| Nom scientifique | Lissodelphis borealis (Peale, 1848) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin du Nord ; lissodelphe boréal ; dauphin aptère du Pacifique Nord. En anglais : northern right whale dolphin. En espagnol : delfín liso boreal, delfín franco boreal. |
| Taille | 2 à 3 m ; les mâles mesurent en moyenne environ 2,4 m et atteignent exceptionnellement 3,0 à 3,1 m, les femelles environ 2,1 m et dépassent rarement 2,3 m. |
| Poids | Environ 60 à 115 kg selon la taille et le sexe ; les adultes se situent le plus souvent entre 60 et 100 kg. |
| Longévité | Environ 42 ans. |
| Régime | Poissons, surtout mésopélagiques, largement dominants : environ 89 % du contenu stomacal dans les rares estomacs analysés (n = 2, Chou et al. 1995), dont près de 89 % de poissons-lanternes (Myctophidae), complétés par le merlu du Pacifique et le balaou ; céphalopodes, principalement des calmars (calmar boréal à crochets, Abraliopsis felis), pour environ 11 %. |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation de 2018 (Braulik & Jefferson) ; tendance de population inconnue. Aucune sous-population n'est évaluée séparément. Inscrit à l'Annexe II de la CITES. |
Le dauphin à dos lisse boréal est un delphinidé élancé, noir et blanc, entièrement dépourvu de nageoire dorsale, un caractère qui le rend unique parmi les dauphins de l'hémisphère Nord et lui vaut son nom, par analogie avec les baleines franches. Espèce hauturière du Pacifique Nord tempéré, il forme des bancs de plusieurs centaines d'individus, souvent mêlés à des dauphins à flancs blancs du Pacifique, et bondit hors de l'eau en séries rasantes spectaculaires. Classé en préoccupation mineure par l'UICN depuis 2018, il a subi dans les années 1980 des captures accidentelles massives dans les filets dérivants hauturiers, aujourd'hui interdits.
L'absence totale de nageoire dorsale, et même de la moindre crête dorsale, suffit à identifier cette espèce : aucun autre dauphin de l'hémisphère Nord ne présente un dos aussi parfaitement lisse. Le corps est extrêmement fuselé, presque anguilliforme, prolongé par un pédoncule caudal fin. La tête est petite, le front en pente douce, le rostre court mais bien détaché du melon, avec une ligne de bouche droite. Les nageoires pectorales sont petites, effilées et falciformes, la nageoire caudale triangulaire et proportionnellement modeste. La denture compte de 37 à 54 paires de dents fines et coniques à chaque mâchoire, invisibles de l'extérieur.
La livrée est d'un noir profond, parfois gris ardoise, contrastant avec une bande blanche ventrale qui court du pédoncule caudal jusqu'à la gorge, où elle s'élargit nettement en une tache thoracique bien visible lorsque l'animal se retourne. La face inférieure de la caudale est blanche, le dessus souligné d'un liseré gris clair, et une petite marque blanche orne souvent l'extrémité du rostre. Chez la femelle, la bande blanche est plus large dans la région génitale. Les nouveau-nés naissent gris-brun à crème uniforme et n'acquièrent le contraste noir et blanc de l'adulte que vers l'âge d'un an.
Les confusions sont rares mais possibles. Le dauphin à dos lisse austral (Lissodelphis peronii), seul congénère, est bien plus largement blanc et vit exclusivement dans l'hémisphère Sud : les deux aires ne se recouvrent pas. À distance, un banc en déplacement rapide peut évoquer un groupe d'otaries ou d'otaries à fourrure en train de « marsouiner », car les animaux enchaînent des bonds rasants qui font gicler l'eau comme des ricochets. Le marsouin de Dall, également noir et blanc et présent dans les mêmes eaux, s'en distingue immédiatement par sa silhouette trapue, sa petite nageoire dorsale triangulaire à pointe blanche, souvent inclinée vers l'avant, et par la gerbe d'eau en « queue de coq » qu'il soulève lorsqu'il nage vite en surface. Enfin, les bancs mixtes avec le dauphin à flancs blancs du Pacifique sont fréquents et il faut alors chercher, dans la masse, les dos uniformément noirs et sans aileron.
