| Nom scientifique | Cephalorhynchus hectori (van Beneden, 1881) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin de Nouvelle-Zélande, dauphin à front blanc ; en māori : tutumairekurai, tūpoupou (popoto pour la sous-espèce Māui) ; en anglais : Hector's dolphin, Māui dolphin (sous-espèce du nord) |
| Taille | 1,2 à 1,6 m (femelles créditées de 1,7 m chez la sous-espèce Māui par certaines sources néo-zélandaises) ; 60 à 80 cm à la naissance |
| Poids | 40 à 60 kg en règle générale ; la NOAA retient un maximum d'environ 50 kg pour le dauphin d'Hector de l'île du Sud et 65 kg pour le dauphin Māui ; 8 à 10 kg à la naissance |
| Longévité | Au moins 22 ans documentés par photo-identification ; durée de génération estimée à 13,5 ans par l'UICN |
| Régime | Petits poissons et céphalopodes de moins de 10 cm : morue rouge (dominante en masse), poissons plats du genre Peltorhamphus, ahuru, sprat de Nouvelle-Zélande, calmar-flèche |
| Statut UICN | Espèce : En danger (EN, critère A4d), évaluation datée du 1er juillet 2008, publiée en 2013 et signalée par l'UICN comme nécessitant une mise à jour ; tendance décroissante. Sous-espèce Cephalorhynchus hectori maui (dauphin Māui) : En danger critique (CR, critères A2cd+4cd ; C2a(i,ii) ; D), évaluation du 4 avril 2023. |
Le dauphin d'Hector est le plus petit dauphin marin du monde et le seul cétacé endémique de Nouvelle-Zélande. Son aileron dorsal parfaitement arrondi, souvent comparé à une oreille de Mickey, et son masque facial noir le rendent immédiatement reconnaissable. Classé En danger par l'UICN, il compte environ 15 000 individus autour de l'île du Sud, tandis que sa sous-espèce Māui, réduite à une cinquantaine d'animaux, figure parmi les cétacés les plus menacés de la planète.
Le dauphin d'Hector mesure 1,2 à 1,6 m pour 40 à 60 kg environ. Les maxima varient selon la sous-espèce : la NOAA retient environ 1,5 m et 50 kg pour le dauphin d'Hector de l'île du Sud, jusqu'à 1,6 m et 65 kg pour le dauphin Māui, certaines sources néo-zélandaises créditant les femelles Māui de 1,7 m. Les femelles dépassent les mâles de 5 à 7 % en longueur. Le corps est trapu, dépourvu de bec distinct, avec une caudale large au regard de la taille de l'animal.
Le trait décisif reste l'aileron dorsal : bas, parfaitement arrondi, à bord de fuite convexe et à marge postérieure échancrée, il n'a pas d'équivalent chez les autres delphinidés. La livrée mêle gris, blanc et noir : gorge et ventre blancs, corps gris, masque noir autour de l'œil et fine ligne sombre entre la tête et l'évent. Les nouveau-nés portent pendant environ six mois quatre à six bandes verticales claires, vestiges des plis fœtaux.
Les risques de confusion sont limités : dans son aire, le dauphin obscur et le dauphin commun se reconnaissent à leur aileron falciforme et à leur bec marqué. Les deux sous-espèces, en revanche, sont pratiquement inséparables sur le terrain et seule l'identification génétique tranche avec certitude. Les autres membres du genre Cephalorhynchus leur ressemblent beaucoup mais vivent sur d'autres façades océaniques. Enfin, le dauphin d'Hector ne doit pas être confondu avec la baleine à bec d'Hector (Mesoplodon hectori), un ziphiidé qui doit son nom au même naturaliste.
Cephalorhynchus hectori appartient à la famille des Delphinidae. Le genre Cephalorhynchus réunit classiquement quatre espèces, dauphins de Commerson, du Chili, de Heaviside et d'Hector, auxquelles des analyses phylogénétiques rattachent également le dauphin de Peale et le dauphin crucigère. L'espèce a été décrite par le zoologiste belge Pierre-Joseph van Beneden en 1881 et dédiée au naturaliste et explorateur néo-zélandais James Hector (1834-1907), directeur du Colonial Museum de Wellington.
