| Nom scientifique | Phocoena sinus Norris & McFarland, 1958 |
|---|---|
| Autres noms | Vaquita ; vaquita marina, cochito (espagnol) ; vaquita, Gulf of California porpoise (anglais) |
| Taille | Femelles jusqu'à environ 150 cm, mâles jusqu'à environ 140 cm ; nouveau-né d'environ 75 cm |
| Poids | Environ 30 à 55 kg chez l'adulte (maximum documenté de l'ordre de 48 kg) ; environ 7 kg à la naissance |
| Longévité | Environ 20 ans ; le plus vieil individu documenté avait au moins 21 ans |
| Régime | Poissons démersaux et benthiques (grondeurs, sciénidés), calmars et crustacés |
| Statut UICN | En danger critique d'extinction (CR), critères A2a ; C1+2a(ii) ; D ; E, évaluation publiée en 2022, tendance décroissante. Classé CR sans interruption depuis 1996 (Vulnérable en 1978, En danger en 1990). Aucune sous-population distincte reconnue, l'espèce étant endémique du haut golfe de Californie. |
Le marsouin du golfe de Californie, universellement connu sous son nom espagnol de vaquita, est le plus petit cétacé du monde et, aujourd'hui, le plus menacé. Endémique d'un coin du haut golfe de Californie, au Mexique, il ne subsisterait qu'à une poignée d'individus après une chute d'environ 99 % de ses effectifs entre 1997 et 2018, causée par la noyade dans les filets maillants. Les campagnes les plus récentes montrent néanmoins que les derniers animaux continuent de se reproduire.
Avec une longueur maximale d'environ 150 cm chez les femelles et 140 cm chez les mâles, pour une masse adulte comprise entre environ 30 et 55 kg, le vaquita est le plus petit cétacé connu. Le nouveau-né mesure de l'ordre de 75 cm pour environ 7 kg. La silhouette est celle, trapue et compacte, des marsouins : tête arrondie sans rostre saillant, corps fuselé, absence de bec. La coloration associe un dos gris foncé, des flancs gris pâle et un ventre blanc.
Le trait le plus reconnaissable est la face. Des taches noires bien marquées cernent les yeux et bordent les lèvres, dessinant une expression souvent comparée à un maquillage. L'aileron dorsal, triangulaire, est proportionnellement haut et large pour un marsouin, une particularité que l'on interprète généralement comme une adaptation à la thermorégulation dans des eaux qui peuvent devenir très chaudes en été. Le dimorphisme sexuel est net : les femelles sont plus longues, avec une tête plus volumineuse et des nageoires pectorales plus larges, tandis que les mâles portent un aileron dorsal plus développé. Comme chez tous les Phocoenidae, les dents sont spatulées et non coniques.
La confusion sur le terrain est peu probable, car aucun autre marsouin ne fréquente le golfe de Californie ; les petits cétacés que l'on y rencontre (grand dauphin, dauphin commun) sont plus grands, plus démonstratifs et pourvus d'un bec. La confusion la plus fréquente est en réalité linguistique : le « marsouin » observable en France est le marsouin commun (Phocoena phocoena), espèce voisine mais bien distincte, plus grande, plus sombre et sans masque facial noir.
Phocoena sinus appartient à la famille des Phocoenidae, celle des marsouins, et au genre Phocoena, qu'il partage notamment avec le marsouin commun (Phocoena phocoena), le marsouin de Burmeister (Phocoena spinipinnis) et le marsouin à lunettes (Phocoena dioptrica). L'espèce a été décrite en 1958 par les zoologistes américains Kenneth S. Norris et William N. McFarland, à partir de crânes récoltés sur une plage du haut golfe de Californie. Fait rare pour un cétacé, il a fallu attendre 1985 et l'examen de spécimens frais pour que son apparence externe soit décrite complètement : l'animal est si discret que sa morphologie est restée longtemps conjecturale.
