| Nom scientifique | Neophocaena phocaenoides (G. Cuvier, 1829) |
|---|---|
| Autres noms | Marsouin aptère de l'Inde, marsouin aptère indo-pacifique, marsouin de Cuvier, marsouin noir. En anglais : Indo-Pacific finless porpoise, black finless porpoise. |
| Taille | Adulte : 1,4 à 1,7 m en général, jusqu'à environ 1,9 m ; des longueurs maximales proches de 2,2 m figurent dans certaines sources. Nouveau-né : 72 à 85 cm. |
| Poids | 30 à 45 kg le plus souvent ; jusqu'à environ 72 kg pour les plus grands individus. |
| Longévité | Espérance de vie estimée à une vingtaine d'années ; les âges maximaux rapportés vont de 23 à 33 ans. |
| Régime | Piscivore opportuniste des petits fonds : petits poissons de banc (clupéidés, anchois), céphalopodes et crustacés, notamment des crevettes ; alimentation partiellement benthique en estuaire. |
| Statut UICN | Vulnérable (VU), évaluation mondiale publiée en 2017, toujours en vigueur dans les mises à jour récentes de la Liste rouge ; critère A (déclin inféré d'au moins 30 % sur trois générations), tendance décroissante. Aucune sous-population évaluée séparément. À ne pas confondre avec Neophocaena asiaeorientalis, En danger (EN), dont la sous-espèce du Yangtsé est En danger critique (CR). CITES Annexe I ; CMS Annexe II. |
Le marsouin aptère (Neophocaena phocaenoides) est un petit cétacé côtier des mers chaudes d'Asie, reconnaissable à l'absence totale d'aileron dorsal, remplacé par une large crête couverte de tubercules. Discret et peu démonstratif, il fréquente les eaux peu profondes du golfe Persique à l'Indonésie et au détroit de Taïwan. L'UICN le classe Vulnérable, principalement en raison des captures accidentelles dans les filets maillants côtiers.
Avec une longueur adulte comprise le plus souvent entre 1,4 et 1,7 m, un maximum d'environ 1,9 m et une masse de 30 à 45 kg, le marsouin aptère compte parmi les plus petits cétacés ; certaines sources mentionnent des individus atteignant 2,2 m et jusqu'à 72 kg. La silhouette est trapue et fuselée, la tête arrondie et dépourvue de bec, le front bombé, ce qui donne au profil une allure de béluga miniature. La bouche, petite, abrite 15 à 21 dents spatulées par demi-mâchoire, une denture aplatie typique des marsouins, très différente des dents coniques des dauphins. Les nageoires pectorales sont longues et effilées.
Le caractère le plus frappant est l'absence de nageoire dorsale. À sa place court, du milieu du dos jusqu'au pédoncule caudal, une crête basse et large hérissée de rangées de petits tubercules arrondis, richement innervés et probablement sensoriels. Chez cette espèce, cette zone tuberculée est large, jusqu'à une douzaine de centimètres, et compte de nombreuses rangées de tubercules. La coloration adulte est un gris assez uniforme, souvent gris-bleu et pouvant être nettement sombre, avec des zones plus pâles sur la gorge et autour de la bouche ; chez cette espèce à crête large, les nouveau-nés naissent d'un gris clair crémeux et s'assombrissent en grandissant, l'inverse du marsouin aptère à crête étroite, dont les petits naissent foncés et s'éclaircissent en quatre à six mois. Après la mort, la peau noircit rapidement, ce qui a contribué à l'ancien nom de « marsouin noir ».
Les confusions sont possibles avec le marsouin aptère à crête étroite (Neophocaena asiaeorientalis), présent dans le sud de la mer de Chine orientale : celui-ci porte une crête dorsale nettement plus étroite et plus haute, avec beaucoup moins de rangées de tubercules, différence perceptible sur les animaux observés en mer. Le dauphin de l'Irrawaddy (Orcaella brevirostris), qui partage plusieurs estuaires asiatiques et présente lui aussi une tête ronde sans bec, s'en distingue par son petit aileron dorsal triangulaire. En pratique, un petit cétacé gris qui roule en surface sans jamais montrer d'aileron, en eaux côtières asiatiques, est presque toujours un marsouin aptère.
L'espèce a été décrite par Georges Cuvier en 1829 et appartient à la famille des Phocoenidae, celle des marsouins. Le genre Neophocaena n'a longtemps compté qu'une seule espèce, sous laquelle étaient rangées toutes les populations, des côtes d'Arabie au Japon. Les travaux morphologiques et génétiques des années 2000 ont mis en évidence deux formes, à crête dorsale large et à crête dorsale étroite, sans intermédiaire, isolées sur le plan reproductif depuis le dernier maximum glaciaire (environ 18 000 ans) et partiellement sympatriques dans le Pacifique occidental. La révision de Jefferson et Wang, publiée en 2011, a formalisé la séparation en deux espèces : Neophocaena phocaenoides, à crête large, tropicale, et Neophocaena asiaeorientalis, à crête étroite, tempérée. Cette dernière comprend deux sous-espèces dans la liste de référence de la Society for Marine Mammalogy, le marsouin aptère du Yangtsé et le marsouin aptère d'Asie orientale, ce second taxon étant élevé au rang d'espèce par certains auteurs à la suite de travaux de génomique des populations. Beaucoup de documents antérieurs à 2011 traitent de « Neophocaena phocaenoides » au sens large : les données relatives au Yangtsé ne concernent pas l'espèce présentée ici.
