| Nom scientifique | Kogia sima (Owen, 1866) |
|---|---|
| Autres noms | Décrit à l'origine sous le nom de Physeter (Euphysetes) simus et longtemps orthographié Kogia simus. Anglais : dwarf sperm whale ; espagnol : cachalote enano ; allemand : Kleinpottwal ; italien : cogia di Owen. En mer, les observations non attribuables à l'une des deux espèces du genre sont notées « Kogia sp. ». |
| Taille | Adulte : jusqu'à environ 2,7 m (plus grande femelle mesurée 274,3 cm ; plus grand mâle 260,4 cm). Nouveau-né : environ 1,03 m. Sevrage entre 1,3 et 1,5 m. |
| Poids | Jusqu'à environ 280 kg à l'âge adulte (le plus souvent de l'ordre de 135 à 275 kg) ; environ 14 kg à la naissance. |
| Longévité | Âges maximaux enregistrés : 22 ans chez les femelles et 17 ans chez les mâles. Maturité physique atteinte vers 13 ans chez la femelle (249 cm) et 15 ans chez le mâle (264 cm). |
| Régime | Principalement des céphalopodes de profondeur (proies identifiées dans 15 familles), complétés par des poissons (16 familles), des crustacés et occasionnellement des salpes ; capture essentiellement par succion, probablement près du fond. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation de 2020 par Kiszka & Braulik (Liste rouge de l'UICN, e.T11048A50359330). Tendance de population inconnue ; aucune estimation mondiale d'effectifs ; aucune sous-population évaluée séparément. |
Le cachalot nain est le plus petit de tous les cachalots : à peine 2,7 m et moins de 300 kg à l'âge adulte, un corps massif et une tête carrée qui lui donnent, de profil, une allure de requin. Discret, souvent solitaire et grand plongeur, il fréquente le talus continental et les eaux du large des mers tropicales et tempérées chaudes du monde entier. Classé en « Préoccupation mineure » par la Liste rouge de l'UICN depuis l'évaluation de 2020, il reste l'un des cétacés les plus mal connus, documenté avant tout par les échouages.
Le cachalot nain atteint au maximum 2,7 m environ : la plus grande femelle mesurée atteignait 274,3 cm et le plus grand mâle 260,4 cm, pour une masse qui ne dépasse guère 280 kg. Le corps est très épais à l'avant et s'effile rapidement vers la queue, dont le pédoncule est allongé et comprimé latéralement. La tête est courte, carrée, presque tronquée, l'épithète sima signifie d'ailleurs « au nez plat ou tronqué » en latin, et la petite mâchoire inférieure, nettement en retrait sous le museau, achève de donner au profil son air de squale. L'évent unique est légèrement décalé sur la gauche, caractéristique de tous les cachalots. Les nageoires pectorales, convexes et terminées en pointe émoussée, sont insérées très en avant du corps ; la nageoire dorsale est falciforme, relativement haute et implantée vers le milieu du dos.
La peau, d'aspect finement ridé, est gris foncé sur le dessus, s'éclaircissant sur les flancs et devenant blanche sur le ventre. Le trait le plus caractéristique est une marque claire en croissant située sur le côté de la tête, entre l'œil et la nageoire pectorale, appelée « fausse branchie » parce qu'elle évoque l'opercule d'un poisson. La denture est réduite : de 7 à 12 paires de dents fines, pointues et recourbées vers l'arrière à la mâchoire inférieure (13 paires ont été signalées), auxquelles peuvent s'ajouter de zéro à six dents à la mâchoire supérieure. Des sillons gulaires courts sont parfois visibles sous la gorge.
La confusion la plus fréquente concerne le cachalot pygmée (Kogia breviceps), la seule autre espèce du genre, dont l'aire de répartition se superpose largement à la sienne. Chez le cachalot nain, la nageoire dorsale est plus développée et rappelle celle d'un grand dauphin, sa base est légèrement plus longue et elle se situe près du milieu du dos ; les sillons gulaires, absents chez le cachalot pygmée, constituent un indice supplémentaire sur un animal échoué. En mer, la distinction reste très délicate et de nombreuses campagnes d'observation renoncent à séparer les deux espèces ; l'acoustique passive détecte bien le genre Kogia, mais ne permet pas encore de trancher entre les deux espèces de façon fiable.
