| Nom scientifique | Stenella coeruleoalba (Meyen, 1833) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin rayé, dauphin bleu, dauphin de Téthys, dauphin d'Euphrosyne, stenelle rayée ; en anglais striped dolphin ou streaker dolphin, en espagnol delfín listado, en allemand Blau-Weißer Delfin, en portugais golfinho riscado, en japonais suji iruka. |
| Taille | 1,9 à 2,6 m (mâles jusqu'à ~2,6 m, femelles ~2,4 m ; 1,8-2,2 m en Méditerranée) ; nouveau-né ~0,9 à 1 m |
| Poids | 80 à 160 kg à l'âge adulte ; nouveau-né ~10 kg |
| Longévité | Couramment 40 à 50 ans, jusqu'à 55-58 ans |
| Régime | Petits poissons pélagiques et mésopélagiques (poissons-lanternes, anchois, sardine, merlu), céphalopodes et, accessoirement, crustacés ; chasse surtout nocturne à l'écholocation, plongées jusqu'à environ 700 m |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial, évaluation publiée en 2019. Sous-population méditerranéenne : Préoccupation mineure (LC) depuis l'actualisation publiée en 2022, après un classement Vulnérable (VU) en 2012. Sous-population du golfe de Corinthe : En danger (EN), 2022. Liste rouge des mammifères de France métropolitaine (2017) : Préoccupation mineure (LC). |
Le dauphin bleu et blanc est un delphinidé océanique de taille moyenne, reconnaissable aux fines bandes sombres qui partent de l'œil et à la « flamme » claire qui balaie le flanc vers l'arrière, jusque sous la nageoire dorsale. Cosmopolite des eaux tempérées chaudes et tropicales, il est le cétacé le plus abondant de Méditerranée, avec plus de 400 000 individus estimés lors du recensement aérien de 2018. Classé en Préoccupation mineure à l'échelle mondiale, il reste exposé aux captures accidentelles, aux contaminants chimiques et aux épizooties de morbillivirus.
Le dauphin bleu et blanc est un delphinidé élancé et fusiforme, au rostre bien détaché de taille moyenne et au melon arrondi. Les adultes mesurent de 1,9 à 2,6 m selon les sources et les régions, les mâles étant légèrement plus grands que les femelles (environ 2,6 m contre 2,4 m) ; en Méditerranée, les animaux sont souvent plus petits, autour de 1,8 à 2,2 m. Le poids adulte s'échelonne de 80 à 160 kg. La nageoire dorsale, haute et nettement falciforme, est implantée au milieu du dos ; les pectorales sont fines et pointues. Chaque mâchoire porte 43 à 50 paires de petites dents coniques et acérées.
C'est la livrée qui signe l'espèce, et qui lui vaut son nom scientifique (du latin caeruleus, bleu sombre, et albus, blanc). Le dos est gris bleuté à gris foncé, les flancs gris clair et le ventre blanc à rosé. Une ou deux fines lignes noires partent de l'œil : l'une descend vers la nageoire pectorale, l'autre file le long du flanc jusqu'à la région anale. Surtout, une longue « flamme » claire (spinal blaze) naît sur le flanc, en arrière de l'œil, et remonte vers l'arrière en s'insinuant dans la cape sombre jusqu'au niveau de la nageoire dorsale : ce dessin en coup de pinceau, visible même à distance quand l'animal saute, est le meilleur critère de terrain.
Les confusions les plus fréquentes concernent le dauphin commun (Delphinus delphis), qui partage les mêmes eaux mais arbore un motif en sablier avec une large plage ocre jaune à l'avant du flanc, absente chez le dauphin bleu et blanc. Le dauphin tacheté de l'Atlantique (Stenella frontalis) se distingue par ses mouchetures acquises avec l'âge, le dauphin de Clyméné (Stenella clymene) par l'absence de flamme dorsale et une bande claire ondulée, et le dauphin à long bec (Stenella longirostris) par son rostre très allongé et sa dorsale souvent triangulaire. Le grand dauphin (Tursiops truncatus), plus massif et uniformément gris, ne prête guère à confusion.
