| Nom scientifique | Indopacetus pacificus (Longman, 1926), genre Indopacetus Moore, 1968 |
|---|---|
| Autres noms | Mésoplodon de Longman ; baleine à bec indo-pacifique. Anglais : Longman's beaked whale, Indo-Pacific beaked whale, tropical bottlenose whale. Espagnol : zifio de Longman. Japonais : タイヘイヨウアカボウモドキ. |
| Taille | 5,65 à 6,50 m mesurés sur des animaux échoués, les femelles étant légèrement plus grandes que les mâles ; les estimations réalisées en mer, plus élevées (7 à 9 m), restent incertaines. Nouveau-né : 2,4 à 2,9 m. |
| Poids | Aucune pesée fiable n'est disponible : NOAA Fisheries indique une masse inconnue, tandis que certaines synthèses avancent une estimation non confirmée de l'ordre de 7 tonnes. |
| Longévité | Mal documentée ; les données disponibles indiquent que des individus atteignent au moins une vingtaine d'années. |
| Régime | Principalement des calmars de pleine eau (Taonius pavo, Onychoteuthis borealijaponica, Chiroteuthis picteti, Histioteuthis inermis…), complétés par quelques poissons ; capture par succion. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation selon les critères de la version 3.1, évaluation mondiale du 23 août 2020 par R. L. Pitman et R. L. Brownell Jr., publiée en 2020. Tendance de population inconnue. Aucune sous-population n'est évaluée séparément. L'espèce était auparavant classée « Données insuffisantes » (DD), statut encore relayé par de nombreuses fiches. |
Seul représentant du genre Indopacetus, la baleine à bec de Longman n'a longtemps été connue que par deux crânes, ce qui lui a valu la réputation de cétacé le plus rare du monde. On sait aujourd'hui qu'elle fréquente les eaux océaniques profondes de tout l'Indo-Pacifique tropical, où elle forme des groupes parfois nombreux. En France, elle ne concerne que l'outre-mer : un échouage collectif de sept individus a été documenté en Nouvelle-Calédonie le 16 novembre 2013.
De taille moyenne pour un ziphiidé, la baleine à bec de Longman présente un corps massif et fusiforme. Les individus mesurés à l'échouage s'échelonnent entre 5,65 et 6,50 m environ. Lors de l'échouage collectif de Nouvelle-Calédonie, les deux femelles adultes atteignaient 6,18 et 6,40 m contre 5,90 m pour le mâle adulte, ce qui suggère des femelles légèrement plus grandes. Les longueurs estimées à distance en mer, souvent supérieures, doivent être maniées avec prudence, et aucun individu n'a fait l'objet d'une pesée fiable.
La silhouette est caractéristique : melon bulbeux et abrupt, nettement séparé d'un rostre long et tubulaire par un pli marqué ; nageoire dorsale haute, falciforme et proportionnellement grande pour une baleine à bec, insérée aux deux tiers arrière du corps. La robe va du brun foncé au gris ardoise, avec un melon, un bec et une zone gulaire plus clairs, beige, brun clair ou blanchâtre, qui tendent à s'éclaircir avec l'âge. Comme chez la plupart des ziphiidés, seuls les mâles adultes développent une paire de dents coniques à l'extrémité de la mandibule ; leur dos porte des cicatrices linéaires parallèles issues des combats entre mâles, auxquelles s'ajoutent les morsures ovales des squalelets féroces. Un pou de baleine propre à l'espèce, Isocyamus indopacetus, se fixe dans les plis et les cicatrices.
Les confusions sont fréquentes. Le souffle, bas mais bien visible et touffu, inhabituel chez les baleines à bec, et la grande nageoire dorsale lui ont longtemps valu d'être prise pour une hyperoodon. À distance, un groupe compact peut évoquer des globicéphales tropicaux, avec lesquels l'espèce s'associe réellement. Le rostre long et le melon clair la distinguent du ziphius (Ziphius cavirostris), au bec court, et du mésoplodon de Blainville (Mesoplodon densirostris), plus petit et à mandibule fortement arquée.