Le cachalot nain appartient à la famille des Kogiidae, au sein de la super-famille des Physeteroidea. Cette famille ne compte que deux espèces actuelles, le cachalot nain (Kogia sima) et le cachalot pygmée (Kogia breviceps) ; toutes deux étaient autrefois rangées avec le grand cachalot (Physeter macrocephalus) dans les Physeteridae. Richard Owen a décrit l'espèce en 1866 à partir d'un spécimen de Madras, en Inde, capturé par des pêcheurs locaux, sous le nom de Physeter (Euphysetes) simus, qu'il appelait le « snub-nosed cachalot ». Gill proposa la combinaison Kogia sima en 1871, mais la reconnaissance de deux espèces distinctes de Kogia ne s'est imposée qu'à partir des travaux de Handley en 1966. L'étymologie du nom de genre reste incertaine. Aucune sous-espèce n'est reconnue. Des analyses du gène mitochondrial du cytochrome b publiées en 2005 suggèrent que Kogia sima pourrait en réalité recouvrir deux espèces parapatriques, l'une atlantique et l'autre indo-pacifique ; cette hypothèse n'a pas été entérinée, et la liste de référence du Comité de taxonomie de la Society for Marine Mammalogy, mise à jour en avril 2026, ne reconnaît toujours qu'une seule espèce sans sous-espèce. Le caryotype comporte 42 chromosomes.
L'espèce est présente dans les eaux tropicales et tempérées chaudes de tous les océans, où elle fréquente principalement le talus continental (au-delà de 200 m de fond) et les eaux océaniques du large. Elle semble rechercher des eaux légèrement plus chaudes que le cachalot pygmée. À Hawaï, les taux de rencontre sont les plus élevés entre 500 et 1 000 m de profondeur ; les juvéniles se tiennent en moyenne plus près de la côte, sur le rebord externe du plateau et le haut du talus, tandis que les adultes gagnent des fonds plus importants. La répartition connue s'étend du Japon à la Tasmanie et à la Nouvelle-Zélande dans le Pacifique ouest, et de la Virginie au sud du Brésil dans l'Atlantique ouest. Les lacunes apparentes de cette carte tiennent surtout au manque d'effort d'observation en haute mer.
Aucune estimation mondiale n'existe. Les rares chiffres régionaux disponibles donnent environ 37 440 individus dans les eaux hawaïennes (estimation révisée à partir de la campagne de 2002), environ 11 200 dans le Pacifique tropical oriental, et 7 750 pour les deux espèces de Kogia confondues dans les eaux américaines de l'Atlantique nord-ouest.
En Europe, l'espèce est rare et connue surtout par des échouages : côtes atlantiques de France et d'Espagne, Açores, Madère, Canaries, avec une observation en eau très profonde au large du Portugal. Les signalements des Féroé et d'Angleterre sont considérés comme extralimitaux. En Méditerranée, plusieurs échouages ont été enregistrés en Italie, mais l'espèce y est tenue pour erratique. En France métropolitaine, le Réseau National Échouages coordonné par l'Observatoire Pelagis n'a recensé que quatre signalements de cachalot nain entre 1990 et 2023, contre 38 cachalots pygmées ; le dernier en date, un individu de 223 cm pour 166 kg, a été trouvé à La Baule (Loire-Atlantique) en septembre 2023. L'espèce est également signalée en outre-mer, et une présence tout au long de l'année a été rapportée au large de la côte nord de La Réunion.
Le cachalot nain se nourrit principalement de céphalopodes : des proies appartenant à quinze familles de céphalopodes et seize familles de poissons ont été identifiées, complétées par des crustacés et, à l'occasion, des salpes. Les animaux échoués en Europe avaient consommé des calmars de profondeur (Histioteuthis bonnellii, H. reversa, Chiroteuthis veranii, Ctenopteryx sicula) et le crabe nageur Polybius. La capture se fait surtout par succion : l'espèce possède l'un des angles d'ouverture buccale et l'une des capacités d'aspiration les plus remarquables de tous les odontocètes, tout en restant capable de saisir et manipuler ses proies. La forme aplatie du museau et des abrasions observées sur la tête d'un individu vivant suggèrent qu'il s'alimente au voisinage du fond.
