| Nom scientifique | Megaptera novaeangliae (Borowski, 1781) |
|---|---|
| Autres noms | Mégaptère, jubarte, rorqual à bosse (Canada francophone), baleine tampon, rorqual du Cap ; humpback whale en anglais. |
| Taille | 13 à 16 m en moyenne, jusqu'à 17-18 m signalés ; les femelles dépassent les mâles de 1 à 1,5 m. Nouveau-né : 4 à 5 m. |
| Poids | 25 à 40 tonnes à l'âge adulte ; environ 600 à 900 kg à la naissance. |
| Longévité | Au moins 50 ans ; les sources divergent (environ 70 ans selon la NAMMCO, 80 à 90 ans selon la NOAA). Record documenté : 95 ans. |
| Régime | Krill (Euphausia superba dans l'océan Austral), copépodes et petits poissons grégaires : hareng, capelan, lançon, maquereau. Filtration par engouffrement, souvent au moyen d'un filet de bulles coopératif. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial, évaluation 2018, tendance en augmentation, environ 135 000 individus dont quelque 84 000 matures ; l'espèce était Vulnérable jusqu'en 2008. Sous-populations d'Océanie et de mer d'Arabie : En danger (EN). Aucune sous-population méditerranéenne n'est reconnue, l'espèce n'étant qu'occasionnelle en Méditerranée. En France : Vulnérable sur la Liste rouge de La Réunion, Vulnérable en Martinique (2020), Quasi menacée en Guadeloupe (2022). |
La baleine à bosse est un grand rorqual de 13 à 16 m, reconnaissable à ses nageoires pectorales démesurées et à sa tête couverte de tubercules. Grande migratrice, elle relie chaque année les eaux froides où elle se nourrit aux eaux tropicales peu profondes où elle met bas. Rescapée de la chasse industrielle, elle est aujourd'hui classée en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN, deux sous-populations restant toutefois En danger.
Avec 13 à 16 m pour 25 à 40 tonnes, la baleine à bosse est un rorqual de taille moyenne au corps trapu, plus massif que celui des autres balénoptères ; les femelles dépassent les mâles de 1 à 1,5 m et des individus de 17 à 18 m ont été signalés. Sa signature la plus sûre reste ses nageoires pectorales : blanches ou largement marquées de blanc, elles atteignent le tiers de la longueur du corps, souvent plus de 4 m, et leur bord d'attaque est découpé en une série de bosses. La tête, large et aplatie, est constellée de tubercules, protubérances de 5 à 10 cm de diamètre saillant jusqu'à 6,5 cm, chacune coiffée d'un poil sensoriel. Une petite nageoire dorsale est posée sur un renflement charnu, la « bosse » qui a donné son nom à l'animal. La gorge est parcourue de 14 à 35 sillons ventraux, bien moins nombreux que chez les autres rorquals, et la bouche renferme 540 à 800 fanons noirs.
Le dos est noir, le ventre variablement noir et blanc, les individus de l'hémisphère sud étant généralement plus clairs. La nageoire caudale, au bord de fuite irrégulièrement dentelé, porte sur sa face inférieure un motif de pigmentation propre à chaque animal : ce « code-barres » est le socle du suivi des populations, de La Réunion à la Nouvelle-Calédonie.
Sur le terrain, la silhouette courte et bossue et l'habitude de relever haut la queue avant de sonder la séparent du rorqual commun et du petit rorqual, à dorsale haute et falciforme, tête lisse et pectorales courtes et sombres. Les baleines franches (genre Eubalaena), dépourvues de nageoire dorsale et de sillons ventraux, ne prêtent guère à confusion. Enfin, l'exubérance de surface, sauts, claquements de pectorales, coups de caudale, suffit souvent à trancher.
Décrite sous le nom de Balaena novaeangliae par Georg Heinrich Borowski en 1781, l'espèce est placée en 1846 par John Edward Gray dans le genre Megaptera, dont elle est l'unique représentante actuelle. Le nom signifie littéralement « grande aile », allusion aux pectorales, « de Nouvelle-Angleterre ». Elle appartient à la famille des Balaenopteridae, les rorquals. Une étude génétique de 2014 reconnaît trois sous-espèces : M. n. novaeangliae (Atlantique Nord), M. n. kuzira (Pacifique Nord) et M. n. australis (hémisphère sud). La population de la mer d'Arabie, isolée depuis environ 70 000 ans et non migratrice, pourrait constituer une entité supplémentaire.
