| Nom scientifique | Mesoplodon peruvianus Reyes, Mead & Van Waerebeek, 1991 |
|---|---|
| Autres noms | Baleine à bec pygmée, mésoplodon pygmée, baleine à bec du Pérou ; anglais : pygmy beaked whale, lesser beaked whale, Peruvian beaked whale, bandolero beaked whale ; espagnol : ballena picuda peruana, zifio del Perú ; allemand : Peruanischer Schnabelwal |
| Taille | 3,4 à 4,1 m à l'âge adulte selon les sources, les plus grands individus mesurés atteignant 3,7 à 3,9 m (holotype : mâle adulte de 3,72 m) ; environ 1,5 à 1,6 m à la naissance |
| Poids | Mal documenté : plusieurs centaines de kilogrammes, une valeur d'environ 500 kg étant avancée sans confirmation |
| Longévité | Non documentée ; les données disponibles ne permettent pas d'estimer la longévité de l'espèce |
| Régime | Poissons mésopélagiques (poissons-lanternes, ophidiidés, némiptéridés), céphalopodes (Gonatus, Teuthowenia, Histioteuthis) et crustacés (Acanthephyra), capturés par succion en plongée profonde |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation publiée en décembre 2020 (Pitman & Taylor, 2020 ; e.T13251A50367335), en remplacement du statut « Données insuffisantes » (DD) de 2008. Tendance démographique inconnue. Aucune sous-population évaluée séparément. CITES : Annexe II. Au Chili, classée « Données insuffisantes » à l'échelle nationale (2016). |
Le mésoplodon du Pérou (Mesoplodon peruvianus) est le plus petit représentant du genre Mesoplodon : les adultes dépassent rarement 4 mètres. Décrit seulement en 1991 à partir de spécimens péruviens, il fréquente les eaux profondes du Pacifique oriental tropical, de la Basse-Californie au nord du Chili. Discret, plongeur et rarement observé en surface, il est classé « Préoccupation mineure » par l'UICN depuis 2020, mais figure parmi les très rares baleines à bec régulièrement capturées accidentellement dans les filets maillants dérivants péruviens.
Le mésoplodon du Pérou est le plus petit des mésoplodons. Les adultes mesurent 3,4 à 4,1 m selon les sources, les plus grands individus mesurés atteignant 3,7 à 3,9 m ; le spécimen type, un mâle adulte, atteignait 3,72 m et les nouveau-nés font environ 1,5 à 1,6 m. La masse reste mal documentée : elle se compte en plusieurs centaines de kilogrammes, une valeur d'environ 500 kg étant parfois avancée sans confirmation par pesée. Le corps est nettement fusiforme, avec un pédoncule caudal épais pour le genre, comprimé latéralement, et de larges nageoires caudales. Le melon, légèrement bombé, se prolonge par un bec court et fin. L'aileron dorsal, implanté au tiers postérieur du dos, est bas, à base large et de forme franchement triangulaire, avec un bord de fuite droit ou à peine falciforme, une silhouette parfois comparée à celle d'un marsouin. De discrètes dépressions accueillent les nageoires pectorales et les sillons gulaires sont relativement courts.
Le dimorphisme sexuel est marqué, comme chez tous les mésoplodons. Les mâles adultes portent une mâchoire inférieure au profil modérément arqué, armée d'une paire de petites dents de section ovoïde qui percent la gencive. Ces dents servent lors des affrontements entre mâles et laissent sur les flancs et le dessous du pédoncule caudal un réseau dense de cicatrices linéaires parallèles. La livrée dorsale va du gris foncé au brun ou au noirâtre, certains mâles sont presque entièrement noirs, tandis que la gorge, la mâchoire et le ventre sont plus clairs, gris pâle à blanc cassé. Beaucoup de mâles arborent une large bande pâle, crème, qui naît juste en arrière de l'évent et descend le long du flanc en s'arrêtant avant l'aileron dorsal ; c'est elle qui vaut à l'espèce le surnom anglais de bandolero (bandoulière). Son étendue varie d'un individu et d'une région à l'autre, les mâles péruviens étant généralement moins contrastés que ceux du nord de l'aire. Femelles et jeunes présentent une coloration beaucoup plus simple : gris ou brun foncé dessus, blanchâtre à crème dessous, avec une tache oculaire sombre bien marquée. Les deux sexes portent en outre des marques blanches rondes à ovales, cicatrices de morsures de squalelets féroces (requins-cigares).
