| Nom scientifique | Mesoplodon bowdoini Mesoplodon bowdoini Andrews, 1908 |
|---|---|
| Autres noms | Mésoplodon d'Andrews ; baleine à bec de Bowdoin (nom retenu par le référentiel Sandre) ; en anglais : Andrews' beaked whale, splay-toothed beaked whale, Bowdoin's beaked whale. |
| Taille | Mâles mesurés : 3,41 à 4,40 m ; femelles mesurées : 3,65 à 4,38 m, avec une longueur maximale estimée de 4,87 m pour une femelle. Longueur estimée à la naissance : environ 2,2 m. |
| Poids | Aucun individu n'a été pesé de façon fiable. Les estimations disponibles situent les adultes autour de 900 à 1 400 kg, soit approximativement 1 à 1,5 tonne, par comparaison avec des mésoplodons de taille équivalente. |
| Longévité | Non documentée. Aucune étude d'âge n'a été publiée pour l'espèce ; les mésoplodons apparentés dépassent plusieurs décennies, mais aucune donnée ne permet de transposer ce chiffre à Mesoplodon bowdoini. |
| Régime | Céphalopodes de haute mer (calmars des genres Histioteuthis, Taonius, Chiroteuthis), complétés par des poissons mésopélagiques. Capture par succion, favorisée par les sillons gulaires en V et l'absence de dentition fonctionnelle. |
| Statut UICN | Données insuffisantes (DD – Data Deficient), évaluation publiée en décembre 2020 dans le cadre de la mise à jour de 22 évaluations de cétacés de la Liste rouge de l'UICN. Aucune sous-population n'est distinguée. Annexe II de la CITES. |
La baleine à bec d'Andrews est l'un des cétacés les plus énigmatiques de la planète : décrite en 1908, elle n'a jamais été identifiée avec certitude vivante en mer. Tout ce que l'on sait d'elle provient de quelques dizaines de carcasses échouées sur les rivages de l'hémisphère Sud, principalement en Nouvelle-Zélande et dans le sud de l'Australie. Ce mésoplodon trapu des eaux tempérées froides et subantarctiques est classé « Données insuffisantes » par l'UICN.
Mesoplodon bowdoini est un petit ziphiidé au corps fusiforme mais nettement plus massif que la plupart des mésoplodons, avec un tour de taille pouvant atteindre plus de la moitié de la longueur totale. Le melon est bas et peu bombé, prolongé par un rostre court et épais. La nageoire dorsale, petite et triangulaire, est implantée très en arrière du corps ; les pectorales sont étroites et se logent dans des « poches à nageoires », dépressions latérales qui réduisent la traînée lors des plongées. La nageoire caudale est large et dépourvue d'encoche médiane marquée, un caractère classique des baleines à bec, même si certains spécimens montrent une légère indentation.
Le trait le plus spectaculaire concerne la mâchoire inférieure des mâles adultes : elle se relève en un arc prononcé au milieu du rostre, portant une paire de dents aplaties et triangulaires, en forme de défenses, qui débordent au-dessus de la mâchoire supérieure. Chez les femelles et les immatures, ces dents restent enfouies dans la gencive et l'espèce paraît alors édentée. La croissance des dents s'accélère brutalement chez les mâles à partir d'environ 3,90 m de longueur totale : la plus grande dent connue chez un mâle adulte atteignait 136 mm de hauteur pour 77 mm de longueur, et un individu de Terre de Feu présentait des dents d'environ 190 mm de haut. La coloration diffère entre les sexes : les mâles adultes sont brun foncé à noirâtre, avec la pointe du rostre et la mandibule blanches ou très pâles, et un corps souvent zébré de longues cicatrices linéaires blanches résultant des combats entre mâles. Les femelles sont gris ardoise à gris bleuté sur le dos, s'éclaircissant sur les flancs et le ventre. Les deux sexes portent fréquemment des cicatrices ovales ou circulaires laissées par le squalelet féroce (Isistius brasiliensis).