Décrite en 1926 par Heber A. Longman à partir d'un crâne et d'une mandibule recueillis en 1882 à Mackay (Queensland, Australie), l'espèce fut d'abord nommée Mesoplodon pacificus. En 1968, Joseph C. Moore, s'appuyant sur un second crâne trouvé en 1955 près de Danane, en Somalie, démontra qu'elle ne pouvait être rangée parmi les mésoplodons et érigea pour elle le genre Indopacetus, resté monotypique. L'autorité valide s'écrit donc (Longman, 1926). La famille des baleines à bec est le plus souvent désignée sous le nom de Ziphiidae, Hyperoodontidae étant un nom de remplacement retenu par certaines classifications. Pendant des décennies, les grands ziphiidés tropicaux aperçus en mer étaient rapportés sous l'appellation provisoire de « tropical bottlenose whale » ; des analyses génétiques publiées en 2003 ont établi qu'il s'agissait bien d'Indopacetus pacificus, faisant passer l'espèce du statut d'énigme ostéologique à celui d'animal identifiable en mer.
L'espèce est strictement indo-pacifique et absente de l'Atlantique. Elle occupe les eaux océaniques profondes tropicales et subtropicales, sous des températures de surface comprises entre 21 et 31 °C, depuis l'Afrique orientale et australe, la mer d'Arabie, les Maldives, le Sri Lanka et le golfe du Bengale jusqu'au Japon, à Taïwan, aux Philippines et à l'Australie. Quelques observations plus orientales, dans le Pacifique oriental (Mexique, île Guadalupe, golfe de Californie), ont été faites en 1992 et 1993 mais sont tenues pour extralimitales : elles coïncident avec des eaux anormalement chaudes liées à El Niño et ne traduisent pas une présence régulière. Les eaux hawaïennes concentrent la majorité des observations documentées. La Liste rouge de l'UICN la signale dans les domaines épipélagique, mésopélagique et bathypélagique ; en pratique, elle fréquente presque exclusivement les grands fonds, au-delà de 1 000 m.
En France, l'espèce n'est pas présente en métropole : ni en Méditerranée, ni dans le golfe de Gascogne, ni en Manche. Elle ne concerne que l'outre-mer, l'Office français de la biodiversité la mentionnant pour la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et les îles indo-tropicales ; elle figure également dans les inventaires de cétacés de La Réunion. L'événement français le mieux documenté reste l'échouage collectif de sept individus survenu le 16 novembre 2013 dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, étudié en détail et publié en 2016.
Le régime alimentaire, reconstitué à partir de contenus stomacaux d'animaux échoués, est dominé par les céphalopodes de pleine eau : les becs de calmars mésopélagiques y sont abondants, avec des taxons tels que Taonius pavo, Onychoteuthis borealijaponica, Chiroteuthis picteti ou Histioteuthis inermis, quelques poissons complétant l'ordinaire. Comme les autres baleines à bec, l'espèce capture ses proies par succion, aidée par les deux sillons gulaires en V. Les plongées enregistrées durent le plus souvent de 11 à 33 minutes, un seul individu ayant été suivi lors d'une plongée d'au moins 45 minutes. Son biosonar émet des clics autour de 15 kHz et de 25 kHz, ainsi que des impulsions modulées en fréquence, conformes à ce que l'on connaît des autres ziphiidés.
C'est l'un des ziphiidés les plus grégaires. La taille moyenne des groupes varie selon les régions, de 7,2 individus dans l'ouest de l'océan Indien à 29,2 dans le Pacifique occidental, les rassemblements comptant de 1 à une centaine d'animaux. Les groupes sont cohésifs et se déplacent souvent en formation serrée ; ils s'associent aux globicéphales tropicaux, aux grands dauphins et aux dauphins à long bec. Contrairement à l'image discrète des baleines à bec, l'espèce saute hors de l'eau, nage en marsouinant à vive allure et manifeste parfois de la curiosité envers les navires.
La reproduction demeure très mal connue. Les nouveau-nés mesurent environ 2,4 à 2,9 m ; le jeune échoué en Nouvelle-Calédonie, long d'environ 3 m, avait moins d'un an. Une femelle de 6 m échouée aux Maldives portait un fœtus d'environ 1 m. Ni la durée de gestation, ni l'âge à la maturité sexuelle ne sont établis, et la longévité n'est connue que par défaut : les données disponibles indiquent au moins une vingtaine d'années.
Évaluée le 23 août 2020 par R. L. Pitman et R. L. Brownell Jr., la baleine à bec de Longman est classée « Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN. Ce classement corrige une évaluation antérieure en « Données insuffisantes » : l'espèce s'est révélée localement assez commune sur une aire de répartition très vaste, ce qui rend improbable son appartenance à une catégorie de menace. La tendance démographique reste néanmoins inconnue. Deux estimations d'abondance sont disponibles : environ 4 571 individus (CV = 0,65) dans les eaux hawaïennes et 291 individus (CV = 100 %) dans le Pacifique tropical oriental, des chiffres très imprécis, qui traduisent la rareté des rencontres.
