| Nom scientifique | Cephalorhynchus heavisidii (Gray, 1828) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin de Heaviside, céphalorhynque du Cap, céphalorhynque de Heaviside, dauphin du Benguela. En anglais : Heaviside's dolphin, Haviside's dolphin, Benguela dolphin. |
| Taille | Environ 1,70 à 1,75 m à l'âge adulte ; nouveau-né d'environ 0,85 m. |
| Poids | 60 à 75 kg. |
| Longévité | Une vingtaine d'années ; l'individu le plus âgé documenté avait 26 ans. |
| Régime | Poissons démersaux et céphalopodes : surtout merlu juvénile (Merluccius capensis) et poulpe, complétés par gobies, chinchards (Trachurus) et calmars. |
| Statut UICN | Quasi menacé (NT). L'espèce, longtemps classée « Données insuffisantes » (DD), a été reclassée en NT en 2017 ; ce statut reste celui retenu dans l'édition la plus récente de la Liste rouge. Tendance de population inconnue. Au niveau national, l'Afrique du Sud l'évalue en Préoccupation mineure (LC, évaluation de 2016). Aucune sous-population n'est distinguée par la Liste rouge, mais la génétique met en évidence deux métapopulations, nord et sud, à échanges limités. |
Le dauphin du Cap est un petit delphinidé trapu au patron noir, gris et blanc très contrasté, endémique de l'écosystème du courant de Benguela, sur la côte sud-ouest de l'Afrique. Long d'environ 1,70 m pour 60 à 75 kg, il vit à faible distance du rivage, dans des eaux froides de 9 à 15 °C, du sud de l'Angola à la péninsule du Cap. L'UICN le classe Quasi menacé (NT), l'essentiel des incertitudes portant sur les captures accidentelles et sur la sensibilité de cette espèce à aire très restreinte au réchauffement de l'océan.
Le dauphin du Cap compte parmi les plus petits delphinidés : les adultes dépassent rarement 1,70 à 1,75 m et pèsent de 60 à 75 kg. La silhouette est massive et compacte, avec une tête conique dépourvue de véritable rostre, des nageoires pectorales courtes, arrondies et en forme de pagaie, et un aileron dorsal nettement triangulaire, à bord postérieur droit, implanté au milieu du dos. La bouche porte de 48 à 70 dents fines. Le dimorphisme sexuel est faible : mâles et femelles atteignent des tailles comparables et ne se distinguent avec certitude que par la forme de la tache génitale, pointue chez le mâle, élargie chez la femelle pour englober les fentes mammaires.
La coloration est le meilleur critère. L'avant du corps, tête et thorax compris, est gris clair à gris cendré, avec une tache oculaire plus sombre. À partir de l'aileron dorsal, le corps devient gris très foncé à noir bleuté, tout comme la dorsale et la nageoire caudale. Le ventre est blanc pur et remonte sur les flancs en un motif caractéristique en trident, dont la branche médiane s'étire vers l'arrière jusque sous le pédoncule caudal. Vu de côté et de loin, l'animal apparaît donc bicolore, sombre à l'arrière, pâle à l'avant.
Les confusions sont possibles avec le dauphin obscur (Sagmatias obscurus, longtemps rangé dans le genre Lagenorhynchus), qui partage toute son aire de répartition et forme parfois des groupes mixtes : ce dernier est plus grand, plus élancé, sa dorsale est falciforme et bicolore, et ses flancs portent de larges bandes claires en sablier. Le grand dauphin, également présent dans certaines baies namibiennes, est bien plus gros, uniformément gris et pourvu d'un bec net ; il fréquente plus volontiers les eaux très peu profondes et abritées des baies, alors que le dauphin du Cap se rencontre surtout sur des fonds de quelques dizaines de mètres, environ 35 m en moyenne dans l'aire marine protégée des îles namibiennes, même s'il vient régulièrement tout près du rivage. À distance, la livrée contrastée conduit aussi à le confondre avec un jeune orque. Enfin, malgré une ressemblance de patron, le dauphin de Commerson n'entre pas en concurrence pour l'identification : il vit à l'autre bout de l'hémisphère Sud.