Les confusions sont fréquentes. En mer, l'espèce peut être prise pour l'un des autres mésoplodons du Pacifique oriental tropical, en particulier la baleine à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris), plus grande et dont les mâles ont une mâchoire beaucoup plus fortement arquée. La baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris), commune dans les mêmes eaux, est nettement plus massive et présente un front fuyant et un bec très court. Le meilleur faisceau de critères reste la combinaison d'une très petite taille, d'un bec court et grêle et d'un aileron bas, triangulaire et reculé, complétée chez les mâles par la bande claire des flancs. Femelles et immatures restent en pratique très difficiles à identifier visuellement, et la détermination repose alors sur la génétique, l'ostéologie ou l'acoustique.
Le mésoplodon du Pérou appartient à l'ordre des Cetacea (au sein des Artiodactyla), au sous-ordre des Odontoceti et à la famille des baleines à bec, très majoritairement désignée sous le nom de Ziphiidae dans la littérature scientifique et les référentiels actuels (Society for Marine Mammalogy, Mammal Diversity Database) ; le nom Hyperoodontidae en est un usage concurrent plus ancien. Le genre Mesoplodon est le plus riche en espèces de tous les cétacés.
L'espèce a été décrite formellement en 1991 par Julio C. Reyes, James G. Mead et Koen Van Waerebeek, dans la revue Marine Mammal Science, à partir de dix spécimens récoltés au Pérou entre 1976 et 1989 ; l'holotype est un mâle adulte de 3,72 m. Un échouage survenu à Paracas (Pérou) en 1955, initialement attribué à la baleine à bec d'Andrews, a par la suite été rapporté à cette espèce. Avant sa description, au moins vingt-quatre observations d'une baleine à bec non identifiée du Pacifique oriental tropical avaient été consignées sous l'appellation provisoire « Mesoplodon sp. A » ; elles sont aujourd'hui considérées comme se rapportant à Mesoplodon peruvianus. Il s'agit donc de l'une des espèces de cétacés les plus récemment reconnues.
L'aire de répartition connue est essentiellement limitée au Pacifique oriental tropical, entre la Basse-Californie (Mexique) et le Pérou, soit approximativement de 28° N à 29-30° S. Les pays côtiers concernés sont le Mexique, le Guatemala, le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama, la Colombie, l'Équateur, le Pérou et le nord du Chili. Le golfe de Californie et les eaux au large de la Basse-Californie du Sud concentrent une part notable des observations documentées. Au Chili, un crâne recueilli en mai 1995 sur la plage de Los Choros (29° 17′ S) a fourni le premier signalement validé du pays et, avec plusieurs observations réalisées en février 1998, a repoussé la limite méridionale connue de quelque 14 degrés de latitude vers le sud.
Des échouages ont également été enregistrés bien au nord de l'aire tropicale, en Californie : une femelle de 3,6 m à Salinas State Beach, dans la baie de Monterey (2001), puis un spécimen frais dans le comté de Humboldt (2012). Un unique animal emmêlé dans un filet en Nouvelle-Zélande, conservé au Musée de Nouvelle-Zélande (Baker & Van Helden, 1999), est interprété comme un individu erratique.
L'espèce est considérée comme océanique et fréquente les eaux profondes au-delà du plateau continental. Des observations chiliennes font toutefois état d'animaux évoluant près de la côte, par 20 à 70 m de fond, ce qui suggère une certaine plasticité d'habitat.
En France, l'espèce n'est présente dans aucune eau sous juridiction nationale : elle est absente de la Méditerranée, du golfe de Gascogne et de la Manche, ainsi que des eaux françaises de l'Atlantique tropical et de l'océan Indien. Le seul territoire français situé dans le Pacifique oriental tropical est l'île de La Passion-Clipperton, mais les données publiées ne documentent pas la présence de l'espèce dans ses eaux.