Les menaces identifiées sont celles des grands plongeurs pélagiques : captures accidentelles dans les filets maillants dérivants et les palangres, notamment dans le nord de l'océan Indien et au Sri Lanka ; pollution sonore d'origine militaire (sonars actifs) et sismique ; ingestion de plastiques ; contaminants et collisions. Les nécropsies menées en Nouvelle-Calédonie ont mis en évidence des débris plastiques dans l'estomac de deux animaux, de fortes concentrations de mercure, fer, sélénium et zinc dans le foie et de cadmium dans les reins, ainsi qu'un cas de morbillivirus qui pourrait avoir joué un rôle majeur dans cet échouage. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES, couverte par le mémorandum d'entente sur la conservation des cétacés du Pacifique insulaire, et protégée sur le territoire français, où destruction, capture, perturbation intentionnelle et détention sont interdites.
Rencontrer cette espèce relève de la chance : nombre de spécialistes des eaux tropicales ne l'ont jamais vue. Les secteurs les plus favorables sont les eaux profondes au large des îles Hawaï, des Maldives, du Sri Lanka et du Pacifique occidental, ainsi que la Nouvelle-Calédonie. Il faut chercher au large, sur des fonds supérieurs à 1 000 m, par mer calme.
Les indices utiles sont le souffle bas mais bien visible et touffu, la grande nageoire dorsale falciforme très reculée, le melon clair contrastant avec un dos sombre, et surtout la taille inhabituelle des groupes pour une baleine à bec, parfois plusieurs dizaines d'animaux, éventuellement mêlés à des globicéphales tropicaux.
L'approche doit rester prudente. Les ziphiidés comptent parmi les cétacés les plus sensibles au dérangement et au bruit sous-marin : ne jamais couper la route du groupe, réduire l'allure, garder ses distances et limiter la durée d'observation. Toute observation ou tout échouage mérite d'être signalé aux réseaux locaux, comme Opération Cétacés en Nouvelle-Calédonie ou Globice à La Réunion : chaque donnée compte pour une espèce aussi peu connue.
Elle a longtemps porté ce titre, n'étant connue que par deux crânes. Les observations en mer et l'estimation de plus de 4 500 individus dans les seules eaux hawaïennes montrent qu'elle est surtout discrète. Ce titre revient aujourd'hui à la baleine à bec de Travers (Mesoplodon traversii).
Son melon bulbeux, sa grande nageoire dorsale et son souffle bien visible l'ont fait longtemps confondre avec une hyperoodon (bottlenose whale) sous les tropiques. Des analyses génétiques publiées en 2003 ont montré que ces observations correspondaient bien à Indopacetus pacificus.
« Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l'UICN depuis l'évaluation du 23 août 2020, qui remplace un ancien statut « Données insuffisantes ». La tendance de population reste inconnue. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et protégée en France.
Uniquement en outre-mer. Elle est signalée en Nouvelle-Calédonie, à Wallis-et-Futuna et dans les îles indo-tropicales, et figure dans les inventaires de cétacés de La Réunion. Elle est absente de Méditerranée, du golfe de Gascogne et de la Manche.
Sept individus se sont échoués ensemble dans le sud du territoire le 16 novembre 2013 : un mâle adulte, deux femelles adultes, deux femelles subadultes, un jeune et un individu indéterminé. Les nécropsies ont révélé plastiques, contaminants et un cas de morbillivirus, sans indice de lien avec des sonars.
Les plongées enregistrées durent généralement de 11 à 33 minutes, un seul individu ayant été suivi lors d'une plongée d'au moins 45 minutes. L'espèce se nourrit surtout de calmars mésopélagiques, qu'elle aspire grâce à une succion puissante, les mâles seuls possédant une paire de dents apparentes.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 10 observations géolocalisées de Indopacetus pacificus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Australia | 3 |
| Chinese Taipei | 3 |
| United States of America | 3 |
| Japan | 2 |
| Philippines | 2 |
| India | 1 |
| New Caledonia | 1 |
| Yemen | 1 |

Répartition mensuelle de 12 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juin.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 1 |
| février | 0 |
| mars | 1 |
| avril | 0 |
| mai | 0 |
| juin | 2 |
| juillet | 2 |
| août | 1 |
| septembre | 2 |
| octobre | 1 |
| novembre | 2 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.




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