| Nom scientifique | Sousa chinensis (Osbeck, 1765) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin blanc de Chine ; sousa de l'Indo-Pacifique ; Indo-Pacific humpback dolphin et Chinese white dolphin (anglais) ; Zhonghua bai haitun (chinois) ; Lumba lumba putih Cina (indonésien) |
| Taille | Adultes de 2 à 2,8 m en moyenne (certaines sources élargissent la fourchette jusqu'à 3,5 m) ; nouveau-nés d'environ 1 m (101 cm en moyenne) |
| Poids | 150 à 230 kg chez l'adulte |
| Longévité | 38 ans pour le plus vieil individu documenté ; certains animaux atteindraient une quarantaine d'années. Durée de génération estimée à 25 ans |
| Régime | Poissons côtiers, estuariens et récifaux (au moins 24 espèces recensées à Hong Kong, dont Johnius spp., Collichthys lucida et Thryssa spp.) ; céphalopodes occasionnels ; crustacés rares |
| Statut UICN | Vulnérable (VU), critères A3cd+4cd, évaluation du 22 juin 2015 publiée en 2017 (version corrigée en 2018), tendance décroissante, population sévèrement fragmentée. Sous-population/sous-espèce notable : Sousa chinensis ssp. taiwanensis (détroit de Taïwan oriental), En danger critique (CR), critères C2a(i,ii);D, évaluation du 10 janvier 2017 publiée en 2018, 37 à 44 individus matures, aire d'occupation d'environ 750 km² ; inscrite comme « endangered » au titre de l'Endangered Species Act américain depuis 2018, avec des suivis récents ne recensant plus que 45 à 50 animaux |
Le dauphin à bosse de l'Indo-Pacifique est un delphinidé strictement côtier des eaux peu profondes de l'est de l'océan Indien et de l'ouest du Pacifique, célèbre pour la teinte blanche puis rosée que prennent les adultes dans les eaux chinoises et thaïlandaises. Inféodé aux estuaires et aux mangroves, il vit au contact direct des littoraux les plus urbanisés d'Asie. Classé Vulnérable par l'UICN, il comprend une sous-espèce taïwanaise En danger critique, réduite à quelques dizaines d'individus.
Le dauphin à bosse de l'Indo-Pacifique est un delphinidé au corps robuste et au rostre long, nettement détaché du melon. Les pectorales sont larges et arrondies à l'extrémité, la caudale ample. Le trait le plus caractéristique reste la nageoire dorsale : courte et triangulaire, elle repose sur une base large et légèrement bombée. Cette « bosse » dorsale, qui donne son nom au groupe, est cependant beaucoup moins marquée que chez le dauphin à bosse de l'océan Indien (Sousa plumbea) et fait pratiquement défaut chez les populations chinoises. Les adultes mesurent le plus souvent de 2 à 2,8 m, certaines compilations élargissent la fourchette jusqu'à 3,5 m, pour 150 à 230 kg ; les nouveau-nés font en moyenne 101 cm.
La coloration change radicalement avec l'âge et constitue le meilleur indice d'identification. Les jeunes naissent gris sombre à presque noirs, s'éclaircissent en passant par un gris moucheté, puis deviennent blancs à l'âge adulte. Dans les eaux chinoises et thaïlandaises, les animaux âgés paraissent franchement roses : cette teinte ne provient pas d'un pigment mais de vaisseaux sanguins superficiels très développés, liés à la thermorégulation. La sous-espèce taïwanaise se distingue par des taches sombres qui persistent toute la vie sur la nageoire dorsale.
Les confusions restent limitées. Le grand dauphin de l'Indo-Pacifique (Tursiops aduncus), qui partage souvent les mêmes baies, a un rostre plus court, une dorsale falciforme bien détachée, et ne devient jamais blanc ni rose. Le dauphin de l'Irrawaddy (Orcaella brevirostris) est dépourvu de bec et porte une minuscule dorsale ; le marsouin aptère (Neophocaena) n'a pas de nageoire dorsale du tout. Au sein du genre Sousa, les aires ne se recouvrent quasiment pas : S. plumbea occupe l'ouest de l'océan Indien, S. sahulensis le nord de l'Australie et le sud de la Nouvelle-Guinée, S. teuszii l'Afrique de l'Ouest.
