| Nom scientifique | Tursiops erebennus (Cope, 1865) |
|---|---|
| Autres noms | Tamanend's bottlenose dolphin (anglais) ; « écotype côtier » du grand dauphin de l'Atlantique Nord-Ouest (dénomination antérieure à 2022). Synonymes et combinaisons historiques : Delphinus erebennus Cope, 1865 (description originale) ; Tursio erebennus Gray, 1871 ; Tursiops subridens True, 1884 ; Tursiops tursio erebennus Trouessart, 1905. Aucun nom vernaculaire français normalisé n'existe à ce jour : « grand dauphin de Tamanend » est la traduction littérale du nom anglais retenu par les auteurs de 2022. |
| Taille | Longueur totale maximale connue : 286 cm ; moyenne de 256 cm chez les adultes physiquement matures. Longueur des femelles à la maturité sexuelle : environ 215 cm (Caroline du Sud). Longueur condylobasale du crâne : 426-510 mm. |
| Poids | Les données publiées ne comportent pas de valeurs de masse propres à Tursiops erebennus. À titre indicatif, la NOAA donne 135 à 635 kg (300-1 400 lb) pour les grands dauphins au sens large, fourchette qui inclut la forme hauturière, nettement plus massive. |
| Longévité | Les données disponibles ne permettent pas de donner une longévité propre à l'espèce. La NOAA retient 40 à 60 ans pour les grands dauphins en général. Maturité sexuelle des femelles vers 10 ans ; intervalle entre mises bas de 2 à 4 ans (Caroline du Sud, 1992-2022). |
| Régime | Poissons côtiers et estuariens, dominés par les sciénidés (tambour brésilien, acoupa royal) : 95 % de fréquence d'occurrence sur 146 estomacs analysés en Caroline du Nord, pour 31 espèces-proies recensées. Également mulets, menhadens, harengs, anchois, sparidés et calmars côtiers. Le régime varie selon l'habitat, le sexe et l'âge. |
| Statut UICN | Non évalué (NE). Aucune évaluation propre sur la Liste rouge de l'UICN depuis la reconnaissance de l'espèce en 2022-2023 ; la Mammal Diversity Database indique « Not Evaluated ». Les populations concernées étaient auparavant couvertes par l'évaluation de Tursiops truncatus, « Préoccupation mineure » (LC) au niveau mondial. Les unités régionales de T. truncatus ne concernent en rien T. erebennus : la sous-population « Méditerranée intérieure » a été reclassée de « Vulnérable » à « Préoccupation mineure » lors des réévaluations UICN 2018-2021, tandis que la sous-population du golfe d'Ambracie est « En danger critique » (CR) et la sous-espèce de mer Noire (T. t. ponticus) « En danger » (EN). Aux États-Unis : cinq stocks côtiers classés depleted et strategic au titre du Marine Mammal Protection Act ; espèce non inscrite à l'Endangered Species Act. |
Le grand dauphin de Tamanend (Tursiops erebennus) est une espèce de delphinidé des eaux côtières et estuariennes de la façade atlantique des États-Unis, de New York à la Floride. Longtemps confondue avec la forme côtière du grand dauphin commun (Tursiops truncatus), elle a été rétablie comme espèce distincte en 2022 sur la base de données génétiques et crâniennes, puis validée par la Society for Marine Mammalogy en 2023. Plus petite et plus grêle que sa cousine hauturière, elle n'a pas encore été évaluée sur la Liste rouge de l'UICN.
C'est un grand dauphin de petite taille. La révision taxonomique de 2022 donne une longueur totale maximale connue de 286 cm et une moyenne de 256 cm chez les animaux physiquement matures, des valeurs nettement inférieures à celles du grand dauphin commun hauturier, pour lequel la NOAA indique 1,8 à 4,0 m. Le crâne est proportionnellement court : longueur condylobasale de 426 à 510 mm, rostre de 226 à 279 mm, largeur des narines internes de 56 à 73 mm. La formule vertébrale est C 7 + T 12 + L 14-15 + Ca 26-28, soit 59 à 61 vertèbres, et chaque rangée dentaire compte en moyenne 23 à 24 alvéoles. Un dimorphisme sexuel existe, les mâles étant généralement plus grands que les femelles d'après les mesures crâniennes. Le poids propre à l'espèce n'a pas été publié : la fourchette de 135 à 635 kg donnée par la NOAA concerne les grands dauphins au sens large et englobe la forme hauturière, bien plus massive.