Décrit en 1833 par le naturaliste allemand Franz Meyen, le dauphin bleu et blanc appartient à la famille des Delphinidae et à la sous-famille des Delphininae, qui regroupe notamment les genres Stenella, Delphinus, Tursiops, Sousa et Lagenodelphis. Sa position générique est instable : les analyses moléculaires comme les analyses morphologiques convergent pour montrer que le genre Stenella est paraphylétique, ses espèces ne formant pas un ensemble naturel. Les données du gène mitochondrial du cytochrome b placent Stenella coeruleoalba en groupe frère du dauphin de Clyméné (S. clymene), lui-même considéré comme issu d'une hybridation ancienne entre S. coeruleoalba et S. longirostris. Une révision proposée en 2013 suggérait de replacer l'ensemble des Delphininae dans le genre Delphinus ; elle n'a pas été adoptée, la communauté préférant attendre des analyses plus complètes. La combinaison Stenella coeruleoalba (Meyen, 1833) reste donc la référence en usage.
L'espèce est cosmopolite dans les eaux tempérées chaudes, subtropicales et tropicales des trois grands océans, approximativement entre 50°N et 40°S selon les compilations, la zone de présence régulière étant plus resserrée (de l'ordre de 40°N à 30°S). Elle recherche des températures de surface comprises entre 10 et 26 °C, avec un optimum souvent situé entre 18 et 22 °C. C'est un animal du large : il fréquente les eaux océaniques au-delà du talus continental, s'approchant des côtes surtout là où les fonds plongent rapidement, canyons sous-marins compris. La population mondiale est estimée à plus de deux millions d'individus.
En Europe, l'espèce est présente toute l'année autour des îles Britanniques et dans le golfe de Gascogne, avec des incursions occasionnelles vers la Norvège, l'Islande, les Féroé et le Groenland ; les eaux atlantiques européennes en abriteraient de l'ordre de 372 000. La Méditerranée constitue un bastion : le recensement synoptique aérien de l'ACCOBAMS Survey Initiative, mené à l'été 2018, y a livré une estimation de 426 744 individus (CV = 0,13), faisant du dauphin bleu et blanc le cétacé de loin le plus abondant du bassin.
En France, l'espèce est le cétacé le plus fréquemment rencontré en Méditerranée, où elle est parfois surnommée le « moineau de Méditerranée ». Le sanctuaire Pelagos, en Méditerranée nord-occidentale, en accueille plusieurs dizaines de milliers en été. Une population plutôt côtière, fidèle à certains secteurs comme les abords d'Antibes ou de l'île du Levant, y coexiste avec une population océanique très mobile. En façade atlantique, l'espèce fréquente le golfe de Gascogne et, plus rarement, la Manche. Elle est également signalée dans les eaux ultramarines françaises, notamment aux Antilles, à Mayotte, à La Réunion et autour des îles Éparses.
Espèce grégaire par excellence, le dauphin bleu et blanc vit en groupes dont la taille varie fortement : le plus souvent une dizaine à une centaine d'animaux, mais des rassemblements de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'individus sont documentés. En Méditerranée nord-occidentale, les groupes comptent en moyenne une vingtaine d'individus, avec une ségrégation marquée par classe d'âge et par statut : groupes de reproducteurs, groupes de femelles accompagnées de nouveau-nés en été, groupes de juvéniles particulièrement démonstratifs. Nageur rapide et acrobate, l'espèce multiplie les sauts et pratique le « roto-tailing », une rotation du corps autour de l'axe de la queue en pleine détente. Son comportement vis-à-vis des navires est variable : elle vient volontiers surfer à l'étrave, mais s'écarte parfois rapidement, ce qui lui a valu en Pacifique tropical oriental le surnom de « streaker ».
Le régime alimentaire est opportuniste et composé de petits poissons pélagiques et mésopélagiques, de céphalopodes et, plus accessoirement, de crustacés. Les poissons-lanternes (myctophidés) dominent dans l'Atlantique nord, tandis que les populations méditerranéennes exploitent largement les céphalopodes ainsi que le merlu, l'anchois et la sardine. La chasse, guidée par l'écholocation, est surtout nocturne et matinale, les groupes se dispersant alors en petites unités. Les plongées durent typiquement 5 à 10 minutes et atteignent plusieurs centaines de mètres, avec des descentes documentées jusqu'à environ 700 m.