Deux sous-espèces sont reconnues depuis les travaux de Baker et ses collègues, en 2002 : C. h. hectori, de l'île du Sud, et C. h. maui, le dauphin Māui de la côte ouest de l'île du Nord. Sur 137 individus Māui échantillonnés entre 2001 et 2021, tous portaient une lignée d'ADN mitochondrial unique, jamais détectée chez les dauphins de l'île du Sud. Les eaux profondes du détroit de Cook auraient isolé les deux lignées depuis 15 000 à 16 000 ans, et aucun croisement n'a été documenté à ce jour.
Strictement endémique de la Nouvelle-Zélande, l'espèce possède l'une des aires de répartition les plus restreintes de tous les cétacés marins. Elle fréquente des eaux côtières peu profondes et turbides, presque toujours à moins de 15 km du rivage et par moins de 100 m de fond, l'essentiel des observations ayant lieu par moins de 50 m. Les animaux se concentrent près du bord au printemps et en été, puis gagnent le large en automne et en hiver ; certains restent toute l'année sur une trentaine de kilomètres de littoral.
L'île du Sud abrite au moins trois populations génétiquement distinctes, avec des noyaux autour de la péninsule de Banks, à Kaikōura, dans les Catlins, en Otago et sur la côte ouest. Le dauphin Māui est cantonné entre le port de Kaipara et Whaingaroa/Raglan, l'essentiel des observations se concentrant sur une quarantaine de kilomètres entre le port de Manukau et Port Waikato. L'espèce est absente des eaux françaises, aussi bien en Méditerranée, dans le golfe de Gascogne et en Manche que dans les collectivités françaises du Pacifique.
Prédateur généraliste, le dauphin d'Hector sélectionne ses proies sur leur taille, presque toujours moins de 10 cm, plutôt que sur leur espèce. Son régime associe poissons de surface, poissons de pleine eau, calmars et espèces benthiques, la morue rouge dominant en masse. Le menu est plus diversifié sur la côte est de l'île du Sud que sur la côte ouest. L'espèce émet des clics d'écholocation à haute fréquence et à bande étroite, de niveau sonore modeste, adaptés aux eaux troubles qu'elle affectionne.
La vie sociale est fluide, sans liens durables entre individus : les groupes comptent 3,8 animaux en moyenne, rarement plus de cinq, souvent ségrégés par sexe et par âge, et se recomposent en permanence ; les rassemblements plus importants se forment surtout pour chasser ou se reproduire.
La reproduction est lente. Les mâles sont matures vers 6 à 9 ans, les femelles vers 7 à 9 ans, et ces dernières mettent bas un seul petit tous les deux à quatre ans, au printemps et en été austral, après environ onze mois de gestation. Le sevrage intervient vers un an, mais les jeunes peuvent rester jusqu'à deux ans auprès de leur mère ; la mortalité des six premiers mois avoisine 36 % et une femelle ne produit que quatre à sept petits dans sa vie. Le requin à sept branches est son principal prédateur confirmé, mais des restes de dauphins d'Hector ont aussi été retrouvés dans l'estomac de grands requins blancs et de requins bleus ; l'orque, le requin-taupe bleu et le requin cuivre restent des prédateurs suspectés.
L'espèce est classée En danger (EN, critère A4d) sur la Liste rouge de l'UICN. Cette évaluation, datée du 1er juillet 2008 et publiée en 2013, est signalée comme nécessitant une mise à jour ; elle repose sur un déclin observé et projeté supérieur à 50 % sur trois générations (environ 39 ans), l'analyse de viabilité retenant une baisse de 74 % entre 1970 et 2009. Évaluée séparément le 4 avril 2023, la sous-espèce Māui est classée En danger critique (CR), sur la base d'une réduction de 81 % sur trois générations (40,5 ans) et d'un effectif inférieur à 50 individus matures réunis en une seule population.
Les effectifs récents dessinent deux réalités contrastées. Un survol aérien commandé par le ministère néo-zélandais des industries primaires a estimé la population de l'île du Sud à 14 849 individus (IC 95 % : 11 923-18 492), près du double des estimations antérieures ; le Département de la Conservation retient environ 15 000 animaux de plus d'un an. La population Māui était estimée à 54 individus de plus d'un an en 2020-2021 (IC 95 % : 48-66), contre 55 en 2010-2011 et 63 en 2015-2016, et environ 300 avant 1970.