Décrit sous le nom de Delphinus chinensis par Pehr Osbeck en 1765, Sousa chinensis appartient à la famille des Delphinidae. Le genre Sousa a été profondément remanié : la révision de Jefferson et Rosenbaum (2014), appuyée sur la morphologie crânienne et sur l'ADN mitochondrial et nucléaire, a scindé les anciens dauphins à bosse indo-pacifiques en trois espèces, S. plumbea, S. chinensis et S. sahulensis, nouvellement décrite, auxquelles s'ajoute S. teuszii en Atlantique. Deux sous-espèces sont reconnues : la forme nominale S. c. chinensis et S. c. taiwanensis (Wang et al., 2015), propre au détroit de Taïwan oriental et validée par le comité de taxonomie de la Society for Marine Mammalogy. Des questions restent ouvertes : les animaux du golfe du Bengale présentent des signatures génétiques qui les rapprocheraient plutôt de S. sahulensis, si bien que l'aire confirmée de S. chinensis ne s'étend avec certitude que jusqu'à la frontière Bangladesh-Myanmar.
L'espèce fréquente les eaux côtières tropicales à tempérées chaudes de l'est de l'océan Indien et de l'ouest du Pacifique. Les observations les plus septentrionales proviennent des abords de l'embouchure du Yangtsé, en Chine centrale ; l'aire descend ensuite vers le sud à travers l'Asie du Sud-Est et remonte vers l'ouest le long du golfe du Bengale, au moins jusqu'aux côtes de l'Odisha, dans l'est de l'Inde. Les États de l'aire recensés par l'UICN sont le Bangladesh, le Brunei, le Cambodge, la Chine, Hong Kong, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, Taïwan, la Thaïlande et le Viêt Nam.
L'animal est résolument littoral : on l'observe rarement au-delà de 20 à 30 m de fond ou à plus de quelques kilomètres du rivage, et ses plus fortes densités se rencontrent dans et autour des estuaires, des mangroves, des lagunes côtières et des bancs de sable et de vase. Il pénètre parfois dans les cours d'eau, mais dépasse rarement quelques kilomètres en amont et reste dans la zone d'influence des marées. Sa répartition est fragmentée : en Chine, où les pêcheurs le signalaient presque continûment le long du littoral il y a quelques décennies, six à huit zones de présence régulière subsistent aujourd'hui.
L'espèce n'est présente ni en France métropolitaine, ni en Méditerranée, ni dans le golfe de Gascogne, ni en Manche, ni dans les outre-mer français. Le seul dauphin à bosse documenté dans des eaux françaises est une espèce voisine, le dauphin à bosse de l'océan Indien (Sousa plumbea, classé En danger), signalé à Mayotte.
Opportuniste, le dauphin à bosse de l'Indo-Pacifique consomme une large gamme de poissons côtiers, estuariens et récifaux ; les céphalopodes complètent le menu dans certaines régions, les crustacés y sont rares. À Hong Kong, au moins 24 espèces de poissons et un céphalopode ont été identifiés, les proies dominantes étant des sciénidés du genre Johnius, Collichthys lucida et des anchois du genre Thryssa. Le comportement alimentaire s'adapte aux activités humaines : les animaux suivent les chalutiers dans l'estuaire de la rivière des Perles, récupèrent les poissons qui s'échappent des filets remontés au Bangladesh et exploitent les poissons-chats en Malaisie péninsulaire.