La baleine à bosse fréquente tous les océans, des tropiques aux abords des glaces : elle a été notée jusqu'à 81° N autour de la Terre François-Joseph, et l'aire couramment retenue s'étend du 71e parallèle nord au 60e parallèle sud. Absente de l'Arctique central et des mers fermées, elle privilégie les eaux du plateau continental. Son cycle annuel est un aller-retour entre zones d'alimentation froides, exploitées en été, et zones de reproduction chaudes occupées en hiver, jusqu'à 8 000 km dans un sens. La photo-identification a révélé des trajets bien plus longs encore : deux individus ont été reliés du banc d'Abrolhos (Brésil) à Hervey Bay (Australie), soit au moins 15 100 km à vol d'oiseau (Royal Society Open Science, 2026). La NOAA distingue 14 segments de population à l'échelle mondiale.
En France métropolitaine, l'espèce reste rare mais de mieux en mieux documentée : observations éparses dans le golfe de Gascogne et en Manche, et dix-sept échouages recensés depuis 1980 selon l'Observatoire Pelagis. En Méditerranée, ce n'est qu'une visiteuse très occasionnelle, issue d'incursions atlantiques dans le nord du bassin occidental, notamment dans le sanctuaire Pelagos. C'est outre-mer que l'espèce est vraiment chez elle : les Antilles françaises (sanctuaire Agoa, 143 256 km²), La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française accueillent chaque année des zones de reproduction et de mise bas.
Filtreuse par engouffrement, elle gonfle ses sillons ventraux puis expulse l'eau à travers ses fanons. Son régime associe krill, Euphausia superba dans l'océan Austral, copépodes et petits poissons grégaires (hareng, capelan, lançon, maquereau). Elle a développé une technique coopérative unique, le filet de bulles : un ou plusieurs animaux nagent en spirale ascendante en libérant de l'air, enfermant le banc de proies dans un cylindre de bulles avant de remonter gueule ouverte. Les plongées restent modestes : 80 m le plus souvent (616 m au maximum documenté), moins de 5 minutes en été, 15 à 20 minutes en hiver.
Le chant des mâles est le trait le plus célèbre de l'espèce. Émis surtout en saison de reproduction, il couvre 100 Hz à 4 kHz, dure de 4 à 33 minutes selon les régions, jusqu'à plusieurs heures à Hawaï, et s'organise hiérarchiquement en unités, phrases et thèmes. Tous les mâles d'une même zone chantent la même version, qui évolue au fil des saisons et se propage de population en population : un cas d'école de culture animale. Sa fonction exacte reste débattue.
La vie sociale est fluide : hors du couple mère-baleineau, les associations durent quelques jours. En hiver, les femelles sont suivies d'escortes mâles rivales qui s'affrontent à coups de caudale et de tête. La gestation dure environ 11 à 11,5 mois et donne un unique baleineau de 4 à 5 m pour 600 à 900 kg, allaité jusqu'à un an mais capable d'ingérer des proies solides vers six mois. L'intervalle entre deux naissances est de 2 à 3 ans et la maturité sexuelle survient entre 4 et 10 ans, parfois jusqu'à 15 selon les populations.
La chasse industrielle a failli faire disparaître l'espèce : plus de 200 000 individus tués dans le seul hémisphère sud au XXe siècle, l'Atlantique Nord tombant à quelque 700 animaux. La Commission baleinière internationale a interdit sa chasse commerciale en 1966, alors qu'il ne subsistait peut-être que 5 000 baleines à bosse ; l'URSS a néanmoins poursuivi clandestinement, déclarant 2 820 captures entre 1947 et 1972 pour plus de 48 000 réelles.
Le rétablissement a été spectaculaire. L'UICN a reclassé l'espèce de « Vulnérable » à « Préoccupation mineure » (LC) en 2008, statut confirmé par l'évaluation de 2018 qui retient environ 135 000 individus, dont quelque 84 000 matures, et une tendance à l'augmentation. Deux sous-populations restent En danger (EN) : celle d'Océanie, qui inclut la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, et celle, isolée et non migratrice, de la mer d'Arabie (de l'ordre de 80 individus). Aux États-Unis, 4 des 14 segments de population reconnus demeurent classés « endangered » et un « threatened ».
Les menaces actuelles sont l'empêtrement dans les engins de pêche, les collisions avec les navires, le bruit sous-marin, le dérangement par les bateaux et le changement climatique, qui redistribue les proies. L'espèce figure aux annexes I de la CITES et de la CMS (depuis 1979). En France, elle est intégralement protégée par l'arrêté du 1er juillet 2011 modifié ; elle est classée Vulnérable sur la Liste rouge de La Réunion, Vulnérable en Martinique (2020) et Quasi menacée en Guadeloupe (2022). Des quotas aborigènes de subsistance subsistent au Groenland occidental (10 animaux par an, avec report possible des animaux non prélevés) et à Bequia, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines (4 par an au maximum, souvent aucun).
En France métropolitaine, l'observation relève du hasard : quelques errants en Manche, l'un a séjourné en baie de Seine en mars 2024, et dans le golfe de Gascogne, une présence anecdotique en Méditerranée.