Décrit par le zoologiste britannique John Edward Gray en 1828, Cephalorhynchus heavisidii appartient à la famille des Delphinidae et à la sous-famille des Lissodelphininae. Son nom d'espèce résulte d'une méprise : le spécimen type, capturé au large du cap de Bonne-Espérance, avait été rapporté au Royaume-Uni par un capitaine de la Compagnie britannique des Indes orientales nommé Haviside, que Gray confondit avec le chirurgien et collectionneur John Heaviside. L'orthographe erronée est restée, et l'usage hésite encore entre « dauphin de Heaviside » et « dauphin du Cap », ce dernier nom étant le plus employé en français ; en Namibie, on parle volontiers de « dauphin du Benguela ».
Le genre Cephalorhynchus réunissait classiquement quatre espèces côtières de l'hémisphère Sud : le dauphin de Commerson, le dauphin du Chili, le dauphin d'Hector et le dauphin du Cap. Une révision phylogénomique, morphologique et acoustique publiée en 2025 y a rattaché deux espèces supplémentaires, le dauphin de Peale et le dauphin sablier, portant le genre à six espèces. Les données génétiques indiquent que le genre trouve son origine en Afrique australe, d'où il aurait essaimé vers le reste de l'hémisphère Sud en suivant le courant circumpolaire antarctique.
L'espèce est strictement endémique de l'écosystème du courant de Benguela, sur la façade atlantique de l'Afrique australe. Son aire s'étend de manière continue sur environ 2 500 km, depuis le sud de l'Angola jusqu'à la péninsule du Cap, en Afrique du Sud, où les observations deviennent très rares au-delà de Cape Point. La limite nord est mal définie et pourrait se déplacer au gré des fluctuations saisonnières du courant.
C'est un animal résolument côtier : plus de 85 % des observations concernent des fonds inférieurs à 100 m et des eaux de 9 à 15 °C, généralement à moins de 8 à 10 km du rivage. Dans l'aire marine protégée des îles namibiennes, les détections se font en moyenne par 35 m de fond. La répartition y est remarquablement prévisible, avec une fréquentation très régulière des pointes rocheuses exposées qui ferment les baies. Les domaines vitaux sont petits, de 50 à 80 km de côte, et la fidélité aux sites est forte : certains individus ont été photo-identifiés au même endroit pendant dix ans. L'espèce n'est pas migratrice.
Le dauphin du Cap est totalement absent des eaux françaises, aussi bien en Méditerranée, dans le golfe de Gascogne et en Manche qu'en outre-mer. Sous juridiction française, le seul céphalorhynque côtier est le dauphin de Commerson, dont la sous-espèce Cephalorhynchus commersonii kerguelenensis fréquente les côtes des îles Kerguelen. Depuis la révision taxonomique de 2025, le dauphin sablier (Cephalorhynchus cruciger), circumpolaire entre 45° S et la banquise antarctique, appartient lui aussi au genre et fréquente les eaux australes des Terres australes et antarctiques françaises.
Le régime alimentaire est dominé par les poissons de fond et les céphalopodes, en particulier le merlu juvénile du Cap et le poulpe ; gobies, chinchards et calmars complètent le menu, avec des proportions variables selon les secteurs. La chasse se fait surtout près du fond, à faible profondeur. Un suivi par balises satellites a enregistré une plongée maximale de 147 m, mais 90 % des plongées restent au-dessus de 30 m et la plupart durent moins de deux minutes.
Le long des côtes sud-africaines, l'espèce suit un rythme journalier marqué : les animaux se reposent et socialisent près du rivage le matin, puis gagnent le large en fin de journée pour intercepter des proies qui remontent dans la colonne d'eau la nuit. Ce schéma est beaucoup moins net à Walvis Bay et à Lüderitz, en Namibie, où les dauphins restent souvent côtiers la nuit, sans doute parce que les proies y sont distribuées différemment.