Les groupes comptent le plus souvent 2 à 6 individus, avec des rassemblements de plusieurs dizaines derrière les bateaux de pêche ; au Bangladesh, la taille médiane atteint 19 animaux et des groupes de plus de 200 ont été notés. L'organisation sociale est de type fission-fusion, faite d'associations généralement brèves, plus stables toutefois dans la petite population taïwanaise. Les déplacements sont limités : les domaines vitaux individuels couvrent en moyenne 135 km² à Hong Kong, 84 km² à Xiamen et 169 km² dans la région de Zhanjiang-Leizhou, et aucune migration de grande ampleur n'est connue. Les plongées sont courtes : à Hong Kong, la majorité des groupes restent immergés moins d'une minute, les durées mesurées s'échelonnant d'environ 10 à 277 secondes (soit un peu plus de quatre minutes au maximum). Ce profil de respiration est cohérent avec la faible profondeur des eaux fréquentées, rarement supérieure à 20 ou 30 m.
La reproduction est lente. Un seul petit naît après une gestation d'un peu moins d'un an (10 à 12 mois selon les sources). Les naissances ont lieu toute l'année, avec un pic marqué de mars à juin à Hong Kong. L'intervalle entre deux mises bas est long pour un dauphin : trois à cinq ans selon les études, avec une moyenne de cinq ans mesurée sur 60 femelles suivies par photo-identification à Hong Kong. Les femelles sont matures vers 9-10 ans (11 à 12 ans d'après les données taïwanaises), les mâles quelques années plus tard ; la maturité physique est atteinte vers 14-17 ans et la durée de génération est estimée à 25 ans. La prédation naturelle est presque inconnue, les eaux estuariennes fréquentées abritant peu de grands requins et d'orques.
Sur la Liste rouge mondiale de l'UICN, Sousa chinensis est classé Vulnérable (VU) selon les critères A3cd+4cd. L'évaluation, datée du 22 juin 2015, a été publiée en 2017 (version corrigée en 2018) et est signalée comme nécessitant une mise à jour ; la tendance est décroissante et la population qualifiée de sévèrement fragmentée. Le classement repose sur une réduction inférée d'au moins 30 % des effectifs sur trois générations, soit environ 75 ans (de 1960 à 2035). Il n'existe pas d'estimation globale : la somme des effectifs connus atteint environ 5 000 individus, pour moins d'un tiers de l'aire réellement prospectée. La plus grande unité connue est celle de l'estuaire de la rivière des Perles et de Hong Kong, évaluée à environ 2 500 animaux ; les eaux hongkongaises elles-mêmes n'en accueillent que 32 à 87 selon les transects des dix dernières années.
Les captures accidentelles dans les engins de pêche, filets maillants et chaluts au premier chef, constituent la menace principale, suivies par la perte et la dégradation de l'habitat liées à l'aménagement du littoral. S'y ajoutent les collisions avec les navires, les ferries rapides de l'estuaire de la rivière des Perles atteignent 30 à 40 nœuds, la contamination chimique (DDT, PCB, mercure, retardateurs de flamme), le bruit sous-marin et la réduction des apports d'eau douce aux estuaires. L'espèce figure à l'annexe I de la CITES et à l'annexe II de la Convention de Bonn ; elle est protégée au premier ordre en Chine et par plusieurs ordonnances à Hong Kong, et le Bangladesh a créé en 2014 une aire marine protégée d'environ 1 700 km² couvrant une grande partie des observations au large des Sundarbans.