La maturité sexuelle est atteinte entre 5 et 13 ans chez les femelles et entre 7 et 15 ans chez les mâles, l'âge moyen variant selon les populations : environ 12 ans pour les femelles méditerranéennes, 7 à 9 ans dans le Pacifique. La gestation dure de 12 à 14 mois et donne naissance à un unique petit d'environ 1 m et 10 kg, le plus souvent en été ou en automne. L'allaitement se prolonge 12 à 18 mois et l'intervalle entre deux naissances est généralement de 3 à 4 ans. La longévité couramment observée est de 40 à 50 ans, avec des individus estimés jusqu'à 55-58 ans.
À l'échelle mondiale, le dauphin bleu et blanc est classé en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l'UICN, évaluation publiée en 2019. La sous-population méditerranéenne, classée Vulnérable en 2012, a été réévaluée et figure désormais en Préoccupation mineure dans l'actualisation publiée en 2022 ; la petite sous-population isolée du golfe de Corinthe, en Grèce, géographiquement et génétiquement séparée, est en revanche classée En danger (EN) depuis cette même actualisation. Sur la Liste rouge des mammifères de France métropolitaine, publiée en 2017, l'espèce est classée en Préoccupation mineure ; l'Office français de la biodiversité signale toutefois une situation plus fragile pour les eaux méditerranéennes que pour la façade Atlantique-Manche-mer du Nord.
La principale menace directe reste la capture accidentelle dans les engins de pêche : filets dérivants, filets maillants, chaluts pélagiques et sennes tournantes. L'interdiction des filets dérivants a fortement réduit cette mortalité en Méditerranée occidentale, mais les prises accessoires persistent. Les contaminants chimiques constituent un second facteur majeur : espèce longévive et prédatrice supérieure, elle accumule des charges élevées de polluants organiques persistants qui affaiblissent l'immunité et la reproduction. Ce cocktail a joué un rôle dans les épizooties de morbillivirus des dauphins : celle de 1990-1992, partie du golfe de Valence à l'été 1990 puis étendue aux eaux italiennes et grecques, a tué plusieurs milliers d'animaux, plus d'un millier de carcasses ayant été examinées ; une résurgence a de nouveau frappé les côtes espagnoles et françaises en 2007-2008. S'y ajoutent le bruit sous-marin, le trafic maritime, la raréfaction des proies et, hors d'Europe, la chasse directe (Japon, Sri Lanka, Caraïbes), dont les prélèvements japonais sont passés de 8 000 à 9 000 animaux par an au plus fort de la chasse, avec une année record d'environ 21 000 individus, à quelques centaines aujourd'hui.
L'espèce bénéficie d'une protection étendue : annexe II de la CITES, annexe II de la Convention sur les espèces migratrices, accords ACCOBAMS et ASCOBANS, annexe II de la Convention de Berne et annexe IV de la directive « Habitats ». En France, elle figure sur la liste des mammifères marins protégés fixée par l'arrêté du 1er juillet 2011 : destruction, capture, mutilation et perturbation intentionnelle sont interdites, et les captures accidentelles doivent être déclarées.
En France métropolitaine, la meilleure fenêtre d'observation se situe en Méditerranée nord-occidentale, dans le sanctuaire Pelagos, de la fin du printemps à l'automne, lorsque la mer est calme et que les groupes se concentrent au large. Il faut chercher l'espèce au-delà de l'isobathe des 200 m, sur le talus et au-dessus des canyons sous-marins, plutôt qu'en bordure de côte. Les indices de détection sont les sauts répétés, les gerbes d'eau d'un groupe en déplacement rapide et les oiseaux marins associés aux bancs de proies. Dans le golfe de Gascogne, les rencontres se font également au large, sur le plateau externe et le talus.