La vie sociale s'organise en très petits groupes, le plus souvent de deux ou trois individus, exceptionnellement jusqu'à une dizaine ; des rassemblements de plusieurs dizaines à une centaine d'animaux se forment dans les secteurs les plus riches. Ces dauphins sont acrobatiques, s'approchent volontiers des bateaux et surfent à l'étrave ; leur figure la plus reconnaissable est un saut vertical, corps entièrement hors de l'eau, suivi d'une rentrée tête la première presque sans éclaboussure.
Sur le plan acoustique, l'espèce ne siffle pas. Elle émet des clics d'écholocation à bande étroite et haute fréquence, centrés autour de 125 à 130 kHz, hors de la sensibilité auditive de l'orque : c'est une forme de discrétion acoustique face au prédateur. Elle produit aussi un second type de clics, plus graves et à plus large bande, utilisé dans les interactions sociales, un signal qui porte plus loin mais expose davantage à l'écoute des orques.
La reproduction est encore mal connue. La maturité sexuelle est atteinte entre 5 et 9 ans, les accouplements peuvent avoir lieu toute l'année et la gestation dure 10 à 11 mois. Un unique petit d'environ 85 cm naît tous les deux à quatre ans, les naissances se concentrant plutôt sur l'été austral. L'orque est le seul prédateur confirmé ; des cicatrices attestent aussi d'attaques de requins.
Aucune estimation d'effectif ne couvre l'ensemble de l'aire. Les comptages régionaux donnent 6 345 individus (intervalle de confiance 3 573 à 11 267) sur 390 km de littoral entre Table Bay et Lambert's Bay, en Afrique du Sud, environ 1 594 animaux dans l'aire marine protégée des îles namibiennes, et respectivement quelque 508 et 494 dauphins autour de Walvis Bay et de Lüderitz. L'évaluation nationale sud-africaine retient avec certitude plus de 1 000 individus matures dans la région évaluée, et possiblement plus de 10 000 le long de l'ensemble de la côte ouest sud-africaine.
La principale menace directe reste la capture accidentelle dans les engins de pêche côtiers : sennes de plage, sennes tournantes, chaluts et filets maillants. En Afrique du Sud, la mortalité annuelle par capture accidentelle est estimée inférieure à une centaine d'animaux, mais elle est mal quantifiée ailleurs. Le développement du chalutage pélagique ciblant le chinchard du Cap constitue une menace émergente, à laquelle s'ajoutent des captures directes illégales, la viande ayant historiquement été consommée. L'espèce figure par ailleurs parmi les cétacés jugés les plus vulnérables au changement climatique : confinée à une étroite fenêtre thermique de 9 à 15 °C sur un plateau continental encadré au nord et au sud par des eaux chaudes, elle ne dispose d'aucun refuge vers les pôles en cas de réchauffement. S'y ajoutent l'extension des ports de Walvis Bay et de Lüderitz, l'exploration d'hydrocarbures, l'extraction de diamants et de phosphates en mer, et une fréquentation nautique croissante, une collision avec une hélice a été documentée en 2010.
Le dauphin du Cap est inscrit à l'Annexe II de la CITES et à l'Annexe II de la Convention sur les espèces migratrices, ainsi qu'au Mémorandum d'entente sur la conservation du lamantin et des petits cétacés d'Afrique de l'Ouest et de Macaronésie, conclu en 2008. Il bénéficie de zones de pêche réglementées et de plusieurs aires marines protégées, dont l'aire marine protégée des îles namibiennes, proclamée en 2008, qui couvre environ 9 500 km² le long de 400 km de côte. Les priorités identifiées portent sur un suivi standardisé des effectifs et sur la réduction des captures accidentelles.
