| Nom scientifique | Berardius minimus Yamada, Kitamura, Abe, Tajima, Matsuda, Mead & Matsuishi, 2019 |
|---|---|
| Autres noms | Bérardie de Sato ; « bérardie noire » ; kurotsuchikujira (クロツチクジラ, littéralement « tsuchikujira noire ») en japonais ; Sato's beaked whale ou black beaked whale en anglais. |
| Taille | 6,3 à 6,9 m chez les individus physiquement matures (4 mâles mesurés dans la description originale) ; longueur maximale retenue par Yamada et al. (2019) : 6,9 m (mâle). Un mâle adulte de 7,3 m a par ailleurs été rapporté par Morin et al. (2017). Le seul spécimen femelle mesuré, physiquement immature, atteignait 6,21 m. |
| Poids | Non documenté : aucune masse corporelle n'a été publiée pour l'espèce. |
| Longévité | Inconnue pour l'espèce. Chez la baleine à bec de Baird, son plus proche parent, des femelles de 54 ans et des mâles de 84 ans ont été documentés. |
| Régime | Poissons de profondeur et céphalopodes des zones mésopélagique et benthique, capturés par succion. |
| Statut UICN | Quasi menacée (NT), évaluation publiée en 2020 ; aucune sous-population évaluée séparément. Genre Berardius inscrit à l'Annexe I de la CITES. |
La baleine à bec de Sato est le plus petit et le plus récemment décrit des trois membres du genre Berardius : sa validité comme espèce distincte n'a été établie qu'en 2019, à partir de spécimens échoués du nord du Japon et de l'Alaska. Cette baleine à bec sombre, trapue et au rostre court vit dans les eaux froides du Pacifique Nord occidental et central, autour de la mer d'Okhotsk, des Kouriles et des Aléoutiennes. Extrêmement discrète, elle n'a été observée vivante en mer avec certitude qu'à partir de 2021 et figure sur la Liste rouge de l'UICN comme Quasi menacée.
La baleine à bec de Sato est un cétacé à dents de taille moyenne pour un ziphiidé, mais nettement plus petit que ses congénères : les individus physiquement matures mesurent entre 6,3 et 6,9 m, la plus grande longueur relevée sur un mâle adulte dans la description originale étant de 6,9 m (un mâle adulte de 7,3 m a depuis été rapporté par Morin et al., 2017). C'est précisément cette petitesse qui a inspiré l'épithète spécifique minimus, la plus petite taille corporelle connue du genre. Aucune masse corporelle n'a été publiée pour l'espèce. Le corps est fusiforme, plus ramassé que celui de la baleine à bec de Baird, avec une nageoire dorsale petite et reculée, située environ aux 70 % de la longueur du corps et ne représentant que 3,7 % de celle-ci ; les nageoires pectorales sont également modestes, autour de 11,4 % de la longueur du corps.
Le trait le plus immédiatement visible est la coloration : le corps est presque uniformément sombre, brun-noir à noir, avec une extrémité du rostre plus claire, blanchâtre. Sur ce fond foncé se détachent des cicatrices ovales blanches très contrastées, d'environ 5 cm de diamètre, laissées par les morsures de squalelets féroces (requins « emporte-pièce »). À l'inverse de la baleine à bec de Baird, dont la peau grisâtre est couverte d'un lacis dense de rayures linéaires, la peau de la baleine à bec de Sato présente peu de griffures linéaires. Le rostre est proportionnellement court, environ 4 % de la longueur du corps, contre près de 5,8 % chez B. bairdii. Comme chez tous les Berardius, la mâchoire inférieure porte deux paires de dents apparentes, la paire antérieure étant la plus développée ; les dents percent chez les deux sexes, ce qui distingue le genre de la plupart des autres baleines à bec.
Les confusions possibles sont peu nombreuses mais réelles. Sur le terrain, le risque principal concerne la baleine à bec de Baird (Berardius bairdii), en partie sympatrique dans le sud de la mer d'Okhotsk : celle-ci est bien plus grande (environ 9,1 à 11,1 m selon les spécimens matures mesurés), plus claire, plus lacérée de rayures et pourvue d'un bec plus long. Les mesures crâniennes séparent aussi sans ambiguïté les deux espèces, la longueur condylobasale du crâne étant de 935 à 1 042 mm chez B. minimus contre 1 343 à 1 524 mm chez B. bairdii, avec des sutures osseuses fortement soudées chez les adultes. La bérardie d'Arnoux (Berardius arnuxii), troisième espèce du genre, n'entre pas en concurrence géographique puisqu'elle est cantonnée à l'hémisphère Sud.
La baleine à bec de Sato appartient à la famille des baleines à bec, le plus souvent désignée sous le nom de Ziphiidae, Hyperoodontidae étant un nom de famille alternatif employé dans certaines classifications. Elle constitue la troisième espèce reconnue du genre Berardius, aux côtés de la baleine à bec de Baird (B. bairdii) du Pacifique Nord et de la bérardie d'Arnoux (B. arnuxii) de l'océan Austral.
L'existence d'une forme sombre et plus petite était depuis longtemps signalée par les baleiniers japonais, qui distinguaient la tsuchikujira ordinaire de la kurotsuchi, littéralement la « tsuchikujira noire ». Un autre nom local, karasu (« corbeau »), circulait également ; les auteurs de la description originale précisent qu'il n'est pas établi si kuro-tsuchi et karasu désignent le même type de baleines ou des populations différentes.
