| Nom scientifique | Cephalorhynchus eutropia (Gray, 1846) |
|---|---|
| Autres noms | Dauphin du Chili, dauphin noir, dauphin noir du Chili ; delfín chileno, tonina (Chili) ; Chilean dolphin, black dolphin (anglais) |
| Taille | 1,60 à 1,70 m à l'âge adulte |
| Poids | environ 57 kg en moyenne, jusqu'à 63 kg |
| Longévité | non établie ; une vingtaine d'années au maximum chez les espèces proches du genre |
| Régime | poissons côtiers (sardines, anchois, poissons de roche), céphalopodes et probablement crustacés |
| Statut UICN | Quasi menacé (NT), critères C1+2a(i), évaluation du 25 juillet 2017 (Heinrich & Reeves), tendance de population en déclin ; aucune sous-population évaluée séparément, mais deux unités génétiquement distinctes sont reconnues (nord de Chiloé / fjords du sud). Statut national chilien : Vulnérable. |
Le céphalorhynque du Chili (Cephalorhynchus eutropia) est le seul cétacé endémique du Chili. Ce petit delphinidé trapu d'environ 1,7 m ne fréquente que les eaux côtières froides et peu profondes du pays, de la région de Valparaíso au cap Horn, où il vit en groupes minuscules et très sédentaires. La Liste rouge de l'UICN le classe Quasi menacé (NT), pour une population estimée à quelques milliers d'individus et en déclin.
Petit et robuste, le céphalorhynque du Chili mesure 1,60 à 1,70 m à l'âge adulte pour un poids moyen d'environ 57 kg, jusqu'à 63 kg, les femelles étant légèrement plus grandes que les mâles. La tête, conique, ne porte pas de bec distinct ; les pectorales sont courtes et arrondies, et l'aileron dorsal, bas et nettement arrondi à son extrémité, constitue le meilleur critère d'identification, un caractère partagé avec les autres petits céphalorhynques (Commerson, Heaviside, Hector), mais non avec le dauphin de Peale ni le dauphin crucigère, récemment rattachés au genre. La denture compte 28 à 34 dents de chaque côté de la mâchoire supérieure et 29 à 33 de chaque côté de la mâchoire inférieure, soit un total de l'ordre de 115 à 135 dents.
Le nom de « dauphin noir », encore répandu, est trompeur : l'animal est gris. Le dos et l'aileron sont gris sombre, la tête et les flancs d'un gris plus clair, tandis que la gorge, le ventre, l'arrière des pectorales et la région génitale sont blancs, une bande grisée barrant la poitrine. Vu de loin, dans les eaux turbides qu'il affectionne, il paraît uniformément foncé : de là vient la confusion.
Trois espèces peuvent prêter à méprise dans les mêmes eaux. Le dauphin de Peale (Cephalorhynchus australis, longtemps rangé dans le genre Lagenorhynchus) est plus grand, avec un aileron falciforme pointu et des flancs contrastés ; il forme parfois des groupes mixtes avec lui. Le marsouin de Burmeister (Phocoena spinipinnis), tout aussi discret, se reconnaît à son aileron triangulaire implanté très en arrière. Le dauphin de Commerson (Cephalorhynchus commersonii), du détroit de Magellan et de la façade atlantique, arbore quant à lui un contraste noir et blanc franc.
Décrit par le zoologiste britannique John Edward Gray en 1846, Cephalorhynchus eutropia appartient à la famille des Delphinidae. Le nom de genre associe les racines grecques kephalê (tête) et rhynchos (museau). Le genre réunissait classiquement quatre petits dauphins de l'hémisphère Sud, Commerson, Chili, Heaviside et Hector ; des travaux moléculaires publiés en 2006 ayant montré que le dauphin de Peale et le dauphin crucigère se plaçaient au sein de ce groupe, une révision récente les y a formellement rattachés, portant le genre à six espèces. Les céphalorhynques sont les seuls delphinidés à ne pas émettre de sifflements. La génétique distingue par ailleurs deux sous-populations, au nord de la grande île de Chiloé et au sud de la Laguna San Rafael, héritage probable d'une recolonisation postglaciaire des fjords depuis un refuge côtier septentrional.
L'espèce est confinée au littoral chilien, d'environ 30° S jusqu'au cap Horn (56° S). Elle occupe deux ensembles biogéographiques contrastés : au nord de Chiloé (42° S), des côtes ouvertes, des baies et des embouchures exposées au Pacifique ; au sud, le dédale abrité des archipels, canaux et fjords. Les observations se raréfient au sud et à l'est de Punta Arenas (53° S), et quelques individus égarés ont été signalés sur la côte atlantique argentine, mêlés à des groupes de dauphins de Commerson. L'animal reste dans des eaux froides, le plus souvent sur moins de 20 à 30 m de fond et à moins d'un kilomètre du rivage ; il recherche l'influence des eaux douces, les courants de marée vigoureux et les hauts-fonds à l'entrée des fjords, et pénètre volontiers dans les estuaires. Ses bastions sont Constitución, le golfe d'Arauco, les abords de Puerto Montt, le sud-est de l'archipel de Chiloé, la Laguna San Rafael, Puerto Edén et Puerto Natales. L'espèce est absente des eaux françaises, Méditerranée, golfe de Gascogne, Manche et outre-mer compris : le seul céphalorhynque présent sous souveraineté française est le dauphin de Commerson, aux îles Kerguelen.