Hong Kong reste le meilleur site au monde pour observer l'espèce : des sorties en mer y sont organisées depuis les années 1990, exclusivement dans les eaux occidentales du territoire, nord de Lantau (Sha Chau et Lung Kwu Chau, The Brothers), ouest de Lantau autour de Tai O, sud-ouest et sud de Lantau, et îles Soko, les plus fortes densités étant relevées dans les eaux de l'ouest de Lantau ; un code de conduite officiel encadre ces activités. Ailleurs, des observations régulières ont lieu dans l'archipel de Langkawi et sur la côte de Matang en Malaisie, dans le golfe de Thaïlande et, au Cambodge, dans les régions de Kampot et de Koh Kong. Les animaux étant côtiers et peu démonstratifs, une observation depuis la côte ou depuis un bateau moteur coupé donne souvent de meilleurs résultats qu'une approche. Le harcèlement par des opérateurs non encadrés figure explicitement parmi les pressions recensées sur les populations chinoises : il ne faut jamais couper la route d'un groupe, il convient de réduire l'allure, de garder ses distances et de renoncer à toute approche des femelles accompagnées d'un jeune. Sur la côte ouest de Taïwan, où ne survivent que quelques dizaines d'animaux, toute perturbation supplémentaire est à proscrire.
Les adultes des eaux chinoises et thaïlandaises deviennent blancs, avec une nette teinte rosée. Cette couleur ne vient pas d'un pigment mais de vaisseaux sanguins superficiels très développés, impliqués dans la thermorégulation. Les jeunes, eux, naissent gris sombre à presque noirs et s'éclaircissent progressivement.
Non. Sousa chinensis est absent de la Méditerranée, du golfe de Gascogne, de la Manche et des eaux ultramarines françaises. Le seul dauphin à bosse documenté en eaux françaises est une espèce voisine, Sousa plumbea, signalée à Mayotte et classée En danger par l'UICN.
Aucune estimation mondiale n'existe. La somme des effectifs connus atteint environ 5 000 individus, mais moins d'un tiers de l'aire a été prospecté. Le noyau le plus important, celui de l'estuaire de la rivière des Perles et de Hong Kong, est évalué à quelque 2 500 animaux.
Les captures accidentelles dans les engins de pêche, en particulier les filets maillants et les chaluts, constituent la première cause de mortalité d'origine humaine sur l'ensemble de l'aire, devant la perte d'habitat liée à l'aménagement du littoral, les collisions avec les navires et la contamination chimique.
Les dauphins du détroit de Taïwan oriental forment une sous-espèce distincte, Sousa chinensis taiwanensis, décrite en 2015. Confinés à une étroite bande d'eaux estuariennes de la côte ouest de l'île, ils comptent 37 à 44 individus matures et sont classés En danger critique ; plus de 30 % des animaux photographiés portent des blessures dues aux engins de pêche.
Le grand dauphin de l'Indo-Pacifique (Tursiops aduncus) possède un rostre plus court et une nageoire dorsale falciforme bien détachée, et il conserve toute sa vie une livrée grise. Le dauphin à bosse a un long bec, une dorsale courte posée sur une base large et légèrement bombée, et devient blanc ou rosé en vieillissant.
Uniquement dans les eaux occidentales du territoire : nord de Lantau (Sha Chau et Lung Kwu Chau, The Brothers), ouest de Lantau autour de Tai O, sud-ouest et sud de Lantau, ainsi que les îles Soko. Les plus fortes densités sont relevées à l'ouest de Lantau. L'espèce ne fréquente pas les eaux orientales de Hong Kong.
Peu de temps. Les suivis menés à Hong Kong montrent que la majorité des groupes restent immergés moins d'une minute, les durées mesurées allant d'environ 10 à 277 secondes. Ces plongées brèves correspondent à un animal qui chasse dans des eaux dépassant rarement 20 à 30 m de fond.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 188 observations géolocalisées de Sousa chinensis sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Hong Kong | 92 |
| Thailand | 31 |
| China | 31 |
| Chinese Taipei | 9 |
| Macao | 8 |
| India | 8 |
| Malaysia | 7 |
| Australia | 5 |
| South Africa | 3 |
| Singapore | 2 |

Répartition mensuelle de 199 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en novembre.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 22 |
| février | 18 |
| mars | 17 |
| avril | 14 |
| mai | 7 |
| juin | 19 |
| juillet | 16 |
| août | 21 |
| septembre | 15 |
| octobre | 15 |
| novembre | 26 |
| décembre | 9 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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