Les confusions sont nombreuses et l'identification exige souvent l'examen du crâne. En mer, l'espèce est indissociable des autres mésoplodons austraux, baleine à bec de Gray (M. grayi), baleine à bec de Layard (M. layardii), baleine à bec d'Hector (M. hectori), baleine à bec de Travers (M. traversii). Sur le plan morphologique, la ressemblance la plus troublante concerne la baleine à bec de Hubbs (M. carlhubbsi), espèce du Pacifique Nord : les femelles et les mâles subadultes des deux espèces se ressemblent au point que des spécimens de l'hémisphère Nord ont longtemps été rapportés à M. bowdoini, notamment en 1946 (en réalité M. carlhubbsi) et en 1962 au Japon (en réalité M. stejnegeri). Ces attributions sont aujourd'hui invalidées : M. bowdoini est exclusivement austral.
L'espèce a été décrite en 1908 par le naturaliste américain Roy Chapman Andrews, à partir d'un spécimen recueilli en 1904 sur la plage de New Brighton, dans la province de Canterbury (Nouvelle-Zélande). L'épithète bowdoini rend hommage à George S. Bowdoin, donateur et administrateur de l'American Museum of Natural History, où l'holotype est conservé.
Mesoplodon bowdoini Andrews, 1908 appartient au genre Mesoplodon, de loin le plus riche des cétacés avec seize espèces actuelles reconnues, la dernière, Mesoplodon eueu, n'ayant été décrite qu'en 2021, et à la famille des Ziphiidae Gray, 1850 (baleines à bec). Le nom Hyperoodontidae, encore employé dans certaines classifications et bases anciennes, désigne la même famille : il est aujourd'hui considéré comme un synonyme non retenu de Ziphiidae par les référentiels taxinomiques marins. Aucune sous-espèce n'est décrite.
Sur le plan phylogénétique, Mesoplodon bowdoini, M. carlhubbsi et M. stejnegeri forment un ensemble d'espèces morphologiquement proches que Moore avait interprété en 1963 comme trois « lots » géographiques, subarctique, tempéré nord et tempéré sud. Les analyses d'ADN mitochondrial confirment qu'il s'agit bien de trois espèces génétiquement distinctes, malgré la persistance de ressemblances crâniennes et de patrons de coloration très semblables chez les femelles et les subadultes.
La baleine à bec d'Andrews est strictement inféodée à l'hémisphère Sud. Sa distribution est présumée circumpolaire, dans une bande d'eaux tempérées froides et subantarctiques située au nord de la convergence antarctique : les échouages connus s'échelonnent entre 32° et 54°30' de latitude sud dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien, et entre 36° et 52° sud dans l'Atlantique selon la synthèse de Baker (2001), limite nord atlantique depuis repoussée à 33°54' S par l'échouage uruguayen de 2003. L'espèce semble affectionner les eaux océaniques profondes, au large du plateau continental, dans une gamme de températures de surface d'environ 10 à 20 °C.
Les localités d'échouage documentées se concentrent en Nouvelle-Zélande, qui fournit à elle seule près de la moitié des cas connus, et sur les côtes méridionales de l'Australie, Tasmanie comprise. S'y ajoutent l'île Macquarie, l'archipel Tristan da Cunha, les îles Malouines/Falkland, la Terre de Feu argentine et l'Uruguay. L'échouage uruguayen, un mâle subadulte de 4,30 m découvert le 24 mai 2003 sur la plage de La Coronilla (33°54' S, département de Rocha) et confirmé par analyse génétique de l'ADN mitochondrial, constitue à ce jour la mention la plus septentrionale de l'espèce dans l'Atlantique. Certaines compilations mentionnent également les îles Kerguelen parmi les localités d'échouage.
En ce qui concerne la France, l'espèce est totalement absente des eaux métropolitaines : ni la Méditerranée et le sanctuaire Pelagos, ni le golfe de Gascogne, ni la Manche ne relèvent de son aire de répartition, exclusivement australe. Le seul lien possible avec un territoire français concerne les Terres australes et antarctiques françaises, les îles Kerguelen figurant dans certaines listes de localités d'échouage. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d'établir la fréquence ni le statut de l'espèce dans cette zone.