La capture accidentelle dans les filets maillants, professionnels comme récréatifs, reste la cause principale du déclin : elle explique 60 % des mortalités dont la cause a pu être établie, le chalutage y ajoutant sa part. Les maladies pèsent lourd : 61 % des carcasses testées étaient infectées par Toxoplasma gondii, parasite dont le chat domestique introduit est l'unique hôte définitif, et la brucellose a tué des animaux des deux sous-espèces. Trafic maritime, pollution agricole, prospection sismique et réchauffement des eaux complètent le tableau.
Créé en 1988 sous la loi néo-zélandaise de protection des mammifères marins de 1978, le sanctuaire de la péninsule de Banks couvrait 1 170 km² ; élargi en 2020, il s'étend jusqu'à 20 milles nautiques au large, sur environ 14 310 km². Sur la côte ouest de l'île du Nord, le sanctuaire créé en 2008 et agrandi en 2020 couvre 20 574 km². L'espèce figure à l'annexe II de la CITES ; la Nouvelle-Zélande la classe « Nationally Vulnerable » et le dauphin Māui « Nationally Critical ». La NOAA a inscrit le 19 septembre 2017 le dauphin Māui comme « endangered » et le dauphin d'Hector de l'île du Sud comme « threatened » au titre de l'Endangered Species Act ; la révision quinquennale de 2024 n'a justifié aucun changement de statut.
Le dauphin d'Hector compte parmi les cétacés les plus faciles à observer depuis la terre ferme, car il fréquente le premier kilomètre de côte. Les meilleurs sites se trouvent sur l'île du Sud : péninsule de Banks et baie d'Akaroa, Kaikōura, Porpoise Bay et Curio Bay dans les Catlins, Te Waewae Bay, côte d'Otago autour de Moeraki, Oamaru et Karitane. La saison favorable court de novembre à février, quand les animaux se rapprochent du rivage. Le dauphin Māui, lui, est si rare que sa rencontre relève du hasard.
Les règles néo-zélandaises d'approche s'appliquent à tous : vitesse au ralenti dans un rayon de 300 m, trois embarcations au maximum dans ce rayon, pas plus de 10 nœuds tant que l'on n'est pas à plus de 300 m, interdiction de nourrir les animaux et de nager avec des groupes comprenant des jeunes. Toute perturbation est passible de deux ans d'emprisonnement et de 250 000 dollars néo-zélandais d'amende. Mieux vaut laisser les animaux décider de l'approche et s'éloigner aux premiers signes d'évitement.
Adulte, il ne dépasse guère 1,6 m pour une soixantaine de kilos, soit la taille d'un enfant. Aucun autre dauphin marin ne reste aussi petit à l'âge adulte.
Le dauphin Māui est une sous-espèce (C. h. maui) confinée à la côte ouest de l'île du Nord. Morphologiquement presque identique, il ne s'en distingue de façon fiable que par la génétique, et n'existe plus qu'à une cinquantaine d'individus.
Environ 15 000 animaux de plus d'un an autour de l'île du Sud, le dernier survol aérien donnant 14 849 individus (IC 95 % : 11 923-18 492). La sous-espèce Māui était estimée à 54 individus en 2020-2021, dont moins de 50 adultes reproducteurs.
La capture accidentelle dans les filets maillants, professionnels comme récréatifs, à laquelle s'ajoute le chalutage : elle est à l'origine de 60 % des mortalités dont la cause a pu être déterminée.
Oui. Le requin à sept branches est son principal prédateur confirmé, mais des restes de dauphins d'Hector ont aussi été retrouvés dans l'estomac de grands requins blancs et de requins bleus ; l'orque, le requin-taupe bleu et le requin cuivre restent des prédateurs suspectés. La prédation reste toutefois marginale face aux captures accidentelles.
Le chat est l'unique hôte définitif de Toxoplasma gondii en Nouvelle-Zélande. Les oocystes gagnent la mer par le ruissellement d'eau douce, remontent la chaîne alimentaire et infectent les dauphins : 61 % des carcasses testées étaient porteuses du parasite.
Non. L'espèce est strictement endémique de la Nouvelle-Zélande et n'est présente ni en Méditerranée, ni dans le golfe de Gascogne, ni en Manche, ni dans les collectivités françaises du Pacifique.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 599 observations géolocalisées de Cephalorhynchus hectori sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| New Zealand | 602 |

Répartition mensuelle de 599 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en janvier.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 140 |
| février | 96 |
| mars | 62 |
| avril | 52 |
| mai | 19 |
| juin | 17 |
| juillet | 14 |
| août | 15 |
| septembre | 8 |
| octobre | 19 |
| novembre | 61 |
| décembre | 96 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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