C'est outre-mer que l'espèce s'observe de façon fiable, toujours sur ses aires de reproduction hivernales. Aux Antilles (sanctuaire Agoa : Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy), la saison court de décembre à mai avec un pic de janvier à mars, le plateau reliant Saint-Martin, Anguilla et Saint-Barthélemy constituant un secteur clé. Dans l'océan Indien, La Réunion accueille les baleines de juin à octobre, surtout au large de Saint-Gilles et de Saint-Pierre, avec une fréquentation très variable, de 13 à plus de 1 100 individus identifiés par saison depuis 2004 selon Globice ; le lagon de Mayotte sert de nurserie de juillet à novembre, avec un pic en août-septembre. Dans le Pacifique, la Nouvelle-Calédonie les reçoit de mi-juillet à mi-septembre et la Polynésie française de juillet à novembre.
L'éthique n'est pas facultative. La réglementation française interdit toute perturbation intentionnelle et l'approche à moins de 100 m dans les aires marines protégées (arrêté du 1er juillet 2011 modifié en 2020, applicable depuis le 1er janvier 2021) ; dans le sanctuaire Agoa, un arrêté préfectoral porte cette distance à 300 m, en surface, sous l'eau et par drone, sauf dérogation. En pratique : approche latérale et lente, observation brève, priorité absolue aux couples mère-baleineau et recours à des opérateurs formés.
Elle mesure généralement 13 à 16 m pour 25 à 40 tonnes, les femelles étant 1 à 1,5 m plus grandes que les mâles ; des individus de 17 à 18 m ont été signalés. Le nouveau-né fait déjà 4 à 5 m pour 600 à 900 kg selon les sources.
Oui, mais essentiellement outre-mer : aux Antilles (sanctuaire Agoa) de décembre à mai, à La Réunion de juin à octobre, à Mayotte de juillet à novembre, en Nouvelle-Calédonie de mi-juillet à mi-septembre et en Polynésie française de juillet à novembre. En métropole l'espèce est rare : observations éparses en Manche et dans le golfe de Gascogne, dix-sept échouages recensés depuis 1980, et présence très occasionnelle en Méditerranée.
Seuls les mâles chantent, surtout pendant la saison de reproduction. Le chant, structuré en unités, phrases et thèmes entre 100 Hz et 4 kHz, dure de 4 à 33 minutes et peut être répété pendant des heures. Tous les mâles d'une même zone partagent la même version, qui évolue au fil des saisons et se propage d'une population à l'autre. Sa fonction exacte, compétition entre mâles, attraction des femelles, cohésion sociale, reste débattue.
À l'échelle mondiale, elle est classée en préoccupation mineure (LC) depuis 2008, avec environ 135 000 individus et une tendance à la hausse. Mais deux sous-populations restent En danger (EN) : celle d'Océanie, qui inclut la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, et celle de la mer d'Arabie, forte d'environ 80 animaux. Empêtrement dans les engins de pêche, collisions avec les navires, bruit sous-marin et changement climatique demeurent les principales pressions.
Les sources divergent nettement : au moins 50 ans selon les synthèses classiques, environ 70 ans selon la NAMMCO, 80 à 90 ans selon la NOAA. Le record documenté est de 95 ans. La détermination de l'âge chez les grands cétacés reste difficile, ce qui explique ces écarts.
L'arrêté du 1er juillet 2011 modifié interdit toute perturbation intentionnelle et, depuis le 1er janvier 2021, l'approche à moins de 100 m dans les aires marines protégées. Dans le sanctuaire Agoa (Antilles françaises), un arrêté préfectoral porte cette distance à 300 m, en surface, sous l'eau (plongeurs) et par drone, sauf dérogation accordée aux opérateurs autorisés.
La chasse commerciale est interdite depuis 1966 par la Commission baleinière internationale. Seuls subsistent des quotas de chasse aborigène de subsistance, très encadrés : 10 animaux par an au Groenland occidental, avec report possible des animaux non prélevés, et un maximum de 4 par an à Bequia, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, plafond souvent non atteint.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 28 986 observations géolocalisées de Megaptera novaeangliae sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 12 045 |
| Canada | 4 675 |
| Australia | 3 172 |
| Antarctica | 1 862 |
| Mexico | 1 808 |
| Iceland | 1 075 |
| South Africa | 468 |
| Costa Rica | 316 |
| Norway | 310 |
| Netherlands | 297 |

Répartition mensuelle de 29 104 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juillet.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 1 750 |
| février | 1 903 |
| mars | 1 568 |
| avril | 1 134 |
| mai | 1 494 |
| juin | 3 341 |
| juillet | 4 834 |
| août | 4 475 |
| septembre | 3 586 |
| octobre | 2 435 |
| novembre | 1 270 |
| décembre | 1 314 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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