La description formelle a été publiée le 30 août 2019 dans la revue Scientific Reports. Elle s'appuie sur six spécimens échoués ou dérivants collectés à Hokkaido, au Japon, auxquels s'ajoute un crâne conservé dans les collections du National Museum of Natural History (Smithsonian) et collecté en 1943 à Unalaska, dans les Aléoutiennes. La morphologie externe et l'ostéométrie crânienne ont été résumées à partir de quatre de ces individus (trois d'Hokkaido et le spécimen du Smithsonian). L'holotype est un mâle adulte (NSMT-M35131) échoué le 4 juin 2008 à Tokoro, dans la ville de Kitami (Hokkaido). L'analyse morphologique a été couplée à la génétique : l'ADN mitochondrial montre 18 à 22 différences nucléotidiques avec B. bairdii, un écart supérieur aux 12 à 16 différences séparant les deux espèces de Berardius connues jusque-là. Le nom vernaculaire anglais rend hommage à Hal Sato, chercheur installé à Hokkaido dont les photographies ont contribué à distinguer cette baleine de ses congénères.
Pacifique Nord occidental et central, entre environ 40°N et 60°N et entre 140°E et 160°O : sud de la mer d'Okhotsk et nord d'Hokkaido, Sakhaline, îles Kouriles (Kounachir), îles du Commandeur, Aléoutiennes (Unalaska), mer de Béring et péninsule de l'Alaska. Habitat d'eaux profondes, talus et canyons sous-marins. Absente des eaux françaises, métropolitaines comme ultramarines.
Plongeuse profonde se nourrissant par succion de poissons de profondeur et de céphalopodes ; groupes de 4 à 5 individus observés ; deux paires de dents à la mâchoire inférieure, apparentes chez les deux sexes ; griffures linéaires (cicatrices de râtelage) peu nombreuses, contrairement à la baleine à bec de Baird, mais cicatrices circulaires de squalelets féroces très marquées ; l'aspect des femelles adultes reste inconnu ; reproduction et longévité non documentées.
Quasi menacée (NT) à l'UICN depuis l'évaluation de 2020 ; genre inscrit à l'Annexe I de la CITES ; captures occasionnelles par la chasse côtière japonaise à petite échelle dans le sud de la mer d'Okhotsk et prises accidentelles dans les engins de pêche ; menaces additionnelles : bruit sous-marin (sonars, sismique), ingestion de plastiques, collisions ; aucune estimation d'abondance ni de tendance disponible.
Rencontres exceptionnelles, limitées au sud de la mer d'Okhotsk, aux Kouriles du Sud, aux Aléoutiennes et à la mer de Béring ; premières observations confirmées d'animaux vivants en 2021 au large de Kounachir, puis observations par drone au-dessus du canyon d'Abashiri en 2023. Aucune possibilité d'observation dans les eaux françaises.
Depuis le 30 août 2019, date de publication de sa description formelle dans la revue Scientific Reports. Les baleiniers japonais distinguaient toutefois depuis longtemps une forme sombre et plus petite, la kurotsuchi, de la baleine à bec de Baird ordinaire. La séparation a été confirmée par la morphologie du crâne et par l'ADN mitochondrial, qui montre 18 à 22 différences nucléotidiques avec Berardius bairdii.
Par la taille d'abord : 6,3 à 6,9 m chez les individus physiquement matures, contre environ 9,1 à 11,1 m chez la baleine à bec de Baird. Ensuite par la couleur, presque uniformément noire avec l'extrémité du rostre plus claire, alors que la baleine à bec de Baird est grisâtre et couverte de rayures linéaires. Enfin par le rostre, plus court (environ 4 % de la longueur du corps contre 5,8 %).
Non. L'espèce est strictement nord-pacifique et n'a jamais été signalée en Méditerranée, dans le golfe de Gascogne, en Manche ni dans les eaux ultramarines françaises. Les baleines à bec observables en France appartiennent à d'autres genres, comme Ziphius, Mesoplodon ou Hyperoodon dans l'Atlantique nord-est.
Elle est classée Quasi menacée (NT) sur la Liste rouge de l'UICN, selon l'évaluation publiée en 2020, en raison d'effectifs présumés faibles et d'une aire restreinte. Le genre Berardius figure par ailleurs à l'Annexe I de la CITES. Aucune estimation fiable d'abondance ni de tendance démographique n'est disponible.
Des individus sont parfois tués dans le cadre de la chasse côtière japonaise à petite échelle pratiquée dans le sud de la mer d'Okhotsk, au large du nord d'Hokkaido, région où l'espèce est aussi occasionnellement victime de captures accidentelles. Dans les eaux des États-Unis, aucune mortalité d'origine humaine n'a été rapportée entre 2017 et 2021.
Oui, mais très récemment. Les premières observations confirmées datent de mai-juin 2021, au large de la côte occidentale de l'île de Kounachir, avec vingt-trois rencontres et quatorze individus identifiés par photographie, en groupes de quatre à cinq animaux. En 2023, trois groupes totalisant au moins neuf individus ont été filmés par drone au-dessus du canyon sous-marin d'Abashiri, à Hokkaido.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 11 observations géolocalisées de Berardius minimus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Japan | 13 |
| Russian Federation | 1 |
| United States of America | 1 |

Répartition mensuelle de 14 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en juin.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 0 |
| février | 0 |
| mars | 0 |
| avril | 0 |
| mai | 2 |
| juin | 5 |
| juillet | 2 |
| août | 1 |
| septembre | 1 |
| octobre | 0 |
| novembre | 3 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.







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