Le régime alimentaire, reconstitué à partir de contenus stomacaux, associe poissons mésopélagiques, dont le poisson-lanterne Notoscopelus resplendens, des ophidiidés et des némiptéridés, céphalopodes (Gonatus antarcticus, Teuthowenia sp., Histioteuthis sp.) et crustacés du genre Acanthephyra. Comme les autres ziphiidés, l'animal est considéré comme un chasseur par succion : en rétractant la langue et en dilatant la gorge, il crée une dépression qui aspire la proie. Les plongées documentées durent 15 à 30 minutes et les profondeurs d'alimentation sont estimées supérieures à 500 m.
La vie sociale est peu connue. Les observations rapportent de petits groupes, le plus souvent de deux à quatre individus, incluant parfois un jeune. L'espèce est réputée farouche, évite les navires et produit un souffle peu visible, ce qui explique la rareté des rencontres. Sur le plan acoustique, une signature d'écholocation à haute fréquence connue des bioacousticiens sous le code « BW70 » a été formellement attribuée à Mesoplodon peruvianus en 2025, dans une étude publiée dans Marine Mammal Science : la détection acoustique passive devient ainsi un moyen fiable de suivre l'espèce là où l'observation visuelle échoue.
La reproduction n'a pratiquement pas été étudiée : ni la durée de gestation, ni l'intervalle entre les mises bas, ni l'âge à la maturité sexuelle ne sont établis. La taille à la naissance avoisine 1,5 à 1,6 m, et un nouveau-né d'environ 1 m a été observé au large du Chili en février 1998. La longévité n'est pas documentée. Plusieurs parasites ont été identifiés chez l'espèce : les trématodes Nasitrema globicephalae et Campula sp., des nématodes du genre Anisakis, ainsi que les cestodes Phyllobothrium delphini et Tetrabothrius forsteri.
L'espèce est classée « Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l'UICN, dans une évaluation publiée en décembre 2020 (Pitman & Taylor, 2020 ; e.T13251A50367335). Elle était auparavant considérée comme « Données insuffisantes » (DD, évaluation de 2008). Ce reclassement, partagé en décembre 2020 par une dizaine d'autres baleines à bec, découle avant tout d'une révision de la manière dont l'UICN applique la catégorie « Données insuffisantes », et non d'une amélioration démontrée de l'état de la population. Aucune sous-population n'est évaluée séparément et la tendance démographique reste inconnue. Il n'existe pas d'estimation d'abondance propre à l'espèce : Ferguson & Barlow (1999) avaient estimé à 32 678 individus l'effectif total des mésoplodons du Pacifique oriental, dont la majorité serait constituée de Mesoplodon peruvianus et de Mesoplodon densirostris. L'espèce est inscrite à l'Annexe II de la CITES.
La principale menace identifiée est la capture accidentelle. Le mésoplodon du Pérou est l'une des très rares baleines à bec régulièrement documentées comme prise accessoire dans les pêcheries au filet maillant dérivant ciblant requins et raies au large du Pérou ; l'emmêlement dans les filets maillants profonds destinés à l'espadon et au thon est également considéré comme un risque majeur. S'y ajoutent l'ingestion de débris plastiques, à l'origine d'obstructions intestinales, et l'exposition aux sons anthropiques intenses, sonars actifs militaires et prospection sismique, impliqués dans des échouages massifs de plusieurs espèces de Mesoplodon. Les effets du changement climatique sont évoqués mais restent mal cernés. Au Chili, un crâne portant deux impacts de balle a documenté un risque de destruction directe ; la loi chilienne n° 20 293 de 2008 protège l'ensemble des cétacés dans les eaux sous juridiction nationale, et le comité national de classification a retenu en 2016 la catégorie « Données insuffisantes » à l'échelle du pays.
Observer un mésoplodon du Pérou relève de la chance : l'animal est petit, son souffle est peu visible, ses plongées durent un quart d'heure à une demi-heure et il tend à s'éloigner des navires. Les rencontres se font presque exclusivement lors de campagnes océanographiques en haute mer dans le Pacifique oriental tropical, par mer très calme et avec une veille attentive. Les eaux profondes du golfe de Californie et du large de la Basse-Californie du Sud, ainsi que la zone océanique s'étendant du Mexique au Pérou, concentrent l'essentiel des signalements. Les échouages, notamment sur les côtes péruviennes et californiennes, restent la principale source de spécimens.
