| Nom scientifique | Leucopleurus acutus (J. E. Gray, 1828). Synonyme encore très employé : Lagenorhynchus acutus. |
|---|---|
| Autres noms | Lagénorhynque à flancs blancs de l'Atlantique, dauphin à flancs blancs ; « sauteur » et « cochon de mer » (Québec) ; Atlantic white-sided dolphin (anglais), jumper, squidhound ; delfín de flancos blancos (espagnol). |
| Taille | 1,90 à 2,80 m ; longueur moyenne d'environ 2,50 m. Les mâles dépassent les femelles de 20 à 30 cm (femelles rarement au-delà de 2,50 m). Maximum enregistré : 2,98 m sur les captures féroïennes de 1996-2023. Nouveau-né : environ 1,10 m (1,00 à 1,30 m). |
| Poids | Adultes : environ 165 à 230 kg (certaines sources donnent jusqu'à 250 kg) ; poids maximal mesuré aux îles Féroé : 236 kg. Nouveau-né : 25 à 35 kg. |
| Longévité | Jusqu'à 22 ans chez les mâles et 27 ans chez les femelles. |
| Régime | Poissons pélagiques et démersaux grégaires, hareng de l'Atlantique (surtout en été), merlan bleu, maquereau, gadidés (morue, églefin), merlus, lançons, complétés de calmars et de poulpes. Régime opportuniste, variable selon la région et la saison. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC). Évaluation mondiale de 2019 (G. Braulik, IUCN Red List e.T11141A50361160) ; l'évaluation régionale pour l'Europe conclut également à « préoccupation mineure ». Aucune sous-population n'est évaluée séparément, et aucune tendance démographique globale n'est établie. |
Le dauphin à flancs blancs de l'Atlantique est un delphinidé trapu, rapide et très grégaire, endémique des eaux tempérées froides et subpolaires de l'Atlantique Nord. Il se reconnaît sans ambiguïté à la tache blanche prolongée d'une longue flamme jaune ocre qui court sur l'arrière de ses flancs, sous et derrière un aileron dorsal haut et pointu, un motif unique dans la région. Abondant sur les plateaux continentaux, de l'Islande au golfe du Maine, il est classé en « préoccupation mineure » par l'UICN, malgré une chasse encore pratiquée aux îles Féroé et au Groenland.
Le dauphin à flancs blancs est un delphinidé trapu et musclé, à la silhouette nettement plus massive que celle d'un dauphin commun. Le bec est court mais bien détaché du melon, noir sur le dessus et clair sur la mâchoire inférieure. L'aileron dorsal, planté au milieu du dos, est haut, franchement falciforme et pointu, il peut atteindre une cinquantaine de centimètres ; les nageoires pectorales, triangulaires, mesurent jusqu'à une trentaine de centimètres. Chaque mâchoire porte 29 à 40 paires de petites dents coniques. Le pédoncule caudal est épais et comprimé latéralement, ce qui donne à l'animal une allure très ramassée lorsqu'il saute.
C'est la coloration qui signe l'espèce. Le dos porte une cape gris foncé à noire, les flancs sont gris pâle, le ventre, la gorge et le menton sont blancs. Sous et juste derrière l'aileron dorsal apparaît une tache blanche ovale nettement délimitée, prolongée vers l'arrière par une longue flamme jaune ocre à jaune paille qui court jusqu'au pédoncule caudal. Aucun autre cétacé de l'Atlantique Nord ne présente cette flamme jaune : lorsqu'elle est visible, l'identification est acquise. Une fine ligne grise plus claire court par ailleurs du bec jusqu'au pédoncule caudal, en passant au-dessus de l'œil.
Les confusions sont fréquentes en mer, surtout à distance ou par mer formée. Le principal sosie est le dauphin à bec blanc (Lagenorhynchus albirostris), qui partage la même aire : il est plus massif, son bec est souvent clair, et il porte une zone claire grise ou blanchâtre derrière l'aileron, mais jamais jaune, ainsi qu'une dorsale à base plus large. Le dauphin commun (Delphinus delphis) est plus petit et plus fin, avec un motif en sablier dont la plage ocre se situe en avant de l'aileron et non derrière. Attention également aux noms vernaculaires trompeurs : le « dauphin à flancs blancs du Pacifique » (Sagmatias obliquidens, longtemps nommé Lagenorhynchus obliquidens), aussi appelé lagénorhynque de Gill, est une espèce distincte, cantonnée au Pacifique Nord.