La coloration n'a pas été formellement décrite comme caractère diagnostique. Cope avait seulement noté que son spécimen type était sombre, d'où, probablement, l'épithète erebennus, en référence à Érèbe, divinité grecque des ténèbres.
Confusions possibles : sur le terrain, Tursiops erebennus et Tursiops truncatus ne peuvent pas être séparés de façon fiable à vue. Les indices les plus utiles sont écologiques : le grand dauphin de Tamanend fréquente les eaux littorales, les baies et les estuaires, généralement à moins de 7,5 km de la côte, tandis que le grand dauphin commun occupe le large, au-delà d'environ 35 km. Au sud du cap Hatteras, 70 % des grands dauphins observés par moins de 20 m de fond appartiennent à la forme côtière, contre moins de 10 % au-delà de 35 m de profondeur. La distinction certaine repose sur cinq caractères crâniens (vertex crânien surélevé, lacrymal plus court à extrémité antérieure plate, crête pharyngienne droite, vomer intermédiaire à étroit, hamuli ptérygoïdiens à angle aigu) et sur une différence fixée dans la région de contrôle de l'ADN mitochondrial.
Ordre des Cetartiodactyla, sous-ordre des Odontocètes, famille des Delphinidae, genre Tursiops. Edward Drinker Cope décrit l'animal en 1865 sous le nom de Delphinus erebennus, à partir d'un squelette post-crânien incomplet (holotype ANSP 3020, Academy of Natural Sciences of Drexel University), de sexe inconnu et d'au moins 228,6 cm, capturé dans une senne de pêcheur à Red Bank, sur la Delaware, dans le canton de West Deptford (New Jersey). Cope relevait déjà une taille plus faible et un nombre réduit de vertèbres et de côtes par rapport au grand dauphin. Le taxon fut néanmoins mis en synonymie avec Tursiops truncatus, et les cétologues parlèrent pendant des décennies de deux « écotypes », côtier et hauturier.
Costa, McFee, Wilcox, Archer et Rosel (Zoological Journal of the Linnean Society, 2022, vol. 196, p. 1608-1636) ont réexaminé morphologie crânienne, ADN mitochondrial et marqueurs nucléaires : les divergences observées les ont conduits à ressusciter le nom Tursiops erebennus pour la forme côtière, le nom T. truncatus restant attaché à la forme hauturière. Le nom vernaculaire honore le chef Tamanend (1628-1701), du clan de la Tortue de la nation Lenni-Lenape, et a été choisi en concertation avec la Nanticoke Lenni-Lenape Tribal Nation. La Society for Marine Mammalogy a intégré l'espèce à sa liste officielle en 2023 ; le genre Tursiops compte donc aujourd'hui trois espèces (T. truncatus, T. aduncus, T. erebennus), avec la réserve, formulée par la Mammal Diversity Database, qu'une révision plus large du genre reste nécessaire.
L'aire connue s'étend de façon continue le long de la côte atlantique nord-américaine, depuis les environs de Long Island (New York) jusqu'à la côte est de la péninsule de Floride, que les auteurs de 2022 retiennent comme limite méridionale confirmée. L'espèce occupe les eaux littorales peu profondes, les baies et les estuaires, ainsi que la frange interne du plateau continental : des individus de la forme côtière ont été identifiés jusqu'à 97 m de fond, mais leur densité chute rapidement avec la profondeur.
Vers le nord, les observations restaient rares au-delà du New Jersey avant 2009 ; un afflux notable a été enregistré à l'été 2009 dans l'ouest du Long Island Sound puis jusqu'à Montauk Point, et l'espèce est devenue une composante régulière des eaux new-yorkaises à la belle saison depuis 2014. Dans la baie de Chesapeake et le Potomac, les dauphins sont présents d'avril à octobre, avec un pic en juillet ; près de 2 000 individus y ont été photo-identifiés depuis 2015. Certains stocks sont sédentaires, d'autres migrateurs et descendent en hiver vers les eaux de Caroline du Nord et de Floride.
L'extension de l'aire vers le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes reste indéterminée : les dauphins côtiers de ces régions sont génétiquement proches de T. erebennus, mais leur rattachement à l'espèce n'est pas tranché et fait l'objet de recherches en cours.
Présence en France : aucune. L'espèce n'est signalée ni en Méditerranée, ni dans le golfe de Gascogne, ni en Manche, ni dans les outre-mer français ; elle est strictement inféodée à l'Atlantique Nord-Ouest. Le « grand dauphin » observé en France est Tursiops truncatus.