L'acoustique passive a changé la donne : l'attribution du signal « BW70 » à l'espèce permet désormais de la détecter à distance, y compris de nuit ou par mauvaise visibilité, sans la déranger. Sur le terrain, les bonnes pratiques valent plus encore ici qu'ailleurs : maintenir une distance importante, ne jamais couper la trajectoire d'un groupe ni le poursuivre entre deux plongées, réduire et stabiliser le régime moteur, limiter la durée d'approche. Tout échouage ou toute capture accidentelle mérite d'être signalé aux autorités et aux réseaux scientifiques locaux : pour une espèce aussi mal connue, chaque carcasse examinée apporte des informations irremplaçables.
C'est le plus petit membre du genre Mesoplodon : les adultes mesurent 3,4 à 4,1 m selon les sources, les plus grands individus mesurés atteignant 3,7 à 3,9 m. Le spécimen type, un mâle adulte, atteignait 3,72 m et les nouveau-nés font environ 1,5 à 1,6 m. La masse reste mal connue, de l'ordre de quelques centaines de kilogrammes.
Elle est propre au Pacifique oriental tropical, entre la Basse-Californie et le Pérou, soit environ de 28° N à 29-30° S, avec des signalements jusqu'au nord du Chili. Des échouages ont été enregistrés plus au nord, jusqu'en Californie (baie de Monterey en 2001, comté de Humboldt en 2012). Un unique animal emmêlé dans un filet en Nouvelle-Zélande est interprété comme un individu erratique.
Non. L'espèce est absente de la Méditerranée, du golfe de Gascogne et de la Manche, ainsi que des eaux françaises de l'Atlantique tropical et de l'océan Indien. Le seul territoire français situé dans le Pacifique oriental tropical est l'île de La Passion-Clipperton, mais les données publiées ne documentent pas sa présence dans ces eaux.
L'espèce était classée « Données insuffisantes » en 2008 et a été reclassée « Préoccupation mineure » en décembre 2020. Ce changement, partagé par une dizaine d'autres baleines à bec, résulte principalement d'une révision de la manière dont l'UICN applique la catégorie « Données insuffisantes », et non d'une amélioration démontrée de l'état des populations : la tendance démographique demeure inconnue.
La capture accidentelle arrive en tête : c'est l'une des très rares baleines à bec régulièrement documentées comme prise accessoire des filets maillants dérivants à requins et raies du Pérou, et les filets profonds à espadon et à thon constituent un risque comparable. S'y ajoutent l'ingestion de plastiques, à l'origine d'obstructions intestinales, et l'exposition aux sonars militaires et à la prospection sismique.
La combinaison d'une très petite taille, d'un bec court et grêle et d'un aileron dorsal bas, à base large, franchement triangulaire et implanté loin en arrière est le meilleur critère. Chez les mâles adultes s'ajoute une large bande claire, crème, qui court de l'arrière de l'évent jusqu'avant l'aileron. Femelles et jeunes sont en revanche très difficiles à identifier visuellement ; la génétique et l'acoustique prennent alors le relais.
Fiche établie à partir de sources scientifiques faisant autorité (UICN, NOAA Fisheries, littérature spécialisée) et relue pour vérification factuelle.
D'après les données ouvertes du GBIF, 12 observations géolocalisées de Mesoplodon peruvianus sont recensées dans notre index photographique.
| Pays | Observations |
|---|---|
| Peru | 8 |
| Mexico | 6 |
| United States of America | 1 |
| Colombia | 1 |
| Costa Rica | 1 |
| El Salvador | 1 |

Répartition mensuelle de 17 observations datées (tous millésimes confondus) : le maximum est atteint en novembre.
| Mois | Observations |
|---|---|
| janvier | 2 |
| février | 1 |
| mars | 0 |
| avril | 2 |
| mai | 1 |
| juin | 2 |
| juillet | 0 |
| août | 1 |
| septembre | 1 |
| octobre | 2 |
| novembre | 4 |
| décembre | 1 |
Ces chiffres reflètent l'effort d'observation (plus de plaisanciers et de campagnes en été) autant que la présence réelle de l'espèce : à interpréter avec prudence.





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