunes mâles et des assemblages mixtes. Les dauphins communs sautent beaucoup, accompagnent volontiers l'étrave des navires et coopèrent pour rassembler les bancs de poissons ; ils s'associent parfois à d'autres delphinidés et à des grands cétacés.
Reproduction : la gestation dure 10 à 11 mois et le nouveau-né mesure 70 à 100 cm pour une dizaine de kilos. Le sevrage intervient autour d'un an selon la NOAA, avec une forte variabilité selon les populations (5 à 19 mois selon les études). L'intervalle entre deux naissances est de 2 à 3 ans. L'âge de première reproduction varie selon les études et les régions : la NOAA retient environ 8 ans pour les femelles et 10 ans pour les mâles (fourchette 5-12 ans), tandis que les travaux de l'Observatoire Pelagis sur le golfe de Gascogne indiquent une première reproduction vers 7 ans. En Méditerranée, les naissances ont lieu principalement en été. La longévité est estimée à environ 35 ans par la NOAA, jusqu'à 40 ans selon d'autres sources.
À l'échelle mondiale, Delphinus delphis est classé en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l'UICN (évaluation de 2021, reprise dans l'édition 2025-2 de la Liste rouge). La NOAA souligne que les données sont insuffisantes pour établir une tendance mondiale.
Trois entités régionales sont évaluées séparément et sont bien plus menacées : la sous-population dite « Méditerranée interne » (eaux méditerranéennes à l'est du front d'Almería-Oran, Alboran exclu) est En danger (EN, critères A2cde;C1), avec moins de 2 500 individus matures, un déclin continu estimé à au moins 20 % sur deux générations et une réduction suspectée d'environ 66 % sur trois générations ; la sous-population du golfe de Corinthe (Grèce) est En danger critique (CR), les études par photo-identification n'y recensant qu'une vingtaine d'individus ; la sous-espèce de mer Noire, D. d. ponticus, est Vulnérable (VU), séquelle notamment des chasses industrielles du XXe siècle.
Les menaces documentées sont les captures accidentelles (filets maillants, sennes, chaluts, palangres), les chasses directes encore pratiquées dans quelques régions, la contamination chimique, la réduction des ressources en petits poissons pélagiques et la concurrence avec les pêcheries, ainsi que le dérangement et la pollution sonore.
La France concentre l'un des points noirs mondiaux. Chaque hiver, des centaines à plus d'un millier de dauphins communs s'échouent sur la façade atlantique, avec dans une large majorité des cas des traces d'engins de pêche. Le ministère de la Transition écologique rapporte, pour l'hiver 2023-2024, 624 dauphins communs échoués dont 176 portant des marques d'engins, soit environ 1 450 morts par capture accidentelle estimées entre décembre 2023 et mars 2024, contre une moyenne de 6 100 par an sur 2017-2023, une mortalité « divisée par quatre » après la fermeture spatio-temporelle de 30 jours (22 janvier-20 février 2024) imposée à environ 300 navires de plus de 8 m, mesure reconduite en 2025 et 2026. Le CIEM (ICES) recommande des fermetures aux périodes de pic de mortalité (décembre-mars et juillet-août) et l'usage obligatoire de répulsifs acoustiques. Une étude de l'Observatoire Pelagis (La Rochelle Université-CNRS) montre par ailleurs que la longévité des femelles du golfe de Gascogne est passée de 24 à 17 ans entre 1997 et 2019, soit sept années perdues sous l'effet de la mortalité d'origine humaine. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et protégée en France.
Le dauphin commun est l'une des espèces les plus faciles à rencontrer en mer sur la façade atlantique française : golfe de Gascogne, abords du talus continental, Manche occidentale, avec des observations possibles toute l'année depuis les ferries, les navires de croisière ou les sorties spécialisées. Ses sauts fréquents, sa vitesse et son goût prononcé pour l'étrave des bateaux le rendent très démonstratif ; le panneau jaune du flanc s'aperçoit alors nettement. En Méditerranée française, en revanche, il ne faut pas s'attendre à le voir : les observations y sont rares et il s'agit le plus souvent en réalité de dauphins bleu et blanc, très communs dans le sanctuaire Pelagos.