Le dauphin à dos lisse boréal appartient à la famille des Delphinidae et au genre Lissodelphis, dont le nom associe le grec lissos, « lisse », et delphis, « dauphin », en référence au dos dépourvu d'aileron. L'épithète borealis renvoie à la répartition septentrionale de l'espèce. Le genre ne compte que deux espèces : L. borealis dans le Pacifique Nord et L. peronii (Lacépède, 1804) dans les eaux australes. Le nom vernaculaire de « dauphin des baleines franches », traduit littéralement de l'anglais right whale dolphin, souligne l'analogie morphologique avec les baleines franches du genre Eubalaena, elles aussi sans nageoire dorsale, une convergence de forme, non une parenté. L'espèce a été décrite par le naturaliste américain Titian Peale en 1848, à partir de matériel recueilli lors de l'expédition d'exploration des États-Unis dans le Pacifique. Des individus présentant des caractères intermédiaires avec le dauphin à flancs blancs du Pacifique (Aethalodelphis obliquidens, anciennement Lagenorhynchus obliquidens) ont été signalés en mer et interprétés comme des hybrides probables.
L'espèce est strictement inféodée au Pacifique Nord tempéré froid, principalement entre 30° et 50° de latitude nord, avec des signalements ponctuels dans une bande plus large, d'environ 20° à 55° N. Dans le Pacifique oriental, elle fréquente les eaux du golfe d'Alaska, de la Colombie-Britannique, de Washington, de l'Oregon et de la Californie, jusqu'à la Basse-Californie ; des observations aussi méridionales que 29° N ont été enregistrées lors d'épisodes de refroidissement anormal. Dans le Pacifique occidental, elle occupe le secteur des îles Kouriles et du Kamtchatka jusqu'à la côte de Sanriku, sur l'île japonaise de Honshu, et traverse le bassin en pleine mer.
Il s'agit d'une espèce essentiellement hauturière, qui fréquente le rebord du plateau continental, le talus et les grands fonds océaniques, et se tient rarement près des côtes. Sa distribution est fortement contrainte par la température de l'eau : les observations se concentrent entre environ 8 et 19 °C, exceptionnellement jusqu'à 24 °C. Ce déterminisme thermique se traduit par des déplacements saisonniers marqués, vers le nord et le large en été, vers le sud et parfois plus près de la côte en hiver et au printemps. Les incursions en eaux intérieures, comme dans la mer des Salish ou le Puget Sound, sont considérées comme accidentelles : des campagnes aériennes intensives menées entre 2013 et 2016 sur plus de 35 000 km de transects n'y ont détecté aucun individu.
Cette espèce est absente des eaux françaises. Elle ne fréquente ni la Manche, ni le golfe de Gascogne, ni la Méditerranée, et n'a jamais été signalée dans les collectivités françaises d'outre-mer, dont aucune ne se situe dans le Pacifique Nord tempéré. Toute mention d'un « dauphin à dos lisse » en France relèverait d'une confusion de nomenclature avec l'espèce australe.
Le dauphin à dos lisse boréal se nourrit principalement dans la couche mésopélagique, plongeant à au moins 200 m et pouvant rester en apnée jusqu'à six minutes environ. Les poissons constituent l'essentiel du régime, environ 89 % du contenu stomacal dans les rares estomacs analysés (n = 2, Chou et al. 1995), avec une très nette dominance des poissons-lanternes (Myctophidae), qui représentent à eux seuls près de 89 % de la fraction ichtyologique, complétés par le merlu du Pacifique et le balaou ; les calmars, notamment le calmar boréal à crochets (Abraliopsis felis), comptent pour environ 11 %. Ces proportions reposent sur un échantillon très réduit et ne donnent qu'un aperçu partiel du régime réel. L'exploitation de ces proies migrantes explique en partie l'activité nocturne et les mouvements verticaux observés.
C'est une espèce très grégaire. Les bancs comptent couramment de 100 à 200 individus, une moyenne d'environ 110 dans le Pacifique oriental, plus proche de 200 à l'ouest, mais des rassemblements de plusieurs milliers, jusqu'à 3 000 animaux, ont été documentés. Les associations interspécifiques sont la règle plutôt que l'exception : le dauphin à flancs blancs du Pacifique est le compagnon le plus fréquent, mais des bancs mixtes avec le grampus, le globicéphale tropical, le marsouin de Dall, la baleine à bec de Baird, le cachalot ou la baleine à bosse ont été rapportés.