L'écologie de Mesoplodon bowdoini n'est connue que par déduction, à partir des carcasses et de ce que l'on sait des ziphiidés en général. Comme ses congénères, l'espèce est une plongeuse profonde qui traque ses proies bien en dessous de la zone éclairée, vraisemblablement au-delà de 1 000 m de profondeur et lors d'apnées pouvant dépasser trois quarts d'heure. La chasse s'effectue par écholocation et la capture par succion : les sillons gulaires en V permettent d'agrandir brusquement la cavité buccale et d'aspirer la proie, procédé qui rend inutile une véritable dentition. Le régime repose sur les calmars de haute mer, complété par des poissons mésopélagiques.
La vie sociale demeure inconnue. Les rares indications évoquent de petits groupes d'un à six individus, mais aucune observation en mer ne les confirme. Les longues cicatrices linéaires parallèles portées par les mâles adultes témoignent en revanche de combats intraspécifiques menés à coups de défenses, comportement bien documenté chez les mésoplodons et généralement interprété comme une compétition pour l'accès aux femelles.
La reproduction n'est documentée que très indirectement. Les données d'échouage néo-zélandaises suggèrent des naissances de la fin de l'été à l'automne austral : des fœtus ont été signalés en mai et en septembre, et des nouveau-nés échoués en mai et juin. La longueur à la naissance est estimée à environ 2,2 m. La maturité sexuelle des mâles coïncide avec l'éruption des défenses, autour de 3,90 m de longueur totale ; l'étude du spécimen uruguayen a permis de documenter pour la première fois cette phase de croissance accélérée. Ni l'intervalle entre deux mises bas, ni la durée de gestation, ni la longévité ne sont établis. Les orques et les grands requins figurent parmi les prédateurs potentiels.
La baleine à bec d'Andrews est classée « Données insuffisantes » (DD) sur la Liste rouge de l'UICN, statut confirmé lors de la mise à jour de décembre 2020 qui a porté sur vingt-deux cétacés. À cette occasion, la plupart des baleines à bec ont été reclassées en « Préoccupation mineure », mais M. bowdoini fait partie du petit groupe d'espèces pour lesquelles la connaissance reste trop lacunaire pour évaluer un risque d'extinction : aucune estimation d'abondance n'existe et la tendance de la population est inconnue.
L'espèce n'a jamais fait l'objet de chasse commerciale et aucune capture accidentelle n'a été formellement enregistrée. Les menaces identifiées sont donc celles qui pèsent sur l'ensemble des ziphiidés : le bruit sous-marin d'origine humaine, en particulier les sonars militaires actifs de moyenne fréquence, dont le lien avec des échouages massifs de baleines à bec est bien établi ailleurs dans le monde ; l'ingestion de plastiques et la contamination chimique, auxquelles les prédateurs de céphalopodes profonds sont particulièrement exposés ; le risque d'enchevêtrement dans les engins de pêche dérivants ; et, à plus long terme, la redistribution des proies liée au changement climatique.
Sur le plan réglementaire, l'espèce est inscrite à l'annexe II de la CITES et bénéficie de protections régionales : le sanctuaire australien pour les baleines, institué par l'EPBC Act, couvre l'ensemble des eaux du Commonwealth, et l'espèce relève du mémorandum d'entente de la CMS sur les cétacés du Pacifique insulaire. Le renforcement des réseaux d'échouage et la systématisation des prélèvements génétiques restent les leviers les plus efficaces pour faire progresser les connaissances.
Il n'existe aucune possibilité réaliste d'observer une baleine à bec d'Andrews vivante : plus d'un siècle après sa description, l'espèce n'a jamais été identifiée avec certitude en mer. Cette invisibilité s'explique par une combinaison de facteurs, habitat océanique profond et éloigné, effectifs probablement faibles, comportement discret avec un temps de surface très réduit, souffle peu visible et absence de sauts.