Le marsouin aptère occupe une bande côtière étroite de l'Indo-Pacifique tropical, du golfe Persique à l'ouest jusqu'au détroit de Taïwan à l'est, en passant par la façade nord et est de l'océan Indien, la mer d'Andaman, la mer de Chine méridionale et l'archipel indonésien. Les États de l'aire de répartition recensés par la Convention sur les espèces migratrices, liste dressée au sens large, avant la révision taxonomique de 2011, incluent notamment l'Iran, l'Irak, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, Oman, le Pakistan, l'Inde, les Maldives, le Sri Lanka, le Bangladesh, le Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, l'Indonésie, le Brunei, le Cambodge, le Vietnam et la Chine ; elle mentionne également le Japon et les deux Corées, qui relèvent en fait du marsouin aptère à crête étroite. L'espèce fréquente aussi les eaux de Hong Kong et de Taïwan, non individualisées dans cette liste. Il n'existe pas de mention avérée pour les Philippines, ni d'ailleurs pour Oman.
C'est un animal des petits fonds, généralement en deçà de 50 m de profondeur et souvent à quelques kilomètres du rivage : baies abritées, estuaires, deltas, chenaux de mangrove et fonds meubles sableux ou vaseux. Il remonte volontiers dans les eaux saumâtres, mais aucune population strictement dulcicole n'est connue chez cette espèce.
En France, le marsouin aptère est absent : ni la Méditerranée, ni le golfe de Gascogne, ni la Manche, ni les territoires français d'outre-mer ne figurent dans son aire de répartition. Le seul phocoénidé des eaux françaises est le marsouin commun (Phocoena phocoena), présent en Manche, en mer du Nord et dans le golfe de Gascogne.
Prédateur opportuniste des petits fonds, le marsouin aptère consomme de petits poissons de banc, notamment clupéidés et anchois, des céphalopodes et des crustacés, en particulier des crevettes. Des débris végétaux ont été retrouvés dans des estomacs d'animaux fréquentant les estuaires, signe d'une alimentation partiellement benthique.
La vie sociale est réduite : l'unité de base est le couple mère-jeune ou une paire d'adultes, et les groupes comptent le plus souvent un à quatre individus, avec des agrégations temporaires de vingt à cinquante animaux sur les zones riches en proies. L'espèce n'accompagne pas les étraves et ne saute pratiquement jamais. Elle nage juste sous la surface et se contente de rouler discrètement sur le flanc pour respirer, sans presque troubler l'eau. Les séquences habituelles enchaînent trois ou quatre respirations rapides suivies d'une plongée ; la plupart des immersions durent quelques dizaines de secondes, mais des plongées de plus de quatre minutes ont été enregistrées, et l'animal réapparaît souvent loin du point où il a disparu.
Comme tous les marsouins, il s'oriente et chasse grâce à des clics d'écholocation à bande étroite et haute fréquence, dont l'énergie culmine autour de 125 kHz, bien au-delà de l'audition humaine. Cette signature acoustique permet de le détecter par hydrophones dans les eaux turbides où l'observation visuelle échoue.
La gestation dure de dix à onze mois et donne naissance à un seul petit de 72 à 85 cm, les naissances se produisant, selon les régions, au printemps, en été ou en hiver. Le sevrage intervient entre six et quinze mois et l'intervalle entre deux mises bas est généralement de un à deux ans. La maturité sexuelle est atteinte vers trois à six ans selon les sources, plusieurs travaux plaçant les mâles vers quatre à six ans et les femelles vers six à neuf ans.
Le marsouin aptère est classé Vulnérable (VU) sur la Liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation publiée en 2017 et toujours en vigueur dans les mises à jour les plus récentes. Le classement repose sur le critère A, soit un déclin inféré d'au moins 30 % sur trois générations, imputable aux captures accidentelles et à la dégradation de l'habitat ; la tendance est jugée décroissante et aucune sous-population n'est évaluée séparément. Les taxons voisins sont plus menacés encore : le marsouin aptère à crête étroite est En danger (EN) et sa sous-espèce du Yangtsé En danger critique (CR). L'espèce est inscrite à l'Annexe I de la CITES et à l'Annexe II de la Convention sur les espèces migratrices.
La première menace, de loin, est la capture accidentelle dans les filets maillants côtiers, déployés exactement là où vit l'animal ; sa morphologie et sa sensibilité au stress lui laissent peu de chances de s'extraire d'un filet. S'y ajoutent l'artificialisation du littoral, les dragages et poldérisations, le trafic maritime et les collisions, le bruit sous-marin et la contamination par polluants organiques persistants et métaux lourds.