Décrite par le zoologiste britannique John Edward Gray en 1828 sous le nom de Delphinus (Grampus) acutus, l'espèce doit son épithète au latin acutus, « pointu », en référence à son aileron dorsal effilé. Elle a longtemps été rangée dans le genre Lagenorhynchus, aux côtés du dauphin à bec blanc et de plusieurs dauphins austraux. Les analyses moléculaires ont toutefois montré de façon répétée que ce genre était artificiel : la révision taxonomique de Vollmer et collaborateurs (2019), puis les données phylogénomiques, morphologiques et acoustiques publiées par Galatius et collaborateurs (2025), ont conduit à transférer l'espèce dans le genre monotypique Leucopleurus. La Mammal Diversity Database retient aujourd'hui Leucopleurus acutus, tout en signalant que certains jeux de données donnent des signaux contradictoires et que le cas mérite d'autres travaux. Plusieurs administrations, dont NOAA Fisheries dans son rapport d'évaluation de stock de 2021, ont continué d'employer Lagenorhynchus acutus en attendant un consensus plus large : les deux binômes désignent bien le même animal. Aucune sous-espèce n'est reconnue. Famille : Delphinidae.
L'espèce est endémique de l'Atlantique Nord tempéré froid et subpolaire, en gros entre 38° et 80° de latitude nord. Dans l'ouest, elle occupe les eaux allant du Groenland occidental et méridional jusqu'au cap Cod, avec des observations plus méridionales occasionnelles jusqu'en Virginie et en Caroline. Dans l'est, elle fréquente les eaux comprises entre l'est du Groenland, l'Islande, les îles Féroé, la mer de Norvège, l'ouest et le nord de l'Écosse, l'Irlande, le nord de la mer du Nord et la mer Celtique.
Le dauphin à flancs blancs est avant tout un animal du plateau continental et de son talus : il se concentre autour de l'isobathe des 100 m et sur les ruptures de pente, dans des eaux généralement inférieures à 12 °C, plus froides et un peu moins salées que celles recherchées par le dauphin commun. Les zones de forte densité connues sont le golfe du Maine et la baie de Fundy, le golfe du Saint-Laurent, l'ouest de l'Écosse et le canal Féroé-Shetland, ainsi que le vaste triangle compris entre l'Islande, le Groenland et les îles Britanniques. L'espèce n'effectue pas de migration saisonnière stricte : elle se déplace à l'intérieur de son domaine vital en suivant ses proies, avec des mouvements vers le sud en hiver et au printemps le long de la côte nord-américaine. Des individus équipés de balises satellitaires ont parcouru plus de 300 km en 64 heures.
En France, l'espèce se trouve en limite méridionale d'aire : la NAMMCO situe la bordure sud de la répartition régulière au large de la Bretagne. Elle est signalée en Manche et sur la façade atlantique, jusque dans le golfe de Gascogne, mais les observations et les échouages y restent rares et très irréguliers d'une année sur l'autre, au point que les bilans annuels récents du Réseau national échouages n'en font pas mention. Elle est en revanche bien plus régulière dans les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle n'appartient pas à la faune méditerranéenne, les observations les plus méridionales connues se situant au voisinage du détroit de Gibraltar.
Chasseur opportuniste, le dauphin à flancs blancs exploite les bancs de poissons de plateau. Dans l'Atlantique Nord-Est, le hareng, le merlan bleu et le maquereau dominent ; dans les eaux américaines, l'analyse des contenus stomacaux a mis en évidence le merlu argenté, le poulpe Bathypolypus bairdii et l'églefin, le hareng devenant la proie principale en été et disparaissant presque du régime en hiver. Les groupes chassent en coopération près de la surface ; les plongées durent le plus souvent moins de cinq minutes et l'espèce exploite la colonne d'eau jusqu'à une centaine de mètres.
Très grégaire, ce dauphin se rencontre généralement par groupes de cinq à une cinquantaine d'individus, mais les rassemblements de plusieurs centaines, voire d'un millier d'animaux, ne sont pas rares sur les zones d'abondance de proies. L'organisation sociale est de type fission-fusion, les compositions de groupes changeant fréquemment, et les membres d'un même groupe ne sont pas nécessairement apparentés. Le répertoire acoustique associe sifflements, clics d'écholocation et bourdonnements. L'animal est rapide, on lui prête des pointes de l'ordre de 35 km/h, franchement acrobatique, et il s'approche volontiers de l'étrave des navires rapides. Ses prédateurs naturels sont l'orque et les grands requins.