L'essentiel de la connaissance provient donc du travail des réseaux d'échouage. Toute carcasse de ziphiidé découverte sur une plage de Nouvelle-Zélande, d'Australie méridionale ou du cône sud américain constitue une donnée scientifique précieuse. La conduite à tenir est simple : ne pas toucher ni déplacer l'animal, se tenir à distance, signaler immédiatement la découverte à l'autorité compétente ou au réseau d'échouage local, et photographier l'animal en entier ainsi que la tête et la mâchoire inférieure de profil, seuls clichés permettant souvent une détermination spécifique. En France métropolitaine, un cétacé échoué doit être signalé au Réseau national échouages ; l'espèce n'y étant pas présente, une baleine à bec observée sur nos côtes appartiendra à une autre espèce, le plus souvent le ziphius (Ziphius cavirostris) ou la baleine à bec de Sowerby (Mesoplodon bidens). Dans tous les cas, la manipulation d'un cadavre de cétacé est réservée aux personnes habilitées, pour des raisons sanitaires autant que scientifiques.
Non. Depuis sa description en 1908, l'espèce n'a jamais été identifiée avec certitude vivante en mer. Toutes les connaissances proviennent d'animaux échoués morts, dont le nombre total recensé se compte en dizaines seulement, ce qui en fait l'un des grands mammifères les moins observés de la planète.
C'est un petit ziphiidé. Les spécimens mesurés avec précision s'échelonnent de 3,41 à 4,40 m chez les mâles et de 3,65 à 4,38 m chez les femelles, la plus grande femelle connue étant estimée à 4,87 m. À la naissance, la longueur est estimée à environ 2,2 m. Le poids n'a jamais été mesuré de façon fiable ; il est estimé entre environ 900 et 1 400 kg.
Comme chez tous les mésoplodons, seuls les mâles adultes voient percer leurs deux dents mandibulaires, transformées en défenses aplaties qui dépassent au-dessus du rostre. Ces défenses servent aux combats entre mâles, comme en témoignent les longues cicatrices linéaires blanches qui zèbrent leur corps. Chez les femelles et les jeunes, les dents restent incluses dans la gencive.
Non en métropole : l'espèce est strictement australe et absente de la Méditerranée, du golfe de Gascogne et de la Manche. Certaines compilations mentionnent les îles Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises, parmi les localités d'échouage, mais les données disponibles ne permettent pas d'en préciser le statut.
Les échouages connus se répartissent entre 32° et 54°30' de latitude sud dans le Pacifique sud-ouest et l'océan Indien. Dans l'Atlantique, la synthèse de Baker (2001) retenait une fourchette de 36° à 52° sud ; cette limite nord a été repoussée à 33°54' S par l'échouage d'un mâle subadulte sur la plage uruguayenne de La Coronilla, le 24 mai 2003, identification confirmée par analyse génétique.
Ce statut, confirmé lors de la mise à jour de décembre 2020, signifie que l'information disponible ne permet ni d'estimer les effectifs ni de mesurer une tendance, et donc pas d'évaluer le risque d'extinction. Il ne veut pas dire que l'espèce se porte bien : il traduit une ignorance, qui est elle-même un problème de conservation.
En mer, avec tous les autres mésoplodons austraux : baleines à bec de Gray, de Layard, d'Hector ou de Travers. Sur les spécimens échoués, la confusion la plus classique concerne la baleine à bec de Hubbs (Mesoplodon carlhubbsi) du Pacifique Nord, dont les femelles et les subadultes sont presque identiques ; des spécimens de l'hémisphère Nord ont ainsi été attribués à tort à M. bowdoini avant d'être réidentifiés. Le genre Mesoplodon compte aujourd'hui seize espèces actuelles reconnues.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 13 observations géolocalisées de Mesoplodon bowdoini sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Australia | 10 |
| New Zealand | 4 |
| Uruguay | 1 |

Répartition mensuelle de 10 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en avril.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 0 |
| février | 1 |
| mars | 0 |
| avril | 2 |
| mai | 1 |
| juin | 2 |
| juillet | 1 |
| août | 2 |
| septembre | 0 |
| octobre | 1 |
| novembre | 0 |
| décembre | 0 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.
Photographies issues du GBIF sous licence Creative Commons. L'auteur et la licence de chaque cliché sont indiqués ; merci de les respecter en cas de réutilisation.
Sélection automatique des travaux les plus cités mentionnant l'espèce (source : Crossref).