Sur le plan éthique, il convient de ne jamais poursuivre ni couper la route d'un groupe, de laisser les animaux venir d'eux-mêmes à l'étrave, de maintenir une vitesse constante et de s'éloigner lentement, de ne pas fragmenter un groupe comportant des nouveau-nés, de limiter la durée d'approche et de ne pas se mettre à l'eau avec eux. En France, la perturbation intentionnelle des cétacés est interdite et des règles d'approche encadrent les activités d'observation, notamment dans le sanctuaire Pelagos. Signaler un échouage au Réseau national échouages, coordonné par l'Observatoire Pelagis, constitue une contribution concrète et précieuse au suivi de l'espèce.
Le critère décisif est la plage jaunâtre à ocre présente sur le flanc, en avant de la nageoire dorsale, qui compose avec la plage gris-bleu arrière un dessin en sablier. Le dauphin bleu et blanc n'a jamais de jaune : ses flancs sont gris-bleu uniformes, traversés par une bande sombre allant de l'œil à l'anus. Le dauphin commun a également un rostre un peu plus long et une silhouette plus élancée. Attention à ne pas confondre non plus ce motif en sablier avec le « dauphin sablier » (Sagmatias cruciger), une tout autre espèce, propre aux eaux antarctiques et subantarctiques.
Pas à l'échelle mondiale : l'UICN le classe en Préoccupation mineure (LC) et il reste l'un des cétacés les plus abondants de la planète, avec par exemple près de 490 000 individus estimés en Atlantique Nord-Est en 2016. Mais certaines entités régionales sont en grande difficulté : la sous-population de Méditerranée interne est En danger, celle du golfe de Corinthe En danger critique, et la sous-espèce de mer Noire Vulnérable. C'est le cas typique d'une espèce globalement abondante dont des populations locales s'effondrent.
Parce qu'ils sont capturés accidentellement dans des engins de pêche, principalement des chaluts pélagiques en bœuf et des filets, au moment où dauphins et bancs de poissons se concentrent sur le plateau du golfe de Gascogne. Pour l'hiver 2023-2024, 624 dauphins communs échoués ont été recensés sur les côtes atlantiques et de la Manche, dont 176 portaient des marques d'engins, et la mortalité totale par capture a été estimée à environ 1 450 individus, contre une moyenne de 6 100 par an entre 2017 et 2023.
Oui, de façon mesurable. La fermeture de 30 jours mise en place du 22 janvier au 20 février 2024, qui a concerné environ 300 navires de plus de 8 mètres, s'est traduite selon le ministère de la Transition écologique par une mortalité par capture accidentelle divisée par quatre par rapport à la moyenne des années précédentes. La mesure a été reconduite en 2025 et 2026, avec un objectif de réouverture en 2027, au prix d'une perte de chiffre d'affaires estimée à plus de 30 millions d'euros pour la filière.
C'est très improbable. Le GREC décrit une espèce absente des régions septentrionales du bassin et quasiment absente des côtes méditerranéennes françaises, avec des observations seulement exceptionnelles dans le golfe du Lion ; elle reste en revanche bien présente dans le sud-ouest du bassin, notamment en mer d'Alboran. Le dauphin commun était pourtant autrefois plus abondant que le dauphin bleu et blanc dans certaines zones côtières méditerranéennes : sa raréfaction, liée notamment à la diminution des petits poissons pélagiques et à la dégradation de l'habitat, est l'un des déclins les mieux documentés du bassin.
Il s'agit d'un plongeur modéré. Les plongées alimentaires habituelles se situent autour de 30 m selon la NOAA, et plutôt vers 70 m d'après d'autres travaux, l'espèce exploitant surtout la couche superficielle où remontent la nuit poissons et calmars. La profondeur maximale rapportée est d'environ 300 m. Les données disponibles ne permettent pas de donner une durée d'apnée moyenne fiable pour l'espèce.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 8 737 observations géolocalisées de Delphinus delphis sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 3 665 |
| Portugal | 1 023 |
| United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland | 588 |
| Mexico | 516 |
| New Zealand | 435 |
| Australia | 405 |
| Spain | 384 |
| France | 231 |
| Netherlands | 216 |
| Costa Rica | 170 |

Répartition mensuelle de 8 855 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juillet.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 598 |
| février | 653 |
| mars | 846 |
| avril | 791 |
| mai | 691 |
| juin | 754 |
| juillet | 1 145 |
| août | 993 |
| septembre | 777 |
| octobre | 718 |
| novembre | 448 |
| décembre | 441 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