Endémique de l'extrémité nord du golfe de Californie (Mexique), sur environ 4 000 km² au large de San Felipe ; eaux côtières turbides de 10 à 50 m de fond. Absent de toutes les eaux françaises, métropole et outre-mer comprises.
Solitaire ou en paires, parfois en groupes d'une dizaine d'individus ; écholocation à bande étroite culminant vers 139 kHz ; maturité sexuelle à 3-6 ans ; gestation de 10 à 11 mois ; un petit unique, généralement de février à avril ; allaitement de 6 à 8 mois ; intervalle entre naissances généralement de deux ans, des mises bas annuelles ayant toutefois été documentées ; longévité d'environ 20 ans.
En danger critique d'extinction (UICN, évaluation 2022) ; Annexe I de la CITES ; espèce « endangered » au titre de l'Endangered Species Act américain et « depleted » au titre du Marine Mammal Protection Act. Menace unique et dominante : la noyade dans les filets maillants, notamment ceux du braconnage du totoaba. Protections successives : refuge de 1 263 km² (2005), interdiction des filets maillants (2015, puis 2017), zone de tolérance zéro (2020), blocs de béton anti-filets immergés par la Marine mexicaine (2022).
Espèce non observable en pratique : pas de whale-watching, jamais maintenue durablement en captivité (les deux seules tentatives, en 2017, se sont soldées par un échec), observations réservées aux campagnes scientifiques officielles menées par mer très calme depuis de grands navires équipés de jumelles de forte puissance.
La campagne de septembre 2025 a conclu, par élicitation d'experts, à une probabilité de 67 % que 7 à 10 individus différents aient été vus dans la zone étudiée, contre 6 à 8 en 2024 et 8 à 12 en 2023. Ces chiffres sont des minima d'animaux observés et non une estimation complète de la population : ils confirment surtout qu'il ne subsiste très probablement pas plus d'une dizaine à une quinzaine d'individus.
Pour une seule raison : la capture accidentelle dans les filets maillants. L'espèce n'est pas chassée. Elle se noie dans les engins posés pour la crevette et surtout pour le totoaba, un poisson de taille comparable dont la vessie natatoire alimente un trafic illégal très lucratif vers l'Asie.
Oui. Les femelles ne dépassent guère 150 cm et les mâles 140 cm, pour une masse adulte d'environ 30 à 55 kg. Il détient également la plus petite aire de répartition de tous les mammifères marins, de l'ordre de 4 000 km².
Non. L'espèce est strictement endémique du haut golfe de Californie, au Mexique, et n'a jamais été signalée ailleurs. Le marsouin que l'on peut rencontrer en France, en Manche ou dans le golfe de Gascogne, est le marsouin commun (Phocoena phocoena), une espèce voisine mais différente.
L'expérience a été tentée en octobre-novembre 2017 avec le programme VaquitaCPR : deux femelles ont été capturées et placées temporairement en enclos flottant. La première, une jeune femelle, a dû être relâchée en raison du stress ; la seconde, adulte, est morte, ce qui a mis fin au programme. Le vaquita n'a jamais été maintenu durablement en captivité, et la conservation repose désormais entièrement sur la protection de son habitat et l'élimination des filets maillants.
Les données restent trop imprécises pour établir une tendance, mais les campagnes de 2023 à 2025 ne montrent plus de chute de l'ampleur constatée auparavant, de l'ordre de 45 % par an. Des petits sont observés chaque année ou presque, et des mesures par drone en 2025 ont confirmé la survie d'individus nés après 2022 : la reproduction se poursuit.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 3 observations géolocalisées de Phocoena sinus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Mexico | 11 |
| United States of America | 2 |

Répartition mensuelle de 3 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en mars.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 0 |
| février | 0 |
| mars | 1 |
| avril | 0 |
| mai | 0 |
| juin | 0 |
| juillet | 0 |
| août | 0 |
| septembre | 1 |
| octobre | 0 |
| novembre | 1 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.

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Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