Nageur rapide, il se déplace à environ 26 km/h en croisière et atteint des pointes de 30 à 40 km/h. Il enchaîne des bonds bas et rasants sur de longues distances, chaque saut pouvant couvrir jusqu'à 6 à 7 m, et ponctue ses déplacements de retombées à plat et de frappes de caudale. Contrairement à la plupart des delphinidés, il n'émet pas de sifflements : son répertoire acoustique se compose de clics et de sons pulsés, dont certains motifs répétitifs pourraient jouer un rôle proche de celui des sifflements signatures.
La maturité sexuelle est atteinte vers dix ans dans les deux sexes, entre 9,9 et 10,1 ans chez les mâles, 9,7 et 10,4 ans chez les femelles, pour des longueurs d'environ 215 cm et 200 cm respectivement. La gestation dure un peu plus d'un an, de 12,1 à 12,3 mois, et débouche sur la naissance d'un unique petit, avec un pic de mise bas en juillet et août. L'intervalle minimal entre deux naissances est estimé à deux ans. La longévité avoisine 42 ans. Aucun cas de prédation n'a été formellement documenté, mais l'orque et les grands requins sont considérés comme les prédateurs les plus probables.
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe le dauphin à dos lisse boréal en préoccupation mineure (LC) au terme de l'évaluation conduite en 2018 ; la tendance de la population mondiale reste inconnue, faute de séries d'abondance comparables sur l'ensemble de l'aire. Les effectifs totaux du Pacifique Nord sont estimés à environ 68 000 individus, dont quelque 26 000 pour le stock Californie-Oregon-Washington, l'estimation minimale retenue pour ce stock étant d'environ 18 600 animaux. L'espèce figure à l'Annexe II de la CITES et bénéficie, dans les eaux américaines, de la protection du Marine Mammal Protection Act.
La menace historique majeure reste la capture accidentelle dans les grands filets dérivants pélagiques. Les flottilles ciblant le calmar, déployées par le Japon, Taïwan et la Corée du Sud dans une vaste zone du Pacifique Nord central, tuaient à la fin des années 1980 un nombre estimé entre 15 000 et 24 000 dauphins à dos lisse boréaux par an. Cette mortalité a réduit la population océanique dans des proportions difficiles à chiffrer précisément, mais considérées comme substantielles. Le moratoire des Nations unies sur les grands filets dérivants hauturiers, entré en vigueur en 1993, a mis fin à cette hécatombe et constitue la mesure de conservation la plus efficace dont l'espèce ait bénéficié.
Des prises accessoires subsistent néanmoins dans les zones économiques exclusives, notamment dans la pêcherie au filet maillant dérivant de Californie et de l'Oregon, où environ 151 mortalités ont été estimées entre 1996 et 2002. Le Pacific Offshore Cetacean Take Reduction Plan, adopté en 1997, impose notamment l'usage de répulsifs acoustiques (pingers) ; leur effet sur les captures de cette espèce n'a pas été démontré de façon statistiquement significative. S'y ajoutent une petite chasse directe au harpon à main pratiquée au Japon, l'exposition aux polluants organiques persistants, des concentrations élevées de PCB ont été relevées chez un individu, et le bruit sous-marin d'origine humaine, susceptible de perturber la communication, la recherche de nourriture et l'orientation. Les échouages demeurent peu fréquents, ce qui limite les sources de données biologiques.
L'observation du dauphin à dos lisse boréal suppose de s'éloigner de la côte : l'espèce fréquente le rebord du plateau, le talus et les eaux profondes, et n'entre qu'exceptionnellement dans les baies. Les meilleures occasions se présentent le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord, en particulier dans le secteur de la baie de Monterey en Californie centrale, où un canyon sous-marin rapproche les grands fonds du rivage, ainsi qu'au large de l'Oregon et de Washington. Les rencontres sont plus probables de la fin de l'automne au printemps, lorsque le refroidissement des eaux de surface ramène l'espèce vers le sud et vers la côte ; au Japon, les eaux au large de la côte de Sanriku offrent des opportunités comparables.