L'observation doit rester non perturbante. La réglementation française interdit la perturbation intentionnelle des mammifères marins, et l'approche à moins de 100 m est prohibée dans l'ensemble des eaux territoriales méditerranéennes françaises en vertu d'arrêtés préfectoraux maritimes, dans le prolongement de l'arrêté ministériel du 3 septembre 2020 entré en vigueur au 1er janvier 2021. Le code de bonne conduite porté par ACCOBAMS et l'accord Pelagos, auquel adhèrent les opérateurs labellisés High Quality Whale-Watching, recommande de maintenir au moins 100 m de distance, de ne jamais couper la route ni encercler un groupe, de limiter l'observation à une trentaine de minutes, de ne pas nourrir les animaux et de ne pas nager avec eux. Le choix d'un opérateur formé et labellisé est le meilleur gage d'une sortie respectueuse. Les observations peuvent être transmises aux réseaux naturalistes, et tout animal échoué doit être signalé sans être manipulé.
Les deux espèces cohabitent en Méditerranée et en Atlantique, mais le dessin des flancs les sépare nettement. Le dauphin commun porte un motif en sablier avec une large plage ocre jaune à l'avant du flanc ; le dauphin bleu et blanc n'a aucune zone jaune, mais de fines lignes noires partant de l'œil vers la pectorale et vers la région anale, et surtout une longue « flamme » gris clair qui part du flanc en arrière de l'œil et remonte vers l'arrière, jusque sous la nageoire dorsale.
Oui. C'est le cétacé le plus abondant de la Méditerranée française, en particulier dans le sanctuaire Pelagos où plusieurs dizaines de milliers d'individus sont présents en été. Il fréquente aussi le golfe de Gascogne et, plus rarement, la Manche, ainsi que plusieurs eaux ultramarines : Antilles, Mayotte, La Réunion et îles Éparses.
L'espèce est classée en Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial, évaluation publiée en 2019. La sous-population méditerranéenne, autrefois classée Vulnérable en 2012, a été réévaluée en Préoccupation mineure dans l'actualisation publiée en 2022. Seule la sous-population isolée du golfe de Corinthe, en Grèce, est classée En danger.
Le premier recensement synoptique du bassin, réalisé par avion durant l'été 2018 dans le cadre de l'ACCOBAMS Survey Initiative, a livré une estimation de 426 744 individus (coefficient de variation de 0,13). C'est de loin le cétacé le plus abondant de Méditerranée.
Les captures accidentelles dans les engins de pêche restent la première cause de mortalité d'origine humaine. S'y ajoutent l'accumulation de contaminants chimiques, qui fragilise l'immunité, les épizooties de morbillivirus qui ont frappé la Méditerranée en 1990-1992 puis en 2007-2008, le bruit sous-marin, le trafic maritime et, hors d'Europe, la chasse directe. Au Japon, les prélèvements ont atteint 8 000 à 9 000 animaux par an au plus fort de la chasse, avec une année record d'environ 21 000 individus, et se limitent aujourd'hui à quelques centaines.
Rarement : c'est une espèce du large, généralement rencontrée au-delà de l'isobathe des 200 m, sur le talus et au-dessus des canyons sous-marins. Les sorties en mer avec un opérateur formé sont le moyen le plus fiable de l'observer. La réglementation interdit l'approche à moins de 100 m dans les eaux territoriales méditerranéennes françaises, et le code de bonne conduite ACCOBAMS-Pelagos limite l'observation à une trentaine de minutes, sans nager avec les animaux ni les nourrir.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 1 113 observations géolocalisées de Stenella coeruleoalba sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Italy | 206 |
| Spain | 186 |
| United States of America | 151 |
| France | 130 |
| Portugal | 92 |
| Japan | 69 |
| Morocco | 37 |
| Netherlands | 36 |
| unknown or invalid | 35 |
| Ecuador | 21 |

Répartition mensuelle de 1 151 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en août.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 74 |
| février | 69 |
| mars | 50 |
| avril | 114 |
| mai | 127 |
| juin | 134 |
| juillet | 155 |
| août | 166 |
| septembre | 99 |
| octobre | 83 |
| novembre | 50 |
| décembre | 30 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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