Le régime alimentaire est dominé par les poissons côtiers et estuariens, en particulier les sciénidés (tambours et acoupas). Une étude portant sur 146 estomacs de dauphins côtiers de Caroline du Nord a recensé 31 espèces-proies, les sciénidés apparaissant dans 95 % des contenus. Le régime varie avec l'habitat : le tambour brésilien (Atlantic croaker) domine chez les animaux échoués dans les estuaires, l'acoupa royal (weakfish) chez ceux du milieu marin, où les calmars côtiers sont également consommés ; la part du tambour est plus forte chez les mâles et chez les adultes. Mulets et menhadens complètent le menu.
L'espèce est célèbre pour une technique de chasse rare, la pêche par échouage (strand feeding) : à marée basse, des dauphins rabattent en synchronie un banc de poissons contre les vasières des marais de Caroline du Sud et de Géorgie, se projettent partiellement hors de l'eau sur la vase et capturent les proies échouées. Ces populations sont les seules connues à pratiquer ce comportement quotidiennement ; il est transmis culturellement de la mère au jeune au sein de groupes résidents très soudés. Les études de photo-identification montrent une forte fidélité au site, notamment autour de Charleston.
Reproduction : une étude de 2025 portant sur des carcasses collectées en Caroline du Sud entre 1992 et 2022 estime l'âge à maturité sexuelle des femelles à environ 10 ans, pour une longueur d'environ 215 cm, et l'intervalle entre deux mises bas à 2 à 4 ans. L'ovaire gauche accumule davantage de corps jaunes et pèse généralement plus que le droit, signe d'une activité ovarienne asymétrique. La longévité propre à T. erebennus n'a pas été publiée ; la NOAA retient 40 à 60 ans pour les grands dauphins en général.
Statut UICN : Non évalué (NE). L'espèce n'a pas encore fait l'objet d'une évaluation propre depuis sa reconnaissance en 2022-2023 ; elle était auparavant englobée dans Tursiops truncatus, classé « Préoccupation mineure » (LC) au niveau mondial. Les évaluations régionales de T. truncatus sont sans rapport géographique avec T. erebennus : la sous-population « Méditerranée intérieure » est passée de « Vulnérable » à « Préoccupation mineure » lors des réévaluations UICN 2018-2021, celle du golfe d'Ambracie est « En danger critique » et la sous-espèce de mer Noire « En danger ».
Aux États-Unis, l'espèce n'est pas inscrite à l'Endangered Species Act mais est protégée par le Marine Mammal Protection Act. Cinq stocks côtiers (Northern Migratory, Southern Migratory, South Carolina/Georgia, Northern Florida, Central Florida) sont classés depleted (appauvris) et, à ce titre, strategic. Cette désignation remonte à l'événement de mortalité inhabituelle (UME) de 1987-1988, dû à un morbillivirus, qui aurait tué 10 à 50 % du stock côtier alors considéré comme unique. Un second épisode de morbillivirus, en 2013-2015, a provoqué l'échouage d'environ 1 827 grands dauphins de New York au nord de la Floride, dont 305 en Caroline du Sud et en Géorgie, en frappant plus durement les animaux côtiers que les résidents estuariens.
Effectifs (relevés aériens de l'été 2021, NOAA) : 9 121 individus (CV = 0,28) pour le stock Caroline du Sud/Géorgie, 3 619 (CV = 0,35) pour le nord de la Floride, 2 541 (CV = 0,46) pour le centre de la Floride. Les tendances ne sont pas concluantes : une baisse possible entre 2002-2004 et 2016 n'est pas statistiquement significative.
Menaces documentées : captures accidentelles, surtout l'emmêlement dans les casiers à crabe bleu (31 cas confirmés en Caroline du Sud entre 2006 et 2020, cause anthropique la plus fréquente), ainsi que lignes et hameçons ; contamination par les polluants organiques persistants, avec des charges de PCB très élevées dans le lard près de Brunswick (Géorgie, site Superfund), Charleston et Beaufort, dépassant les seuils de toxicité et associées à une surmortalité des premiers-nés ; épizooties ; dégradation des habitats estuariens ; dérangement et nourrissage illégal. Sur 837 échouages recensés en Caroline du Sud entre 2006 et 2020 (55,8 par an en moyenne), 22,9 % de ceux pour lesquels le diagnostic a pu être posé montraient des traces d'interaction humaine.