Le repérage se fait rarement sur la silhouette d'un aileron, par définition absent, mais sur l'agitation de la surface : une longue traînée d'éclaboussures blanches produite par les bonds rasants du banc, visible à bonne distance. Les animaux se montrent en général peu démonstratifs vis-à-vis des bateaux, même s'ils pratiquent occasionnellement le surf d'étrave, et les bancs mixtes avec le dauphin à flancs blancs du Pacifique, plus curieux, augmentent les chances d'approche.
Comme pour tout cétacé, l'observation doit rester passive : approche par l'arrière et en oblique, jamais en coupant la route du groupe, vitesse constante et réduite à proximité, distance d'au moins une centaine de mètres, temps d'observation limité, moteur au ralenti sans manœuvres brusques, et retrait immédiat en cas de signes d'évitement, plongées prolongées, changements de cap répétés, dispersion. Les groupes comportant des nouveau-nés méritent une prudence renforcée. Photographier les marques blanches ventrales et transmettre les observations aux programmes de sciences participatives contribue utilement à la connaissance d'une espèce encore mal suivie.
Son dos est parfaitement lisse, sans aileron ni même crête dorsale, ce qui le rend unique parmi les dauphins de l'hémisphère Nord. Ce caractère lui vaut son nom anglais de « dauphin des baleines franches », par analogie avec ces grandes baleines également dépourvues de nageoire dorsale. Il s'agit d'une convergence morphologique, sans parenté entre les deux groupes ; cette silhouette très fuselée accompagne un mode de vie hauturier et une nage rapide en bonds rasants.
Non. L'espèce est strictement limitée au Pacifique Nord tempéré, entre environ 30° et 50° de latitude nord. Elle n'a jamais été signalée en Manche, dans le golfe de Gascogne, en Méditerranée ni dans les eaux des collectivités françaises d'outre-mer. Son unique congénère, le dauphin à dos lisse austral (Lissodelphis peronii), vit dans l'hémisphère Sud et n'est pas davantage présent dans les eaux françaises.
L'UICN le classe en préoccupation mineure (LC) depuis l'évaluation de 2018, avec une tendance de population inconnue. Les effectifs du Pacifique Nord sont estimés à environ 68 000 individus, dont quelque 26 000 pour le stock Californie-Oregon-Washington. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et protégée par le Marine Mammal Protection Act dans les eaux des États-Unis.
À la fin des années 1980, les flottilles de pêche au calmar du Japon, de Taïwan et de Corée du Sud tuaient chaque année entre 15 000 et 24 000 dauphins à dos lisse boréaux dans leurs grands filets dérivants du Pacifique Nord central. Cette mortalité a réduit la population océanique dans une proportion difficile à quantifier mais jugée importante. Le moratoire des Nations unies sur les grands filets dérivants hauturiers, entré en vigueur en 1993, y a mis un terme.
Il chasse dans la couche mésopélagique, plongeant à au moins 200 m et pouvant rester en apnée jusqu'à six minutes environ. Les rares estomacs analysés, deux individus seulement (Chou et al. 1995), contenaient environ 89 % de poissons, avec une très forte dominance des poissons-lanternes (Myctophidae), complétés par le merlu du Pacifique et le balaou ; les calmars, dont le calmar boréal à crochets (Abraliopsis felis), comptaient pour environ 11 %. Cet échantillon reste trop réduit pour décrire précisément le régime de l'espèce.
Les bancs mixtes sont très fréquents, en particulier avec le dauphin à flancs blancs du Pacifique, mais aussi avec le grampus, le globicéphale tropical, le marsouin de Dall, la baleine à bec de Baird, le cachalot ou la baleine à bosse. Ces associations reposent probablement sur l'exploitation des mêmes ressources mésopélagiques et sur les avantages d'un grand groupe face aux prédateurs. Des individus aux caractères intermédiaires, interprétés comme des hybrides probables avec le dauphin à flancs blancs du Pacifique (Aethalodelphis obliquidens), ont été observés en mer.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 228 observations géolocalisées de Lissodelphis borealis sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| United States of America | 220 |
| Japan | 10 |
| Canada | 5 |
| unknown or invalid | 2 |

Répartition mensuelle de 235 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en octobre.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 16 |
| février | 6 |
| mars | 33 |
| avril | 17 |
| mai | 23 |
| juin | 23 |
| juillet | 20 |
| août | 23 |
| septembre | 27 |
| octobre | 40 |
| novembre | 4 |
| décembre | 3 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