Les groupes comptent 2 à 15 animaux, avec des rassemblements temporaires de 50 à 60 individus sur les côtes ouvertes du nord. La sédentarité est remarquable : identifiés par les marques de leur aileron, les animaux concentrent leur activité sur quelques baies et chenaux, en toutes saisons, et un individu a été revu à moins de 1 000 m de sa première observation dix-huit ans plus tard. Aucune étude systématique du régime alimentaire n'a été publiée ; les données disponibles indiquent des poissons côtiers, sardines, anchois, poissons de roche, des céphalopodes et probablement des crustacés, les proies étant rassemblées par des déplacements circulaires ou en zigzag. La reproduction reste mal connue : accouplement au début de l'hiver austral, naissances au printemps et en début d'été, un jeune tous les deux à trois ans, maturité sexuelle entre 5 et 9 ans, durée de génération estimée à 14 ans. Les données disponibles ne permettent pas d'établir une longévité maximale, celle des espèces proches avoisinant la vingtaine d'années. Farouche, l'espèce évite les embarcations, surtout dans le sud. Orques et requins sont des prédateurs présumés, sans prédation observée.
L'espèce est classée Quasi menacée (NT) sur la Liste rouge de l'UICN, au titre des critères C1+2a(i) ; l'évaluation en vigueur date du 25 juillet 2017 et la tendance est notée en déclin. Elle figurait déjà en NT en 2008 et 2013. Les évaluateurs soulignent que l'effectif total, de l'ordre de quelques milliers d'animaux, place vraisemblablement l'espèce sous le seuil de 10 000 individus matures correspondant à la catégorie Vulnérable ; faute d'estimation du taux de déclin, le classement reste NT dans l'attente de meilleures données. Au Chili, la classification nationale la range parmi les espèces Vulnérables. Les chiffres régionaux illustrent cette rareté : 60 animaux sur 270 km² au sud-est de Chiloé, environ 300 dans les mers intérieures de l'archipel et quelque 2 200 (intervalle de confiance à 95 % : 1 340 à 3 867) pour toute la Patagonie chilienne septentrionale, selon une estimation publiée en 2023. Historiquement, l'animal était harponné pour la consommation et comme appât des casiers à centolle : jusqu'à 600 dauphins par an étaient encore tués en 1992 près de l'entrée occidentale du détroit de Magellan, le dauphin de Peale formant l'essentiel de ces prises. La première menace actuelle est la capture accidentelle dans les filets maillants côtiers, aggravée par l'essor de la salmoniculture et de la conchyliculture : exclusion de baies entières, trafic de navires, enchevêtrement dans les filets anti-otaries. Deux individus ont par ailleurs été testés positifs au virus H5N1 de l'influenza aviaire lors de l'épizootie chilienne de décembre 2022 à avril 2023. La chasse est interdite au Chili, où la loi 20.293 de 2008 protège tous les cétacés et fait des eaux sous juridiction nationale un sanctuaire ; l'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES et à celle de la Convention sur les espèces migratrices.
L'observation n'est possible que sur les côtes chiliennes : golfe d'Arauco, sud-est de l'île de Chiloé autour de Quellón et de Queilen, Laguna San Rafael, canaux de la région de Puerto Natales. Il faut chercher l'animal dans les baies peu profondes et les embouchures, à marée courante, souvent à quelques centaines de mètres du bord ; une observation depuis la côte, aux jumelles, est plus fructueuse et bien moins perturbante qu'une approche en bateau. L'espèce est sensible au dérangement : ne jamais couper la route d'un groupe, réduire les gaz, garder ses distances, limiter la durée d'observation et renoncer à toute poursuite comme à toute mise à l'eau. Les groupes étant minuscules et sédentaires, la photo-identification des ailerons permet de contribuer utilement au suivi scientifique.
Non. Ce nom vient de l'aspect sombre de l'animal aperçu de loin dans des eaux turbides. De près, la robe est faite de gris nuancés, avec une gorge, un ventre et des marques blanches très nettes.
Non : l'espèce est endémique du Chili. Le seul représentant du genre présent sous souveraineté française est le dauphin de Commerson, aux îles Kerguelen.
Aucun recensement complet n'existe. L'UICN estime l'effectif total à quelques milliers d'individus, dont environ 2 200 en Patagonie chilienne septentrionale et quelques centaines dans les mers intérieures de Chiloé.
Son effectif est probablement inférieur au seuil de 10 000 individus matures, mais aucune estimation fiable du rythme de déclin n'est disponible. L'UICN maintient donc la catégorie Quasi menacé en attendant de meilleures données.
C'est l'un des plus petits delphinidés : 1,60 à 1,70 m à l'âge adulte, pour un poids moyen d'environ 57 kg et un maximum documenté de 63 kg. Les femelles sont légèrement plus grandes que les mâles.
Le céphalorhynque du Chili est plus petit, gris et blanc, avec un aileron dorsal bas et arrondi. Le dauphin de Peale, aujourd'hui rattaché au même genre, est plus grand, plus contrasté sur les flancs, et son aileron est haut, pointu et recourbé.
Les captures accidentelles dans les filets maillants côtiers, auxquelles s'ajoutent la perte d'habitat et le dérangement liés à la salmoniculture et à la conchyliculture dans les fjords du sud.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 123 observations géolocalisées de Cephalorhynchus eutropia sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Chile | 124 |
| Argentina | 3 |

Répartition mensuelle de 125 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en février.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 15 |
| février | 23 |
| mars | 21 |
| avril | 7 |
| mai | 4 |
| juin | 5 |
| juillet | 4 |
| août | 6 |
| septembre | 7 |
| octobre | 13 |
| novembre | 10 |
| décembre | 10 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.












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