Trois secteurs concentrent l'essentiel des observations : la baie de Walvis et Lüderitz en Namibie, et la côte ouest sud-africaine, de Hout Bay et Table Bay jusqu'à Lambert's Bay. Les sorties matinales sont les plus favorables, puisque les animaux se rapprochent alors du rivage pour se reposer et socialiser, et parce que le vent de sud-est se lève souvent dans l'après-midi. Depuis la côte, il faut chercher au pied des pointes rocheuses exposées qui ferment les baies : ces sites d'agrégation sont utilisés avec une grande constance d'une année sur l'autre. Les indices à repérer sont de petits ailerons triangulaires sombres émergeant par deux ou trois, et surtout les sauts verticaux sans éclaboussure, très caractéristiques.
L'espèce vient volontiers à l'étrave, ce qui rend l'approche facile mais peut être trompeur : l'activité d'observation reste peu encadrée dans une partie de son aire, et l'on sait que la présence répétée de bateaux réduit le temps de repos d'autres dauphins côtiers. Les bonnes pratiques consistent à laisser l'animal décider de l'approche, à maintenir une vitesse constante sans manœuvre brusque, à ne jamais couper la route d'un groupe ni le séparer, à limiter la durée de la rencontre et à renoncer à la mise à l'eau. Photographier l'aileron de profil, dont les encoches permettent l'identification individuelle, est le meilleur moyen de transformer une sortie en donnée utile aux équipes de recherche locales.
Par erreur. Le spécimen ayant servi à la description avait été rapporté du cap de Bonne-Espérance par un capitaine de la Compagnie britannique des Indes orientales nommé Haviside. En 1828, John Edward Gray l'a confondu avec le chirurgien et collectionneur John Heaviside et a latinisé ce patronyme en heavisidii. L'orthographe fautive est restée ; en français, l'usage privilégie aujourd'hui « dauphin du Cap ».
Non. L'espèce est endémique du courant de Benguela, sur la côte sud-ouest de l'Afrique, et n'a jamais été signalée en Méditerranée, dans le golfe de Gascogne, en Manche ni dans les territoires français d'outre-mer. Le seul céphalorhynque côtier présent sous juridiction française est le dauphin de Commerson des îles Kerguelen, qui appartient à une autre espèce ; s'y ajoute, dans les eaux australes des TAAF, le dauphin sablier, rattaché au genre Cephalorhynchus depuis la révision de 2025.
Aucune estimation globale n'existe. Les comptages locaux donnent environ 6 345 individus sur 390 km de côte sud-africaine, quelque 1 594 dans l'aire marine protégée des îles namibiennes, et environ 500 animaux autour de Walvis Bay comme de Lüderitz. L'Afrique du Sud retient avec certitude plus de 1 000 individus matures, et possiblement plus de 10 000 sur l'ensemble de sa côte ouest, mais la tendance générale de la population reste inconnue.
Le dauphin du Cap est nettement plus petit et plus trapu, son aileron dorsal est triangulaire à bord droit, et sa livrée oppose un avant-corps gris clair à un arrière-corps noir bleuté marqué d'un trident blanc ventral. Le dauphin obscur est plus grand et fuselé, son aileron est falciforme et bicolore, et ses flancs portent de larges bandes pâles en forme de sablier.
Comme les autres céphalorhynques et les marsouins, elle a évolué vers des clics à bande étroite et haute fréquence, centrés autour de 125 à 130 kHz, que l'orque n'entend pas : c'est une stratégie de discrétion acoustique face au prédateur. Elle conserve toutefois un second type de clics, plus graves et à large bande, réservé aux échanges sociaux, qui porte plus loin au prix d'un risque accru d'être détectée.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 216 observations géolocalisées de Cephalorhynchus heavisidii sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| South Africa | 115 |
| Namibia | 103 |

Répartition mensuelle de 216 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en décembre.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 20 |
| février | 15 |
| mars | 20 |
| avril | 18 |
| mai | 11 |
| juin | 10 |
| juillet | 16 |
| août | 16 |
| septembre | 19 |
| octobre | 20 |
| novembre | 16 |
| décembre | 35 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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