La reproduction suit un calendrier bien marqué. La gestation dure de 10 à 12 mois, le plus souvent citée autour de onze mois ; les naissances s'échelonnent de mai à août avec un pic net en juin et juillet. Le nouveau-né mesure environ 1,10 m pour 25 à 35 kg et l'allaitement se prolonge jusque vers dix-huit mois. Les femelles mettent bas tous les deux à trois ans. La maturité sexuelle est atteinte vers 6 à 12 ans chez les femelles (pour une longueur de 201 à 222 cm) et vers 7 à 11 ans chez les mâles (215 à 230 cm). L'espérance de vie maximale connue est de 22 ans chez les mâles et de 27 ans chez les femelles.
Le dauphin à flancs blancs est enfin l'un des cétacés les plus sujets aux échouages collectifs, qui impliquent surtout des femelles, des jeunes et des mâles immatures, sur des rivages en pente douce. Le crochet du cap Cod, dans le Massachusetts, en est un point noir mondial en raison de sa géométrie en cul-de-sac et de marnages parmi les plus forts de la côte est américaine. Fin juin 2024, 146 individus s'y sont échoués à Wellfleet : il s'agit du plus grand échouage massif de dauphins jamais enregistré aux États-Unis, et une centaine d'animaux ont pu être remis à l'eau vivants.
L'espèce est classée en « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation réalisée en 2019, et le même statut ressort de l'évaluation régionale européenne. Ce classement repose sur une large répartition et des effectifs élevés : environ 93 233 individus (CV = 0,71) pour le stock de l'Atlantique Nord-Ouest lors des campagnes de 2016, 131 022 individus (CV = 0,73) en Atlantique Nord central lors de la campagne NASS de 2015, et un total probablement supérieur à 200 000 animaux à l'est du Groenland selon la NAMMCO. Côté européen, les campagnes SCANS ont donné 15 510 individus (CV = 0,72) en 2016 puis 3 504 (CV = 0,46) en 2022 ; cette chute apparente s'explique surtout par le fait qu'un secteur de forte densité à l'ouest de l'Écosse n'a pas été couvert en 2022, et non par un effondrement démontré.
La chasse directe demeure la pression la plus visible. Aux îles Féroé, l'espèce est prélevée lors des rabattages traditionnels (grindadráp), avec des captures extrêmement variables : nulles certaines années, 773 en 2002, 488 en 2017, puis un abattage exceptionnel de 1 423 animaux en septembre 2021, le plus important jamais enregistré dans l'archipel. Devant l'émotion suscitée, le ministère féroïen des Pêches a fixé un plafond provisoire de 500 individus par an pour 2022 et 2023, dans l'attente d'un avis du comité scientifique de la NAMMCO ; le groupe de travail de cette commission a conclu en 2023 que des prélèvements pouvant atteindre 750 animaux par an resteraient soutenables. Les captures déclarées depuis sont restées modestes (0 en 2022, 10 en 2023, 150 en 2024, 53 en 2025). Le Groenland en prélève également plus d'une centaine par an (155 en 2023, 172 en 2024).
Les captures accidentelles constituent la seconde pression : l'espèce s'emmêle dans les chaluts pélagiques et les filets dérivants, notamment au Canada, aux États-Unis, en Irlande et au Royaume-Uni. Dans les eaux américaines, la mortalité annuelle moyenne d'origine halieutique a été estimée à 27 individus sur la période 2015-2019, très en deçà du prélèvement biologique potentiel calculé à 544. S'ajoutent la contamination chimique, l'espèce compte parmi les cétacés les plus chargés en PCB, DDT, DDE, PBDE et cadmium, le bruit sous-marin (le taux d'observation chute lorsque des canons à air sismiques tirent) et les redistributions de proies liées au réchauffement des eaux.
Sur le plan réglementaire, le dauphin à flancs blancs figure à l'annexe II de la CITES et à l'annexe II de la Convention sur les espèces migratrices (populations de mer du Nord et de Baltique), et relève de l'accord ASCOBANS. Aux États-Unis, il est protégé par le Marine Mammal Protection Act sans être inscrit à l'Endangered Species Act. En France, il figure parmi les mammifères marins protégés : capture, perturbation intentionnelle et destruction sont interdites, les captures accidentelles devant être déclarées.
Les meilleures chances d'observation se situent loin des côtes françaises : Islande, îles Féroé, Norvège, nord et ouest de l'Écosse (Hébrides, canal Féroé-Shetland), large de l'Irlande. En Amérique du Nord, le golfe du Maine et la baie de Fundy de juin à octobre, ainsi que le golfe du Saint-Laurent, offrent des rencontres régulières depuis les sorties d'observation. En France métropolitaine, l'espèce relève de l'exception : quelques signalements en Manche et dans le golfe de Gascogne, le plus souvent au large, depuis des ferries ou lors de campagnes scientifiques.