Les plongées d'adultes et de grands subadultes atteignent 22 minutes ; des durées de 15 à 43 minutes ont été rapportées pour un animal isolé dans le golfe de Californie. En moyenne, les longues plongées durent une dizaine de minutes, séparées par des séries de respirations d'environ 78 secondes. Les femelles accompagnées d'un nouveau-né plongent beaucoup moins longtemps, de 2 à 5 minutes. L'animal ne souffle pratiquement pas de façon visible, se laisse dériver en surface (« logging ») puis coule verticalement sans sortir la queue. Ses vocalisations se limitent à des clics à bande étroite et haute fréquence, dont les pics se situent vers 123 kHz et 127–129 kHz ; aucun sifflement n'a été décrit.
Face à un danger, le cachalot nain émet un nuage de fèces brun-rouge qui peut couvrir une centaine de mètres carrés, une parade comparable à celle de l'encre des céphalopodes, observée chez une femelle qui s'y dissimulait avec son petit.
Les groupes sont très petits : la taille moyenne va de 1,6 à 2,7 individus selon les régions, avec un maximum signalé de douze animaux. À Hawaï, une population résidente à l'année a été mise en évidence par photo-identification, avec des domaines vitaux restreints (77 km au maximum entre deux observations d'un même individu). Les mâles sont matures entre 2,6 et 3 ans, pour 197 cm, les femelles vers 5 ans, pour 215 cm. La gestation dure environ 12 mois, l'allaitement peut se prolonger un an, le petit étant sevré entre 1,3 et 1,5 m. Le taux d'ovulation (0,7 par an) correspond à un intervalle entre deux mises bas supérieur à un an. Les orques ainsi que les grands requins blancs et les requins tigres comptent parmi ses prédateurs.
Le cachalot nain est classé en « Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation réalisée en 2020 par J. Kiszka et G. Braulik : l'espèce est largement répartie, apparemment relativement abondante, et aucune menace majeure ne pèse sur l'essentiel de son aire. Aucune tendance de population n'est cependant documentée, et aucune sous-population n'est évaluée séparément.
Les prélèvements directs restent limités et localisés : de petits nombres de Kogia, sans que l'espèce soit toujours identifiée, ont été chassés à Saint-Vincent dans les Petites Antilles, aux Philippines, dans le sud du Japon et en Indonésie, et l'animal apparaît occasionnellement sur les marchés du Sri Lanka. Des captures accidentelles sont rapportées dans les filets maillants du Sri Lanka, les filets maillants dérivants de Californie et dans les pêcheries de Taïwan, et plusieurs individus observés à Hawaï portent des traces d'interaction avec des engins de pêche à l'hameçon (lignes et hameçons). L'ingestion de plastique est documentée. L'espèce paraît par ailleurs sensible aux sons anthropiques intenses : un échouage vivant est survenu à Hawaï peu après le début d'un exercice de sonar militaire, et deux cachalots nains figuraient parmi les animaux échoués en masse en Caroline du Nord en janvier 2005, sans qu'un lien causal ait pu être établi. Les cardiomyopathies constituent une cause majeure de mortalité chez les individus échoués sur la côte sud-est des États-Unis.
Sur le plan réglementaire, l'espèce figure à l'Annexe II de la CITES, à l'Annexe III de la Convention de Berne et à l'Annexe IV de la directive Habitats. En Europe, elle relève des accords ASCOBANS et ACCOBAMS ainsi que de la Convention OSPAR ; aux États-Unis, elle est protégée par le Marine Mammal Protection Act.
Observer un cachalot nain relève de la chance. Tout concourt à le rendre invisible : petite taille, groupes réduits, absence de souffle apparent, comportement de surface sans relief, longues plongées et tendance à s'éloigner des navires. Les rencontres ne se produisent guère qu'en mer très calme ; à Hawaï, malgré une abondance estimée élevée, aucune observation n'a été réalisée en effort systématique lors des campagnes de 2010 et 2017. Il faut chercher, sur une mer d'huile, une petite forme sombre immobile ou dérivant lentement, tête et dorsale à peine émergées, qui s'enfonce verticalement plutôt que de sonder queue en l'air ; la silhouette peut se confondre avec un débris flottant ou un petit requin.