L'espèce est observable toute l'année dans les eaux littorales du sud-est des États-Unis, et de façon saisonnière plus au nord. Les sites les plus accessibles sont les marais et vasières du Lowcountry de Caroline du Sud et de Géorgie (Charleston, Kiawah, Beaufort, Hilton Head), où la pêche par échouage se pratique à marée descendante et se laisse observer depuis la berge, de loin. Dans la baie de Chesapeake et le Potomac, les dauphins sont présents d'avril à octobre avec un pic en juillet, et le programme de sciences participatives Chesapeake DolphinWatch recueille les signalements du public. Dans l'État de New York, les observations se concentrent sur les mois chauds.
Éthique : les recommandations fédérales américaines (NOAA Fisheries) invitent à rester à au moins 50 yards (environ 46 m) des dauphins lorsqu'on les observe depuis une embarcation, distance portée à 100 yards en certains lieux ; approcher davantage peut constituer un harcèlement, interdit au titre du Marine Mammal Protection Act, tout comme le fait de nourrir un mammifère marin. Pour la pêche par échouage, il est recommandé de ne jamais s'approcher, de couper les moteurs et d'éviter tout sillage : le comportement se déroule en eau très peu profonde et le dérangement peut compromettre la capture, voire blesser les animaux.
Parce que l'étude intégrative de Costa et collaborateurs (2022) a montré que les grands dauphins côtiers de l'Atlantique Nord-Ouest se distinguent des hauturiers par cinq caractères crâniens, par une différence fixée dans la région de contrôle de l'ADN mitochondrial et par des marqueurs nucléaires divergents. Ils sont même génétiquement plus proches des dauphins côtiers du golfe du Mexique et des Caraïbes que des grands dauphins hauturiers voisins. La Society for Marine Mammalogy a validé l'espèce en 2023.
Pas de façon fiable à vue. T. erebennus est plus petit (286 cm au maximum connu, contre jusqu'à environ 4 m pour T. truncatus) et plus grêle, mais l'indice le plus utile reste l'habitat : il fréquente baies, estuaires et eaux littorales, généralement à moins de 7,5 km du rivage, alors que le grand dauphin commun occupe le large, au-delà d'environ 35 km. L'identification certaine passe par la génétique ou l'examen du crâne.
Non. L'espèce est confinée à l'Atlantique Nord-Ouest, entre New York et la Floride, et n'a jamais été signalée en Méditerranée, dans le golfe de Gascogne, en Manche ou dans les outre-mer français. Le grand dauphin que l'on observe sur les côtes françaises, y compris dans le sanctuaire Pelagos, est Tursiops truncatus.
L'UICN ne l'a pas encore évalué : le statut est « Non évalué » (NE), l'espèce étant de reconnaissance trop récente. Aux États-Unis, elle bénéficie du Marine Mammal Protection Act, et cinq de ses stocks côtiers sont officiellement classés depleted, c'est-à-dire en deçà de leur niveau de productivité optimale, séquelle de l'épizootie de morbillivirus de 1987-1988.
C'est une technique de chasse coopérative pratiquée à marée basse dans les marais de Caroline du Sud et de Géorgie : les dauphins rabattent en synchronie un banc de mulets ou de menhadens contre une berge vaseuse, se propulsent partiellement hors de l'eau et récupèrent les poissons échoués avant de se laisser reglisser. Ces populations sont les seules connues à le faire quotidiennement, et le comportement se transmet culturellement de la mère au jeune.
Il n'existe pas d'estimation globale pour l'espèce. Les relevés aériens de l'été 2021 de la NOAA donnent 9 121 individus (CV = 0,28) pour le stock Caroline du Sud/Géorgie, 3 619 (CV = 0,35) pour le nord de la Floride et 2 541 (CV = 0,46) pour le centre de la Floride ; le stock migrateur nord était estimé à 6 639 individus en 2016. S'y ajoutent plusieurs stocks estuariens résidents non comptabilisés ici. Les tendances demeurent indéterminées, faute de précision suffisante.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 2 832 observations géolocalisées de Tursiops erebennus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 2 832 |

Répartition mensuelle de 2 832 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juillet.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 247 |
| février | 136 |
| mars | 261 |
| avril | 226 |
| mai | 279 |
| juin | 257 |
| juillet | 356 |
| août | 279 |
| septembre | 197 |
| octobre | 198 |
| novembre | 168 |
| décembre | 228 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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