En mer, l'indice le plus fiable est le comportement : un groupe très actif, aux sauts nombreux et à la nage rapide, dont la haute dorsale pointue tranche sur la surface. Il faut ensuite chercher la séquence tache blanche puis flamme jaune ocre à l'arrière du flanc, seul critère qui écarte définitivement le dauphin à bec blanc ; par mauvaise lumière, la photographie est souvent nécessaire pour trancher, la teinte jaune pouvant paraître grisâtre à contre-jour.
L'approche doit rester respectueuse : maintenir une distance de l'ordre de 100 mètres, ne jamais couper la route d'un groupe ni le fractionner, conserver une vitesse et un cap constants, limiter la durée d'observation et laisser toujours aux animaux l'initiative du rapprochement. En France, tout animal échoué, vivant ou mort, doit être signalé au Réseau national échouages coordonné par l'Observatoire Pelagis, sans manipulation par le public : les échouages collectifs de cette espèce exigent des équipes formées.
Il s'agit du même animal. L'espèce a longtemps été placée dans le genre Lagenorhynchus, mais la génétique a montré que ce genre regroupait des dauphins non apparentés. La révision de Vollmer et collaborateurs (2019), confirmée par les travaux phylogénomiques de Galatius et collaborateurs (2025), l'a transférée dans le genre Leucopleurus, dont elle est la seule espèce. Certaines institutions, comme NOAA Fisheries dans son rapport de stock de 2021, ont conservé l'ancien nom en attendant un consensus plus large.
Le critère décisif est la flamme jaune ocre qui prolonge la tache blanche des flancs, en arrière de l'aileron dorsal : elle n'existe que chez le dauphin à flancs blancs. Le dauphin à bec blanc est aussi plus massif, son bec est souvent clair et sa marque arrière est grise ou blanchâtre, jamais jaune.
Très difficilement. La France se situe en limite sud de son aire de répartition régulière, que la NAMMCO place au large de la Bretagne. L'espèce est signalée en Manche et dans le golfe de Gascogne, mais de façon rare et irrégulière. Elle est bien plus fréquente dans les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon, et absente de la Méditerranée.
Non, au regard des critères actuels : elle est classée en « préoccupation mineure » par l'UICN depuis l'évaluation de 2019, avec des effectifs se comptant en centaines de milliers d'individus à l'échelle de l'Atlantique Nord. Elle subit néanmoins une chasse directe aux îles Féroé et au Groenland, des captures accidentelles dans les chaluts pélagiques, une forte contamination par les polluants organiques persistants et le cadmium, ainsi que le dérangement acoustique.
C'est une espèce de plateau, très grégaire et fortement cohésive : lorsqu'un individu s'engage dans une baie piégeuse, le groupe entier suit. Les sites en crochet à fort marnage et à fonds vaseux, comme Wellfleet au cap Cod, perturbent en outre l'écholocation. L'échouage de 146 individus survenu fin juin 2024 à cet endroit est le plus important jamais enregistré aux États-Unis ; une centaine d'animaux y ont été sauvés.
Les adultes mesurent de 1,90 à 2,80 m pour 165 à 230 kg environ, avec un record de 2,98 m et 236 kg relevé sur les captures féroïennes. Les mâles vivent jusqu'à 22 ans et les femelles jusqu'à 27 ans.
Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 6 à 12 ans, pour une longueur de 201 à 222 cm, et les mâles vers 7 à 11 ans, pour 215 à 230 cm. La gestation dure de 10 à 12 mois, les naissances se concentrent en juin et juillet, et les femelles mettent bas tous les deux à trois ans.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 629 observations géolocalisées de Lagenorhynchus acutus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 517 |
| Canada | 162 |
| Norway | 124 |
| unknown or invalid | 14 |
| Faroe Islands | 14 |
| Netherlands | 11 |
| United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland | 8 |
| Iceland | 3 |
| Sweden | 3 |
| France | 1 |

Répartition mensuelle de 709 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en août.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 11 |
| février | 13 |
| mars | 21 |
| avril | 30 |
| mai | 80 |
| juin | 37 |
| juillet | 121 |
| août | 186 |
| septembre | 145 |
| octobre | 27 |
| novembre | 32 |
| décembre | 6 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