En France, la rencontre la plus probable est en réalité un échouage. Un animal échoué, vivant ou mort, doit être signalé au Réseau National Échouages via l'Observatoire Pelagis, sans tenter de le remettre à l'eau ni de le manipuler : ces animaux s'échouent presque toujours parce qu'ils sont affaiblis ou malades, et l'examen du corps constitue la principale source de connaissance sur l'espèce. En mer, la règle est la même que pour les autres cétacés discrets : ne pas poursuivre l'animal, couper les gaz, garder ses distances et laisser le groupe décider de la rencontre. L'ADN environnemental et l'acoustique passive ouvrent aujourd'hui des perspectives nouvelles pour détecter cette espèce sans la déranger.
Ce sont les deux seules espèces de la famille des Kogiidae. Le cachalot nain est le plus petit (2,7 m au maximum). Sa nageoire dorsale est plus développée, à base un peu plus longue, et implantée près du milieu du dos, rappelant celle d'un grand dauphin. Il porte parfois de courts sillons sous la gorge, absents chez le cachalot pygmée, et compte 7 à 12 paires de dents à la mâchoire inférieure (13 paires ont été signalées). En mer, la distinction reste si délicate que beaucoup d'observations sont simplement notées « Kogia sp. ».
Effrayé, il émet un nuage de fèces brun-rouge pouvant couvrir une centaine de mètres carrés, derrière lequel il se dissimule avant de plonger, un comportement analogue à l'encre des calmars. Il a été observé chez une femelle qui s'y cachait avec son petit à chaque approche d'un dauphin.
Il y est très rare. Le Réseau National Échouages, coordonné par l'Observatoire Pelagis, n'a recensé que quatre signalements de cachalot nain en métropole entre 1990 et 2023, contre 38 cachalots pygmées. Le dernier en date, un animal de 223 cm et 166 kg, a été trouvé à La Baule (Loire-Atlantique) en septembre 2023. En Méditerranée, l'espèce est considérée comme erratique. Elle est en revanche signalée en outre-mer, avec une présence rapportée toute l'année au large du nord de La Réunion.
Les plongées d'adultes et de grands subadultes atteignent au maximum une vingtaine de minutes (22 minutes documentées), avec des durées de 15 à 43 minutes rapportées pour un animal isolé dans le golfe de Californie. En moyenne, les longues plongées durent une dizaine de minutes, entrecoupées de séries de respirations d'environ 78 secondes. Les femelles accompagnées d'un nouveau-né plongent beaucoup moins longtemps, de 2 à 5 minutes.
L'UICN le classe en « Préoccupation mineure » depuis son évaluation de 2020, en raison de sa vaste répartition et de l'absence de menace majeure sur l'essentiel de son aire. Aucune tendance de population n'est toutefois documentée. Les pressions identifiées sont les captures accidentelles dans les filets maillants, les interactions avec les engins de pêche à l'hameçon, quelques chasses locales, l'ingestion de plastique et la sensibilité aux sons anthropiques intenses.
Parce qu'il partage l'anatomie caractéristique des cachalots : un organe de spermaceti dans la tête, un évent unique décalé vers la gauche et des dents fonctionnelles principalement à la mâchoire inférieure. Il appartient à la même super-famille que le grand cachalot, les Physeteroidea, dont il est aujourd'hui séparé au sein de la famille des Kogiidae.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 110 observations géolocalisées de Kogia sima sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 45 |
| Mexico | 15 |
| South Africa | 12 |
| Ecuador | 8 |
| Chinese Taipei | 4 |
| New Zealand | 4 |
| Oman | 4 |
| Sri Lanka | 4 |
| Portugal | 3 |
| Indonesia | 3 |

Répartition mensuelle de 120 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en mars.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 8 |
| février | 8 |
| mars | 17 |
| avril | 8 |
| mai | 9 |
| juin | 10 |
| juillet | 14 |
| août | 12 |
| septembre | 6 |
| octobre | 10 |
| novembre | 7 |
| décembre | 11 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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