Les estimations d'abondance restent rares. La population des eaux de Hong Kong, l'une des mieux suivies, a été estimée à un peu plus de 200 individus, avec de fortes fluctuations annuelles depuis le début du suivi en 1996. Sur la côte ouest de l'Inde, la mortalité liée aux engins de pêche est estimée à environ 26 animaux par an pour les seuls 100 km de littoral de Goa, et le secteur Sindhudurg-Karwar a été reconnu zone importante pour les mammifères marins en 2019. Des travaux publiés en 2025 montrent que la détection acoustique repère jusqu'à quatre fois plus de marsouins que les comptages visuels, ce qui suggère que les évaluations existantes reposent sur une image très partielle des effectifs.
Observer un marsouin aptère demande de la patience et de bonnes conditions : pas d'aileron à repérer, pas de saut, pas de souffle visible, seulement un dos gris qui roule une seconde à la surface, de préférence par mer calme et à faible distance. Les secteurs les plus accessibles se trouvent dans les eaux méridionales et orientales de Hong Kong, sur la côte occidentale de l'Inde entre Goa et le Karnataka, dans les estuaires du golfe du Bengale et dans le golfe Persique. L'espèce est généralement méfiante vis-à-vis des embarcations.
L'éthique d'approche est celle qui vaut pour tous les petits cétacés côtiers : ne jamais poursuivre ni couper la trajectoire d'un animal, réduire la vitesse et maintenir une distance d'au moins une centaine de mètres, limiter la durée d'observation, ne pas s'interposer entre une femelle et son petit. L'écoute passive par hydrophone reste souvent la meilleure méthode de détection, y compris pour les programmes de suivi. Tout échouage ou capture accidentelle signalé aux réseaux nationaux constitue une donnée précieuse pour une espèce dont les effectifs demeurent largement inconnus.
Il en est totalement dépourvu, ce qui est unique chez les marsouins. Une crête basse et large, couverte de rangées de petits tubercules arrondis richement innervés, court à la place du milieu du dos jusqu'au pédoncule caudal ; on lui prête une fonction sensorielle. Cette absence d'aileron rend l'animal très difficile à repérer en mer.
Non. Depuis la révision taxonomique de 2011, les marsouins du fleuve Yangtsé appartiennent à une autre espèce, Neophocaena asiaeorientalis, à crête dorsale étroite, classée En danger et dont la sous-espèce fluviale est En danger critique. Neophocaena phocaenoides est une espèce marine côtière tropicale qui ne vit pas dans le Yangtsé.
Par la crête dorsale, d'abord. Neophocaena phocaenoides possède une zone tuberculée large, pouvant atteindre une douzaine de centimètres, avec de nombreuses rangées de tubercules ; Neophocaena asiaeorientalis présente une crête nettement plus étroite et plus haute, avec beaucoup moins de rangées. La coloration des jeunes fournit un second indice : chez la forme à crête large, les nouveau-nés sont d'un gris clair crémeux et s'assombrissent en grandissant, alors que chez la forme à crête étroite ils naissent foncés et s'éclaircissent en quatre à six mois. Les deux espèces se côtoient dans le sud de la mer de Chine orientale.
Non. Son aire de répartition se limite aux eaux côtières asiatiques, du golfe Persique au détroit de Taïwan, et n'inclut ni la métropole ni les territoires français d'outre-mer. Le seul marsouin observable en France est le marsouin commun (Phocoena phocoena), présent en Manche, en mer du Nord et dans le golfe de Gascogne.
Avant tout la capture accidentelle dans les filets maillants côtiers, qui opèrent dans son habitat de prédilection : sur la seule côte de Goa, en Inde, longue d'une centaine de kilomètres, environ 26 marsouins meurent chaque année dans les engins de pêche. Viennent ensuite la destruction du littoral, les dragages et poldérisations, les collisions avec les navires, le bruit sous-marin et la pollution chimique, notamment par polluants organiques persistants et métaux lourds.
Aucune estimation mondiale fiable n'existe. Seules quelques populations locales ont été dénombrées, comme celle de Hong Kong, évaluée à un peu plus de 200 individus. Des travaux publiés en 2025 montrent que les suivis acoustiques détectent jusqu'à quatre fois plus d'animaux que les comptages visuels, ce qui indique que les effectifs réels restent mal connus.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 50 observations géolocalisées de Neophocaena phocaenoides sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| China | 22 |
| India | 15 |
| Thailand | 7 |
| Hong Kong | 6 |
| United States of America | 2 |
| Viet Nam | 2 |
| Iran (Islamic Republic of) | 1 |
| Japan | 1 |
| Korea, Republic of | 1 |
| Kuwait | 1 |

Répartition mensuelle de 58 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en mars.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 9 |
| février | 4 |
| mars | 10 |
| avril | 6 |
| mai | 5 |
| juin | 7 |
| juillet | 3 |
| août | 0 |
| septembre | 2 |
| octobre | 3 |
| novembre | 4 |
| décembre | 5 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
